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Région Publié le vendredi 11 juin 2010 | Le Nouveau Réveil

Ouassolou Gnékpa (sous-préfet de Daloa) : “Nous nous sentons la capacité de résoudre ce problème”

Le sous-préfet de Daloa, M. Ouassolou Gnékpa, estime que le conflit peut se régler. Dans cet entretien qu'il nous a accordé dans son bureau, le mercredi 9 juin 2010, il dit ses espoirs.

Monsieur le sous-préfet, quelles sont les actions que vous entreprenez pour régler le litige dans les localités de Bolouguhé, de Bohaly et de Tahiraguhé ?
J'entreprends maintenant de mettre les protagonistes sur la même table de discussion parce que le conflit m'a été révélé lorsqu'une action de justice avait été entreprise en février 2009, quand plusieurs allochtones avaient fait l'objet d'arrestation, sur plainte de M. Toualy Blé Jean-Marie. Il les avait accusés d'avoir détruit des plants d'hévéa. Ceux qui avaient été arrêtés disaient qu'ils avaient détruit les plants d'hévéa, peut-être en représailles ou par vengeance, parce que disaient-ils, les travailleurs de M. Toualy avaient détruit des plants de cacao. A ce moment, c'est le tribunal qui avait été saisi. C'est maintenant, précisément le 2 juin 2010, que j'ai été saisi directement par les populations allochtones de Bolouguhé et de Bohaly. Cependant, j'avais été instruit par le préfet avant que les populations ne me saisissent, parce que le préfet de région avait été au courant de l'affaire, avant que les populations n'arrivent à mon niveau.

Ce mercredi 2 juin 2010, des habitants débarquent à la sous-préfecture, avec nattes et balluchons, disant qu'elles se sentent menacées. Comment gérez-vous la crise ?
Les premiers qui sont arrivés n'avaient pas de balluchons. C'étaient des représentants de Bolouguhé dont le chef du village M. Bolou, qui sont venus me dire qu'un conflit avait éclaté la veille dans leur localité et que des gens en déplacement des campements arrivent. Des gens sont effectivement venus et dans un premier temps, j'ai demandé aux représentants d'aller vers les femmes et les rassurer qu'ils m'avaient déjà saisi. Par la suite, je suis moi-même parti vers elles. Je les ai fait loger dans un bâtiment de la sous-préfecture. Le lendemain, je les ai fait repartir dans les campements. Sur réquisition du préfet de région, un détachement militaire m'a été confié pour qu'on puisse les positionner dans les campements de Bolouguhé, de Bohaly et Toualy. Quand les gendarmes sont arrivés sur le terrain, ils ont dit qu'il n'y avait pas grand-chose à Bohaly. Ils se sont donc stationnés à Bolouguhé et faisaient de temps en temps des sorties à pied (parce que le véhicule ne pouvait pas y arriver) vers Toualy. Les femmes se sont senties rassurées, elles sont retournées dans leurs campements.

Quel point faites-vous de la situation sécuritaire aujourd'hui, dans cette zone ?
Globalement, le calme est revenu puisque les gens peuvent retourner dans les campements, hormis le campement fondé par M. Toualy, qui a fait l'objet de destruction quasi-totale mais les gens peuvent néanmoins se rendre autour des débris. Sur ma médiation, un accord a été trouvé entre allochtones et autochtones, concernant ce problème : le campement sera reconstruit. Aujourd'hui même, les parties devraient se retrouver sur le site pour entamer le processus de reconstruction.

Aujourd'hui, " globalement, le calme est revenu " certes. Il ne demeure pas moins qu'il y a des actes isolés qui mettent à mal vos efforts de médiation. En notre présence, un planteur a soutenu qu'il venait de constater que les cabosses de cacao dans son champ ont été emportées. Hier, une jeune fille de Bohaly aurait été violée par des jeunes du camp adverse. Comment allez-vous éradiquer ces effets collatéraux ?
Le fait que les gens en soient arrivés aux mains n'est guère intéressant. Il y a une psychose partout, jusqu'à actuellement. Les gens du village de Tahiraguhé, le premier jour, quand je m'y suis rendu avec les militaires, de 19H 30 jusqu'à 23H 15, ils n'étaient pas vraiment dans la sérénité. Lorsque le véhicule de l'escadron de la gendarmerie est arrivé, tous les jeunes qui étaient là, étaient sur le qui-vive. Ils ont pensé qu'on venait les arrêter. Certains ont même fui. Deux jours après, je me suis rendu à Bohaly, de 19H à 22H, en vue de les rassurer aussi. Cependant, les concertations se poursuivaient au bureau. Le samedi qui a suivi, pour la première fois, j'ai réussi à réunir un grand nombre de personnes ici à mon bureau, à savoir les représentants de Tahiraguhé, des travailleurs de Toualy, de Bohaly et de Bolouguhé. C'est à ce moment que nous avons trouvé le premier accord relatif à la reconstruction du campement Toualy. Des excuses ont été présentées de part et d'autre pour les actes qui avaient été posés et chacun a été rassuré que dans l'avenir, il n'y aurait pas d'actes conflictuels. Cependant, au moment où on finissait de régler l'affaire, après quatre heures de négociations, on apprenait que des jeunes autochtones avaient saisi deux jeunes allochtones, en vue de les molester. Cela nous avait un peu gêné, mais j'ai appelé les gens à rester fermes sur les décisions que nous avions arrêtées.

Que comptez-vous faire pour faire cesser les actes de violence isolés ?
Quand j'ai appris par exemple que la jeune fille, qui est en ce moment, en ma présence actuellement, a été violentée, j'ai immédiatement appelé le chef du village de Tahiraguhé, non seulement pour lui donner l'information mais pour l'inviter à venir à Daloa. En présence des parents de le jeune fille, nous allons l'informer. Nous allons déterminer comment, ensemble, nous pourrions aller dans le village, pas forcément dans une procédure presque pénale, à faire de la confrontation, mais à faire de la sensibilisation et de la prévention. Il y a quelques vols d'ignames, de cabosses de cacao et d'autres produits qui peuvent être facilement vendus, qui m'ont effectivement été signalés. Je ne pourrais pas parler d'actes collatéraux. Mais ce que je puis dire, c'est que les individus de tout acabit trouvent des terreaux pour accomplir leurs mauvais desseins dans des localités où il y a un conflit. Nous allons envisager des patrouilles des forces de sécurité dans la localité.

D'un côté, un opérateur économique qui souhaite exploiter, aux dires des planteurs, une superficie de 3.000 ha, chiffre qu'il dément du reste. De l'autre côté, des planteurs qui n'entendent plus céder sans résistance leurs exploitations. Comment allez-vous vous en sortir ?
C'est notre lot quotidien. Quand nous faisons face à de telles situations, nous sommes à l'aise. Nous nous sentons la capacité de résoudre ce problème. L'exploitation de M. Toualy avance vers celles de populations allochtones. Cette situation n'est pas exclusive à Daloa. Il m'a été signalé que du côté de Nadroguhé, il y a une dame qui fait de l'hévéaculture et qu'à mesure qu'elle avance vers les populations riveraines, elle rachète les plantations. Jusqu'à présent, il ne m'a pas été signalé de problèmes de ce côté-là. Si M. Toualy pouvait faire la même chose, peut-être qu'il n'y aurait pas de problèmes.
Interview réalisée par André Silver Konan
Envoyé spécial


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