x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le vendredi 12 mars 2010 | Notre Voie

A propos du contentieux sur la liste électorale - Le député Martin Sokouri Bohui : “1000 fois le RHDP criera à la xénophobie, 1000 fois La Majorité présidentielle exigera le retrait des fraudeurs ”

Dans sa causerie du vendredi, le député Martin Sokouri Bohui porte la contradiction au RHDP qui affirme vouloir s’opposer par tous les moyens au renouvellement des CEI locales.


Notre Voie : Dès l’installation de la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI), vous avez souhaité le renouvellement des CEI locales. Mais le RHDP dit qu’il s’y opposera par tous les moyens. Quelle est votre réaction ?

Martin Sokouri Bohui : J’ai effectivement lu dans certains journaux que le RHDP s’opposerait par tous les moyens au renouvellement des commissions électorales locales. Encore par tous les moyens au renouvellement des CEI locales. Quand j’ai lu cela, je me suis demandé s’il ne faut pas désespérer de cette opposition ? Parce qu’on ne peut pas avoir dit qu’on renverserait le président de la République par tous les moyens et avoir échoué lamentablement, et dire encore aujourd’hui qu’on s’opposera par tous les moyens au renouvellement des CEI locales. Mais diantre, pourquoi le RHDP est-il systématiquement opposé à tout ce qui est légal ? Le président de la République a dissout la CEI en vertu de l’article 48 de la Constitution qui a fait d’Alassane Ouattara, candidat à la présidentielle. La dissolution de la CEI concerne aussi bien la CEI centrale que les CEI locales. La Commission centrale a été renouvelée. Avant son renouvellement, tous les membres de la Commission centrale ont prêté serment. La prestation de serment signifie qu’on met en place un nouvel organe. C’est donc une nouvelle CEI qui est en place. Et donc la Commission centrale de cette nouvelle CEI doit naturellement procéder à la mise en place de ces CEI locales. C’est aussi simple que ça. Point n’est besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour comprendre cela. Mais à cette raison principale, s’ajoute une toute aussi importante. En effet, le président de l’ex-CEI, Beugré Mambé, dans sa déclaration faite, suite à la découverte de la vaste opération de fraude qu’il a lui-même pilotée, a dit que la disquette contenant les 429.000 pétitionnaires frauduleux a été introduite dans certaines CEI locales à l’insu des commissaires en charge de ces CEI locales. Cette opération n’aurait pas été possible si elle n’avait pas bénéficié de la complicité des présidents des CEI locales concernées. Ces présidents-là sont donc des complices de Mambé dans cette opération de fraude. Ils doivent donc partir avec lui. Les mêmes causes produisant, forcément, les mêmes effets. Mais l’implication même de certaines CEI locales jette un discrédit sur l’ensemble des CEI locales. A preuve, dans cette affaire de fraude, C’est Beugré Mambé et Gomis qui étaient concernés, mais c’est l’ensemble des vice-présidents qui ont été radiés. C’est pourquoi, pour rassurer tout le monde sur la transparence des élections, il apparaît tout aussi naturel de renouveler toutes les CEI locales. Mais au-delà de tout, moi, j’ai un problème avec l’opposition regroupée au sein du RHDP. C’est qu’elle ne parle jamais ni de négociation ni de transparence. Elle est même réfractaire, voire allergique à tout ce qui touche à la transparence des élections. C’est quelque chose que je ne comprends pas et qu’il faudra qu’on m’explique un jour.

Puisque dans ce débat, la logique veut qu’on renouvelle les CEI locales à l’instar de la CEI centrale, j’attendais de la part de nos frères de l’opposition qu’ils disent qu’ils vont négocier avec nous pour voir si on ne peut pas trouver un accord pour laisser en l’état les CEI locales. Mais ils disent qu’ils vont s’y opposer par tous les moyens aujourd’hui encore sous prétexte que le renouvellement des CEI locales va perdre le temps. Comme si nous devons nous soumettre à leur volonté ou rien. Ce n’est pas sérieux. Mais comme ils disent qu’ils vont s’opposer par tous les moyens au renouvellement des CEI locales, ce que nous allons faire, nous camp présidentiel, c’est que nous n’accepterons pas que les CEI locales ne soient pas renouvelées. C’est une question de transparence des élections. Parce que nous pensons qu’on peut faire le renouvellement des CEI locales en une semaine. Et il vaut mieux perdre une semaine pour mettre en place une CEI qui ne soit pas génératrice de conflit. Et donc, pendant qu’ils s’opposeront par tous les moyens au renouvellement des CEI locales, nous camp présidentiel, nous demanderons l’application de la loi pour leur renouvellement. C’est cela la différence fondamentale entre eux et nous. Eux, s’adonnent à la violence, à la fraude, à la tricherie et à la guerre. Et nous, nous nous battons pour la transparence, la légalité, la paix, la justice, la non violence et la démocratie. Et c’est sur la base de cette différence que les Ivoiriens nous jugeront demain.


N.V. : Vous venez de donner les raisons pour lesquelles il faut renouveler les CEI locales. Mais est-ce qu’il ne serait pas suffisant de donner voix délibérative à tous les membres de la CEI pour régler tous les problèmes?

M.S.B. : Non, c’est deux choses totalement différentes. Je viens de démontrer que la réorganisation des CEI locales s’impose. Parce que nous n’avons plus confiance aux présidents de ces CEI locales qui sont à 95% RHDP, et qui ont visiblement montré leur parti-pris. La reconnaissance du droit de vote à tous les membres de la CEI s’impose également, parce que la discrimination en matière de droit de vote à l’intérieur d’une institution comme la CEI est anticonstitutionnelle, antidémocratique et ne peut être justifiée. Elle porte atteinte au droit d’expression de certains membres de cette commission qui ont prêté serment dans les mêmes conditions que les autres qui ont droit de vote. Un arrêt de la Cour suprême, qui n’est pas encore annulé avait d’ailleurs déclaré nul, le vote opéré sur cette base lors de la mise en place du bureau de la défunte CEI. Ceux qui n’ont pas voix délibérative, sont les membres issus des institutions de la République. Et donc pour sortir d’une CEI dominée par des partis politiques, et afin d’équilibrer les débats, il convient de donner voix délibérative aux représentants des institutions de la République. Si les CEI locales sont renouvelées et que voix délibérative est donnée à tous les membres de la CEI, les Ivoiriens seront rassurés de ce que la CEI pourra réussir l’organisation des élections transparentes.


N.V. : Que va-t-il en être alors du contentieux électoral qui n’avait pas encore totalement pris fin quand est survenue la crise à la CEI ?

M.S.B. : En ce qui concerne le contentieux électoral, je voudrais faire remarquer, que nous savions déjà que le RDR avait expressément demandé à des étrangers de s’inscrire sur la liste électorale et qu’il réglerait au moment venu leur situation politiquement. Et pour cela, il a fait fabriquer des faux papiers à des étrangers, ou il a convaincu certains Ivoiriens qui ont prêté leurs papiers à des étrangers. Il y a eu plusieurs cas d’arrestation de certains responsables RDR dans ce cadre, notamment à Sikensi et à Sinfra. C’est déjà une raison importante pour revoir, nettoyer la liste électorale. Mais la fraude portant sur les 429.000 pétitionnaires frauduleux de Mambé ont davantage fait naître une suspicion légitime sur la liste électorale provisoire. C’est pour toutes ces raisons que l’audit de la liste électorale provisoire s’impose et qu’il est tout aussi impérieux de trouver un mécanisme pour extraire de cette liste tous les fraudeurs.

Ceux qui veulent qu’on aille vite aux élections sans tenir compte des conditions de transparence veulent organiser un holp-up électoral. Et nous le savons très bien. Personne ne nous obligera donc à aller aux élections tant que les conditions de transparence ne sont pas réunies. A ceux qui disent que Gbagbo ne veut pas aller aux élections, je voudrais dire c’est en octobre 2005 que l’élection présidentielle aurait eu lieu si ouattara n’avait pas envoyé la guerre dans ce pays.

Par ailleurs, ce sont les mêmes qui ont exigé un autre opérateur technique, en l’occurrence la Sagem alors que nous avons ici l’INS qui a toujours organisé nos élections. C’est donc eux qui sont à la base de la non tenue des élections et non le président Gbagbo.

Je voudrais faire remarquer à l’endroit de ceux qui crient à la xénophobie quand on parle du retrait des étrangers de la liste électorale, que ceux qu’on retire de la liste ne se plaignent pas. Mais c’est toujours les opposants qui se plaignent à leur place. Cela veut dire que les étrangers sont leur bétail électoral. Qu’ils arrêtent donc de crier inutilement. Car 1000 fois le RHDP criera à la xénophobie, 1000 fois la Majorité présidentielle exigera le retrait des fraudeurs de la liste électorale.

Nous voulons aller vite à des élections, mais nous voulons aller vite à des élections justes et transparentes. Une élection qui ne nous ramène pas une autre guerre. Entretien réalisé par Boga Sivori bogasivo@yahoo.fr
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ