x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Société Publié le mercredi 11 mars 2009 | Le Temps

Soro Mamadou (Sg d`une des tendances du Synesci) - “Je suis le même indépendant”

Le Secrétaire de l'une des tendances du Syndicat national des enseignants du second degré de Côte d'Ivoire (Synesci), Soro Mamadou, se prononce sur la grève qui paralyse depuis des jours, les établissements secondaires publics de Côte d'Ivoire.

Voilà deux semaines que l'école ivoirienne est paralysée. Que recherche effectivement le Synesci ?
La grève n'a pas encore atteint deux semaines. Si vous voulez associer les 10 jours d'arrêt de travail du mois de janvier. Sinon, c'est le lundi prochain que la grève atteindra deux semaines. Nous attendons que les revendications soutenues dans notre préavis d'arrêt de travail du 7 janvier, soient satisfaites. A savoir : L'adoption de la grille indiciaire revalorisée des enseignants du secondaire général et technique, la fixation de la date des effets financiers, le reversement des salaires des professeurs licenciés au nombre de 133, qui depuis 17 mois n'ont aucun salaire, le reversement de tous les salaires suspendus depuis novembre 2007, décembre 2007, octobre 2008 et février 2009 et enfin, la levée de toutes les mesures répressives contre les syndicalistes. Si tout cela est fait, vous constaterez que l'école ivoirienne retrouvera son rayonnement habituel.

N'êtes-vous pas assez excessif à l'égard de l'Etat ?
Dans toutes ces revendications, il n'existe pas de revendication financière. Pour preuve, la prise du décret est une régularisation administrative. Nous voulons un décret pour dire que désormais, voici la nouvelle grille indiciaire à laquelle seront payés les enseignants. Et après, nous fixer la date des effets financiers. Si cela est après Ppte (en juin ou en juillet), nous sommes prêts pourvu que les négociations aient lieu. Vous comprenez que ce n'est pas de l'argent que nous voulons dans nos poches ici et maintenant. C'est une régularisation administrative. Deuxième revendication, nous disons de fixer la date des effets financiers. Cela n'a pas une incidence financière ici et maintenant. Troisième revendication, nous disons de reverser les salaires de 17 mois. Des camarades travaillent depuis 17 mois et le ministre Diby a volontairement suspendu leurs soldes. C'est une réparation d'une injustice. Ce n'est pas une nouvelle revendication pour une bonification salariale. Quatrième revendication, le reversement des salaires ponctionnés. C'est l'Etat qui a fait cela. Les traces sont là. Il n'a qu'à les rendre. Sinon, comment au mois de février 2009, 10 mille enseignants craie en main, ont été suspendus sur 11985 soit 98, 80%. Ils n'ont plus de transport pour aller à l'école. L'ouverture de l'école est liée au versement de salaires pour que ces enseignants aient le transport pour aller à l'école. Cinquième revendication, des camarades ont été mutés arbitrairement pour fait de grève.. Où est la dépense financière ? Comme ils ont fait la grève, ils doivent être blâmés. On vous dit d'annuler le blâme. Où est la revendication salariale dans tout cela ? L'Etat peut annuler ce blâme s'il a la volonté. L'école est tenue par le gouvernement et surtout par le ministre Bleu Lainé.

Ne pensez-vous pas que ce bras de fer entre vous et l'Etat peut aboutir à une année blanche ?
Ce n'est pas un bras de fer. C'est M. Bleu Lainé qui monte les enseignants contre le Président de la République et le gouvernement. Pour preuve, nous avons fait la grève du 20 au 30 janvier, il n'y a pas eu de conflit. Les enseignants et les syndicats ont décidé de marquer une pause. C'est au moment où nous allons tranquillement à l'école que Bleu lainé Gilbert a décidé de suspendre le salaire de dix mille enseignants. C'est pour dire qu'il n'était pas content du fait que nous avons repris l'école et qu'il fallait qu'on aille à la grève. Dès cette suspension, n'ayant aucune ressource pour payer le transport, les enseignants ont totalement débrayé. La faute est à Bleu Lainé.

Il nous revient d'une manière récurrente que vous êtes manipulé par le Rdr...
Je suis le seul syndicaliste et je mets quiconque au défi. Jusqu'à ce jour où l'identification est rattachée à l'élaboration de la carte nationale d'identité, je ne figure pas sur la liste électorale. C'est parce que cette année on dit, si tu n'y figures pas tu n'auras pas de carte nationale d'identité. Or, si j'étais un militant d'un parti, je serais inscrit sur la liste électorale et le jour "J", camouflé, je partais discrètement dans l'isoloir manifester mon droit politique. Depuis 18 ans, je suis inscrit dans le syndicalisme. Je ne suis donc militant d'aucun parti politique. Et pourquoi, les gens constatent que ce soit sous le Pdci, sous la transition militaire de Guéi Robert, sous la 2e République de Laurent Gbagbo, que ce soit sous la transition du gouvernement actuel, je suis demeuré le même, indépendant intact et au service des travailleurs de cette République.

Il se murmure que vous êtes soutenu dans toutes vos actions par le ministre Dosso Moussa.
Tout cela fait partie d'une campagne d'intoxication pour fragiliser le mouvement. Les enseignants ont bien compris cela.
Interview réalisée par
Jean-Baptiste Essis
essis06525881@yahoo.hr
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Société

Toutes les vidéos Société à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ