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Politique Publié le mercredi 27 octobre 2010 | L’Inter

Des miliciens de l`Ouest veulent tout bloquer

© L’Inter Par DR
Crise ivoirienne - Miliciens pro-gouvernementaux
* Ce que disent les chefs de guerre
* Ado empêché d`arriver à Guiglo

Ils sont issus des groupes d’autodefense qui pilulent dans le grand Ouest et qui, depuis un certain moment, sont déterminés à bloquer le processus de sortie de crise en cours, si leurs revendications ne sont pas prises en compte avant la tenue de l’élection présidentielle le 31 octobre prochain. Hier mardi 26 octobre 2010, ces miliciens de l`Ouest qui ont décidé d`interdire toutes manifestations de leaders politiques ivoiriens dans leur fief, ont empêché l`étape de Guiglo de la tournée du président du Rassemblement des Républicains (Rdr), Alassane Ouattara. Ado n`a donc pu s`entretenir avec ses militants de la capitale du Moyen-Cavally, tout comme Henri Konan Bédié, Simone Gbagbo, Geneviève Bro Grébé, il y a quelques semaines. A l’origine de cette énième manifestation de colère des ex-miliciens, des rumeurs selon lesquelles ils pourraient être laissés pour compte après l’élection présidentielle, si celles-ci ont lieu effectivement à la date indiquée. Cette information, vraie ou fausse, tient du fait que certains de leurs chefs ont fait leur entrée dans des directions de campagne de Laurent Gbagbo, et ne se préoccupent plus de leurs problèmes. Ils disent également ne pas accepter que les éléments des Forces nouvelles (Fn) aient été pris en compte dans l`armée, et payés, alors que eux attendent toujours. Cet état de fait les motive en ce moment à vouloir être situés sur leur sort, avant la fin du processus électoral. Ce qui explique leur récent soulèvement à Duekoué, qui a abouti à la démolition du dispositif d’accueil mis en place pour la première dame Simone Gbagbo le 12 octobre dernier, à la place publique de ladite ville. Un accès de colère qui a encore troublé la quiétude des populations de ce département, qui ont peur de revivre les difficultés endurées pendant les heures de braise de la rébellion. Cette attitude des ex-rebelles, qui sent la menace sur la date du 31 octobre 2010, nous a conduit le mercredi 20 octobre 2010 à rencontrer les différents chefs de guerre, au quartier Diagné Bernard de la ville de Duekoué, pour en savoir davantage. Le premier que nous avons rencontré est Doh Colombo du groupe d`autodéfense ‘’ AP Wê ‘’. Il nous a fait savoir qu’au moment où nous lui rendions visite, ces jeunes ex-combattants qui menacent, séjourneraient depuis cinq jours à Abidjan, sur une invitation de Mme Bro Grébé. L`ancienne ministre et présidente des femmes patriotes, avait elle aussi été refoulée à l`entrée de Duékoué, alors qu`elle s`y rendait pour un meeting. Et c`est pour s`informer sur la situation de ces jeunes et tenter de trouver une solution à leur problème avant le 31 octobre, que Bro Grébé, selon notre source, les a convoqués. « Les autres sont restés ici et attendent l`arrivée de leurs émissaires à Abidjan. Si les autorités trouvent une solution à leurs problèmes, il n`y aura rien. Mais si rien n`est fait, en tout cas, ils vont se faire entendre », a dit notre interlocuteur. Parlant de ces jeunes qui veulent tout bloquer, le chef de guerre Doh Colombo a révélé que ce ne sont pas ses éléments, mais ceux du groupe d`autodefense dénommé ‘’ MEMECA ‘’, situé à Bangolo. Il a ajouté que depuis un certain temps, ces jeunes ont trouvé refuge à Duekoué, et s`y adonnent à des actes de vandalisme. Condamnant les actions du groupe MEMECA, il dit ne pas comprendre que des gens qui soutiennent avoir combattu pour le régime au pouvoir, se révoltent contre celui-ci. Pour terminer, Doh Colombo a souhaité que ces ex-combattants retournent sur leurs différentes bases. Le second que nous avons rencontré dans un maquis de la ville de Duekoué, est le commandant Gbahou du groupe d`autodéfense ‘’MEMECA’’ de Bangolo. Celui dont les éléments sont mis en cause dans les récents troubles à Duekoué. Il a démenti l`accusation de l`attaque de Duekoué, soulignant que certains éléments font du chantage pour se faire de l’argent. Il a toutefois précisé que ses hommes sont au nombre de 1100 ex-combattants qui détiennent encore des armes à Bangolo, mais qui ne se manifestent pas. « J’ai dit à mes éléments de se tranquilliser et que le jour où le président Laurent Gbagbo se souviendra de nous, il nous fera appel », a-t-il dit, ironique. Il a rappelé que ses éléments et lui avaient pris les armes pour défendre leur terre et non pour devenir « un os dans la gorge des gouvernants ». «Mes hommes sont tous à Bangolo et ne résident pas à Duekoué », a-t-il précisé. En clair, si l`on s`en tient au dire de ces différents chefs de guerre qui démentent l`attaque de Duekoué, il existerait un autre groupe de miliciens qui menacerait la paix dans cette région de la Côte d`Ivoire. C`est d`ailleurs l`avis du chef de la milice MEMECA de Bangolo, le commandant Gbahou, qui invite les autorités à avoir une attention particulière sur la région. Il est à noter que les éléments qui avaient été reçus par la présidente des femmes patriotes, Bro Grébé, sont revenus insatisfaits. Une véritable bombe à retardement donc dans l`ouest de la Côte d`Ivoire.

Hamadou ZIAO avec ZON TCHELOU (correspondance particulière)
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