x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le samedi 30 octobre 2010 | Le Nouveau Réveil

Affaire 90 mn de la Rti / Henri Konan Bédié (candidat du Pdci-Rda) : “Le Cnca a censuré le président Houphouët-Boigny”

Chers compatriotes,
Comme vous le savez, pendant la campagne électorale, la loi accorde 5 minutes de temps d`antenne, par jour, à chaque candidat.
Ce temps d`antenne, nous avons choisi de le donner pour rendre la parole à chacun de ceux qui en ont été si longtemps privés. Cela fait dix ans, en effet, que la parole du peuple est bâillonnée. Dix ans que de manipulation en interdiction ce régime porte atteinte depuis son accession au pouvoir aux libertés fondamentales de tout un peuple, depuis son avènement. Vous avez pu voir, hier soir, que je n`étais pas sur les ondes de la radio télévision ivoirienne non pour un débat contradictoire mais pour une simple rencontre avec des journalistes, dans le cadre de la campagne électorale.
D`entrée, je voudrais dire à mes compatriotes du pays profond, des localités urbaines et à ceux de la diaspora, que j`ai été très sensible à toutes leurs réactions, après l`annonce que je ne me rendrais pas sur le plateau de RTI 1ère Chaine. De quoi aurais-je peur ? Me prêter à un entretien en direct avec des journalistes ? C`est un banal exercice auquel je me suis adonné cette semaine en accordant des interviews à six télévisions internationales et Radio France Internationale. En effet, par vos appels, vos visites et vos messages, ainsi que les informations qui me sont parvenues de partout, j`ai compris combien, mon absence de la télé a été une épreuve de plus, dans ce que vous vivez depuis l`année 2000. Cette forte envie de me revoir et de m`entendre traduit pour toute la situation à laquelle nous devrons définitivement mettre fin le 31 Octobre prochain dès le petit matin.
Tenant compte de cet élan d`affection, j`ai décidé de faire cette conférence de presse pour vous exprimer les motivations profondes de ma résistance.
Chers amis, je vous pose cette simple question:
Le Général De gaulle, dont beaucoup ici louent le courage et la sagesse, se serait-il rendu sur le plateau de la radio de Vichy au temps de la collaboration? Mesdames, messieurs, il s`agit pour moi d`une question de principe: depuis dix ans les plateaux de la RTI sont monopolisés par les " Chiens de garde " du pouvoir en place. Par deux fois déjà nous avons manifesté notre désaccord, nos femmes et nos jeunes ont marché sur la télévision pour la libérer, pour permettre un accès égal à cet espace public qui appartient à tous. Résultat, rien n`a changé! La RTI est toujours à la botte de "homme de la situation" catastrophique du pays. Et si rien n`est tenté, rien ne changera. Nous avons refusé de participer à cette émission de télévision parce que la censure dont a été victime le père de la nation a été la goutte d`eau qui a fait déborder notre colère. Trop ! C`est trop. Le combat pour la liberté, le combat pour le respect des droits de l`opposition commence parfois par un non, ferme et définitif. Nous avons subi trop de manipulations, trop de privations de liberté, trop d`abus. Dans cette campagne même il était prévu des débats d`experts pour éclairer les Ivoiriens sur les enjeux et défis de la nation et sur les projets des candidats. Sans consultation préalable et sans discussion, ils ont été supprimés.
De la même manière, les débats télévisés avec la presse ont été décidés unilatéralement par le pouvoir en place. Les conditions même ont été imposées. Rien n`avait été conclu sur le contenu, le cadre et l`ordre de passage sur les antennes de la RTI. Le président actuel s`est arrogé le droit de passer en dernier, juste avant la date des élections, alors qu`il n`est qu`un candidat parmi tant d`autres. Cette rencontre télévisée n`avait aucun sens, aucune justification tant les conditions pour un vrai débat démocratique en étaient absentes.
Malgré toutes ces manipulations nous étions quand même prêts à débattre pour nos électeurs et nos sympathisants.
Or donc, ce mardi, le CNCA a purement et simplement censuré le président Houphouët-Boigny, l`homme qui a bâti ce pays, l`homme qui a travaillé au côté de De gaulle pour donner son indépendance à la Côte d`Ivoire et la mettre sur le chemin du développement. Trop, c`est trop ! Et que disait donc le président Houphouët-Boigny dans notre message qui a tant effrayé les refondateurs ? Le père de la nation disait ceci: " Il reste beaucoup à faire pour une réconciliation définitive de nos frères engagés depuis des années dans des luttes sans objet. Il ne s`agit plus du combat pour l`indépendance. C`est le combat pour le pouvoir. Le vieux que je suis vous dit : combien sont-ils encore à leurs postes de responsabilité les hommes qui ont conduit leur pays à l`indépendance? On peut les compter sur les doigts d`une main. Ne faisons pas de cette lutte pour le pouvoir l`objectif primordial de notre lutte. Notre lutte, c`est pour le mieux-être des peuples dont nous sommes issus. Notre lutte, c`est l`amélioration progressive du niveau de vie de nos peuples. Notre lutte, c`est pour une meilleure qualité de la vie. " Voilà le seul et le véritable sens de l`action politique. Il n`y en a pas d`autre: le bien-être de tous, l`amélioration du sort des hommes qui ont été confiés à notre vigilance. De la même manière que la lumière éclipse les ténèbres, la parole d`un sage ruine tranquillement les arguments d`un agité. Ce que le pouvoir en place ne peut supporter est simple : le message d`Houphouët est sans appel, ce message met à nu l`incompétence et la malhonnêteté du régime en place.
Chers amis, vous l`aurez compris, il s`agit pour moi d`une affaire de principe. Etre présent en milieu hostile, aux conditions de l`adversaire, c`est être soumis. La Côte d`Ivoire n`a pas besoin d`un demi-homme pour s`en sortir, mais d`un chef, d`un vrai combattant pour les libertés.
Je ne suis pas là pour flatter les foules, mais pour vous défendre. Je suis un chef, j`ai dirigé ce pays et je suis là pour le diriger à nouveau. Je ne suis pas là pour afficher un sourire narcissique et méprisant sur tous les murs de la capitale, mais pour remettre ce pays en route et l`Etat au service des citoyens. C`est tout.
Ivoiriens, Ivoiriennes, chers amis, nous sommes engagés dans un combat qui sera difficile.
Ce combat nous le gagnerons !
Henri Konan Bédié
Président du PDCI-RDA


PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ