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Société Publié le vendredi 22 juillet 2016 | Notre Voie

Construction de magasins à Adjamé: des commerçantes et la chefferie à couteaux tirés

«Nous ne voulons pas de cette construction banale et anarchique, non à la corruption, nous voulons l’arrêt immédiat des travaux…», pouvait-on lire sur les pancartes brandies par un groupe de commerçantes, rassemblées le samedi 9 juillet dernier, devant la mairie d’Abidjan-Adjamé. Ces femmes, presque toutes des mères de famille, ont été chassées de force de leur lieu de commerce, situé sur le boulevard Nangui Abrogoua, voie en face de la mairie, par la chefferie du village d’Adjamé. Ces autorités coutumières, au grand dam, de ces commerçantes y ont construit des magasins.

Joint au téléphone par la secrétaire de la chefferie, le responsable du foncier a fait savoir que le site où les magasins sont construits est la propriété du village d’Adjamé. Et que les commerçantes et commerçants sont priés d’intégrer les magasins ou les box pour que le village puisse prélever les taxes afférentes. Pour le responsable foncier, il est temps de capitaliser les acquis du village.

Malheureusement, les commerçantes ont une autre approche du problème. Elles estiment que les magasins ont une allure banale. « Comment peut-on construire des magasins devant d’autres magasins, c’est de l’anarchie ?», s’interroge Mariam Diakité presque en larmes. Au nom de ses consœurs commerçantes, elle réclame justice et réparation. «Plus de 20 ans sur un espace, et on nous chasse. Qu’on nous montre là ou il faut aller. Nous n’avons que le commerce comme seule source de revenu. Des femmes ont perdu leurs maris. Elles ne vivent que du commerce. Sans nous prévenir, on surgit avec des documents qui ne tiennent pas. On ne peut pas chasser des personnes d’un endroit sans que la mairie ne donne son accord. Nous avons saisi la mairie. Elle soutient que ce n’est pas de son ressort. Plusieurs adjoints au maire ont témoigné n’être au courant de rien. On parle d’émergence, mais comment émerger si on ne travail pas ?» lance-t-elle.

Samaké Aboubakar, qui fait office de délégué au milieu de ces femmes en détresse, n’y comprend rien. «Le ministère de la Construction a envoyé à trois reprises des éléments des forces de l’ordre pour demander d’arrêter les travaux. Mais après le passage des émissaires, les travaux ont repris, et souvent nuitamment. La chefferie nous fait comprendre quelle a reçu l’accord du ministère. Alors que c’est ce même ministère qui envoie encore des personnes pour demander l’arrêt des travaux», indique-t-il.

GOMON Edmond
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