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Économie Publié le jeudi 19 janvier 2017 | Cote d’Ivoire Economie

Entretien avec Fabrice de Creisquer, PDG de CFAO Motors et membre du Gipame: « Favoriser le financement pour développer le secteur de l’automobile »

© Cote d’Ivoire Economie Par DR
Fabrice De Creisquer, PDG de CFAO Motors
Le secteur de l’automobile en Côte d’Ivoire se distingue par son dynamisme, bien que les prévisions de cette année soient en deçà des performances réalisées en 2015. Dans un tel environnement fait de haut et bas, mais qui peut compter sur le savoir-faire et l’ingéniosité des professionnels du secteur, des acteurs comme le Groupe CFAO tirent leur épingle du jeu. Le concessionnaire, de loin le numéro 1 en Côte d’Ivoire, mise sur des offres toujours plus attractives, mais aussi sur la qualité de ses ressources humaines pour étoffer son portefeuille clients.

Le secteur de l’automobile en Côte d’Ivoire a encore un bel avenir devant lui. Les acteurs du marché rivalisent d’ingéniosité pour fidéliser leur clientèle et séduire tous ceux dont le pouvoir d’achat pourra susciter l'envie d'acquérir un véhicule neuf. Parmi ces acteurs de la filière, le Groupe CFAO reste le leader du marché malgré les vicissitudes liées aux difficultés sociales et à la conjoncture économique. Son président-directeur général, Fabrique de Creisquer, au cours d’un entretien qu’il nous a accordé dans ses locaux, explique les défis actuels du marché en récapitulant la dynamique du secteur : «Nous avons un marché qui baisse de 12,5% à fin septembre et nous sommes plusieurs concessionnaires à prévoir que celui-ci finira autour de 9.000 véhicules vendus, contre 10.000 l’année dernière et 9.000 en 2014. Nous revenons probablement à un niveau un peu normatif du marché. L’année dernière, il était un peu meilleur compte tenu de l’élection présidentielle qui a boosté le marché. Cette année, ce marché a subi quelques événements marquants. D’abord, la variation des devises, notamment le dollar et le yen qui se sont renforcés vis-à-vis du franc CFA. Par conséquent, nous avons dû acheter nos véhicules plus chers et avons été contraints de répercuter cette hausse. Même en baissant nos marges, ces augmentations de prix ont eu malgré tout un impact négatif sur le niveau du marché. Heureusement, dans ce marché qui se restreint, au niveau de CFAO, nous progressons avec nos marques Toyota, Peugeot, Citroën, Mitsubishi…».

En effet, le Groupe CFAO, présent en Afrique depuis 170 ans, caracole en tête des meilleures ventes au plan national. Il détient 40% de part du marché. «C’est un chiffre significatif», souligne M. De Creisquer, qui explique dans le même temps que ces données sont vérifiables auprès du Groupement interprofessionnel automobile, matériels et équipementiers (Gipame). A titre d’exemple, la moisson du mois de septembre a été très bonne pour CFAO Motors. «Nous enregistrons 44% de parts de marché sur ce mois. Totoya, en marque seule, renforce son leadership. C’est le numéro un dans le monde et en Côte d’Ivoire avec à peu près 20% de parts de marché. Cette marque connaît très bonnes performances», relève le PDG de ce Groupe. Mais il est un autre motif de satisfaction pour son entreprise. Il s’agit de la bonne tenue des chiffres de l’après-vente du Groupe CFAO Motors, aussi bien en pièces de rechange qu’en fréquentations de ses ateliers. «Nous faisons du full service et, à ce niveau, nous notons une nette progression des chiffres. Cela signifie que nous parvenons à fidéliser nos clients par la qualité. Nos clients sont satisfaits et viennent de plus en plus nombreux pour acheter des pièces. De plus, je vous rappelle que nous ne vendons que des pièces d’origine. L’équipement est agréé par le constructeur, il y a une réelle crédibilité. Ces pièces sont certes un peu plus chers, mais c’est le gage de la sécurité et de la longévité pour les véhicules», rassure Fabrice de Creisquer.

Des ressources humaines de qualité
Le premier responsable du leader sur le marché ivoirien reste persuadé que la réussite de son entreprise se trouve dans la qualité de sa ressource humaine. «Nous avons une ressource humaine bien formée et de qualité. Le Groupe CFAO, qui est présent depuis bien longtemps en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, investit dans les infrastructures et les ressources humaines. Chez Toyota, nous disposons d’un centre de formation à Douala, au Cameroun. Nous y envoyons de jeunes Ivoiriens que nous recrutons, afin qu'ils soient formés. Nous avons développé une politique de prise en charge de nouveaux arrivants. Mais ce n’est pas tout, notre succès et notre notoriété se trouvent également dans la commercialisation des meilleures marques du monde. Nous développons aussi des outils de marketing très pointus qui nous permettent d’être très fidèles dans nos relations avec nos clients», révèle M. De Creisquer. Le PDG du Groupe reste aussi convaincu que la bonne tenue des indicateurs macro-économiques par les pouvoirs publics est un avantage certain pour les acteurs du secteur de l’automobile. En effet, mécaniquement, plus il y a de croissance économique et une bonne distribution des richesses, plus le niveau de la consommation nationale augmente. Fabrice de Creisquer sait que le marché de la consommation en Côte d’Ivoire est dopé par l’émergence de plus en plus accrue d’une classe moyenne avec laquelle les professionnels de la filière automobile doivent désormais compter. Le Groupe CFAO, qui enregistre traditionnellement parmi sa clientèle l’administration, des particuliers et des personnes qui ont un accès à mode type de financement auprès des banques ou auprès des entreprises, entend élargir son horizon. «Notre objectif, c’est que le marché de l’automobile augmente pour que les ménages puissent y avoir accès. Pour cela nous développons des offres attractives. Nous avons aujourd’hui des véhicules autour de 10 millions FCFA. Nous développons également une offre basée sur des véhicules d’occasion», indique notre interlocuteur. Le Groupe CFAO fait également sien le concept de la location longue durée pour élargir son offre de services, et va se lancer dans la vente de véhicules d’occasion dont une partie sera importée, l’autre partie déjà en Côte d’Ivoire. «Cette nouvelle offre nous permettra d’élargir le nombre de clients, d’autant plus que de plus en plus de personnes viennent chez nous», précise M. de Creisquer. Ces initiatives ont certes une portée positive, mais il est impératif que le crédit consommation et le crédit-bail, par exemple, connaissent également des taux très attractifs. « Il faut que les taux baissent pour que nous arrivions à un niveau de développement encore plus important sur le marché de l’automobile», souligne M. De Creisquer.

Des surprises attendues…
Un facteur positif puisque l’Etat ivoirien en tirera largement bénéfice à travers les droits de douanes et autres taxes perçus. «L’Etat perçoit 20% de droits de douane sur les véhicules de tourisme et 10% sur les véhicules utilitaires, auxquels il faut ajouter la TVA. Ces taux sont corrects et représentent des sommes importantes sur une prévision de plus 9.000 véhicules vendus. Si nous arrivons à un niveau de vente encore plus élevé, naturellement, c’est l’Etat qui en tirera les bénéfices», confirme le professionnel du secteur de l’automobile pour qui, en Côte d’Ivoire, «il existe un bon équilibre fiscal». «Ce qui est important c’est de développer le financement pour développer réellement le secteur de l’automobile», conseille M. Creisquer. Tous les acteurs du marché ivoirien de l’automobile en ont conscience, et peut-être le feront-ils savoir davantage à leurs partenaires publics ou privés lors de la première édition du Salon de l’automobile d’Abidjan, prévu pour 2017. Si Fabrice de Creisquer et ses confrères sont suffisamment entendus, nul doute que les Ivoiriens privilégieront les services et les offres présentés localement, ce qui pourrait aussi avoir un impact sur la lutte contre la commercialisation des pièces contrefaites. Le Salon de l’automobile d’Abidjan sera, à n'en point douter, un lieu d’échanges et de propositions qui permettront de booster cette filière qui a encore de beaux jours devant elle. Et dans ce cadre, «le Groupe CFAO entend créer la surprise…». Si Fabrice de Creisquer reste discret sur la nature des surprises que réserve son entreprise aux aficionados de l’automobile, il est certain, cependant, que CFAO Motors sera très attendu à ce grand rendez-vous.
Dieudonné Wogni

Le PDG de CFAO Motors confirme son intention de proposer des offres toujours plus attractives aux Ivoiriens.
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