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Politique Publié le mercredi 13 octobre 2010 | Le Nouveau Réveil

Discours menaçant des Fds à l`approche du 31 octobre : Le Général Mangou et les Fds redoutent-ils une défaite de Gbagbo ?

© Le Nouveau Réveil Par Emma
Promotions dans l`armée - Le CEMA préside la cérémonie d`arrosage du galon du général de division Guiai Bi Poin Georges
Mercredi 11 août 2010. Abidjan. Siège du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos). La cérémonie se déroule en présence de nombreuses personnalités dont le Directeur général de l`Economie, le doyen de la faculté de criminologie de l`Université de Cocody, le général de corps d`armée Philippe Mangou, le général de brigade Detoh, commandant des forces terrestres
Mais quelle mouche a-t-elle piqué nos Généraux de corps d`armée et de division ? Pourquoi les messages de la hiérarchie militaire sont de plus en plus menaçants à mesure qu`approche l`échéance du 31 octobre ? Sur la base de quoi s`autorisent-ils à multiplier des mises en grade au risque de créer une véritable psychose autour des élections que tout le monde souhaite apaisées et transparentes ? Contre qui ces menaces sont-elles proférées en définitive ? Le Général Mangou et les FDS redoutent-ils une défaite de Gbagbo ?

Les élections tant attendues approchent, à grands pas. Les états-majors des candidats à la présidentielle peaufinent leur stratégie pour tenter de rafler la mise. Jusque-là, la campagne se déroule sans accroc. Aucun discours excessif, aucun appel à la haine. C`est pourquoi, l`on a du mal à comprendre pourquoi aussi bien le chef de l`Etat, le ministre de la Défense, que le chef d`état-major des armées et ses principaux collaborateurs dans la chaîne de commandement des FDS n`arrivent pas à parler des élections sans y associer des troubles. à les écouter, c`est comme si le pays s`apprête à livrer une autre bataille, à entrer en guerre contre des fauteurs de trouble imaginaires. Ils sont tellement obsédés par cette éventualité qu`ils n`ont pas hésité à envoyer un pauvre colonel de la marine aller acheter des armes aux Etats-Unis en violation des lois américaines et de l`embargo sur les armes en vigueur en Côte d`Ivoire depuis 2004.

Il y a deux jours, le CEMA ruait dans les brancards contre le leader du RDR sans le nommer, l`accusant d`être à l`origine de la guerre.

Le Général de corps d`armée n`a pas aussi manqué l`occasion de renouveler "la pleine et entière disponibilité des FDS" à Laurent Gbagbo. Et pour enfoncer le clou dans un contexte de campagne électorale, le Général Mangou de déclarer ouvertement "L`armée est prête à accomplir n`importe quelle mission que vous voudriez bien lui confier". En clair, cela veut dire que l`armée va mater si Gbagbo le lui ordonne, elle tuera si Gbagbo le veut pour se maintenir au pouvoir. Avouons-là que c`est un peu fort. Est-ce cela la réponse au bout de phrase du 7 Août "Je tombe, vous aussi, vous tombez !"

En mars 2004, l`armée a tué. Une enquête de l`ONU a dénombré au moins 100 morts. Dans un pays où on respecte les droits de l`homme, 100 morts, c`est beaucoup trop. Car ce sont des pères et des mères de famille qui ont été tués, des jeunes assassinés. En novembre 2004, dans le cadre de l`opération dignité pilotée par Philippe Mangou, des bombes ont été lâchées sur Bouaké, Korhogo, Séguéla et Bin-Houyé.

Pour que plus jamais cela ne se répète, les Ivoiriens ont choisi d`aller aux élections afin de solder définitivement tous les contentieux. En dépit de toutes les réticences, des volte-face, des obstacles dressés sur le chemin des élections, nous y sommes. Ce n`est donc pas l`occasion de réveiller les vieux démons. Le moment est donc mal choisi pour menacer, rouvrir les meurtrissures. Car en fait de souffrance, aucun Ivoirien n`a été épargné au cours de cette interminable crise. Il y a un temps pour faire la guerre et un temps pour faire la paix. On ne va pas à la paix, l`épée entre les dents. Et le rôle de l`armée n`est pas d`intimider ou de menacer une partie des Ivoiriens. Car c`est ensemble qu`on fera la paix. Aucun candidat n`a encore dit que s`il ne gagne pas les élections, il mettra le pays à feu et à sang. L`armée devrait donc œuvrer à garantir un climat favorable à des élections apaisées. Le rôle d`un CEMA n`est pas de s`immiscer dans le jeu politique en donnant des consignes de vote ou en disant qu`on ne doit pas voter par régionalisme ou en privilégiant l`ethnie. Même si cela est juste, le chef d`état-major des armées n`a pas à tenir ce genre de discours.

L`armée doit rester neutre et républicaine car elle appartient à l`Etat de Côte d`Ivoire qui ne saurait se réduire à un seul individu, fût-il le chef de l`Etat qui négocie un autre mandat auprès du peuple souverain de Côte d`Ivoire.

Akwaba Saint Clair
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