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Art et Culture Publié le mardi 23 juin 2009 | Notre Voie

Séminaire sur le nouchi à Grand-Bassam-Pr. Séry Bailly : “L’identité est à la fois héritage, invention et accumulation”

Un séminaire initié par le ministre de la Culture et de la Francophonie s’est tenu du 17 au 19 juin 2009 sur le nouchi à Grand-Bassam. La rencontre s’est déroulée sur le thème : “Manifestation du mal de vivre de la jeunesse ou l’identité ivoirienne en construction”. Le professeur Séry Bailly, à l’occasion, a donné sa réflexion.

Le professeur Séry Bailly a indiqué que le nouchi est un objet d’étude légitime qui relève des responsabilités du ministère de la Culture et de la Francophonie. Il doit prendre en charge l’ensemble des activités de création. “Il s’agit d’une langue utilisée surtout par nos jeunes, explique Séry Bailly. Si nous la comprenons et lui donnons la considération recherchée, nous réussirons à les intégrer socialement. Tout ce qui touche à l’homme doit retenir notre attention car c’est à ce prix que nous réussirons à mobiliser toutes les énergies dont nous avons besoin pour avancer en tant que société”. Faut-il ranger le nouchi aux enfers ? Le professeur Séry Bailly situe l’opportunité de la puissance de cette expression : “Nous ne sommes pas là pour dire qu’il faut tolérer le nouchi. Il n’a besoin d’aucune autorisation pour une vie déjà bien engagée depuis quelques décennies. Nous ne venons pas pour l’encourager, car il a ses propres ressources. Il a déjà franchi certaines frontières. Notre rôle est de donner sens à la transgression, à la parole singulière qui se distingue de la langue commune. Au total, souligne Séry Bailly, nous n’avons pas besoin de faire un “gbonhi” pour défendre un phénomène culturelle qui peut se défendre sans nous. Sommes-nous alors venus pour l’institutionnaliser ? Ayant admis l’autonomie du nouchi, cette question paraît prétentieuse. Mais elle est pertinente car il y va de notre libération à nous tous et non seulement de l’émancipation des jeunes”.

Entre autres considérations, Séry Bailly indique que les spécialistes feront la sociogenèse du nouchi qui a commencé avec des pionniers comme Bernard Ahua et Alain Coulibaly qui, dès 1986, ont suggéré qu’il s’agit d’une quête d’identité et de protection, c’est-à-dire de reconnaissance et de sécurité. “Chaque langue naît et évolue dans un environnement culturel qui facilite les échanges, note Séry Bailly. Toute liberté, il est vrai, s’accompagne de douleur. Le mouvement vaut assurément mieux que la stagnation. Cependant, nous n’avons pas moins le devoir de craindre les impasses, de nous interroger sur la destination. Celui qui parle le nouchi ne prend pas les mêmes risques que celui qui fait le “bôrô d’enjaillement” ou “la traversée du guerrier”. Ces derniers ont, eux aussi, besoin d’être compris, de savoir que nous apréhendons le sens de leur désespérance. Mais notre société a pris le parti de les encourager à investir leur courage autrement, à s’intégrer au lieu de rester au bord du précipice”.

Le professeur Séry Bailly est formel quand il affirme avec conviction que l’identité est à la fois héritage, invention et accumulation. Avant de conclure que le nouchi a des mérites et un sens social mais il a aussi des limites comme tout projet humain.


Azo Vauguy
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