x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Politique Publié le vendredi 24 décembre 2010 | Reuters

Sommet régional au Nigeria sur la crise ivoirienne

Les Etats voisins de la Côte d'Ivoire réfléchissent aux moyens d'amener Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à Alassane Ouattara lors d'un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ce vendredi à Abuja, la capitale du Nigeria.

La presse ivoirienne rapporte que le pays attend avec impatience les résultats de cette réunion, la seconde en deux semaines. Certains journaux disent que la Cedeao pourrait envisager le déploiement de sa force d'intervention, l'Ecomog.

Les chefs d'Etat de la Cedeao ont refusé de s'exprimer avant leur rencontre.

Le camp d'Alassane Ouattara, reconnu président de la Côte d'Ivoire par l'Assemblée générale des Nations unies jeudi, a jugé que la communauté internationale devait envisager l'emploi de la force pour contraindre Laurent Gbagbo à céder le pouvoir.

Ce dernier a été désigné vainqueur du second tour de l'élection présidentielle du 28 novembre par le Conseil constitutionnel, contrairement aux résultats proclamés par la commission électorale.

Charles Blé Goudé, chef des Jeunes Patriotes, mouvement de partisans de Laurent Gbagbo, a prévenu que l'envoi d'une force militaire pourrait relancer la guerre civile qui a coupé le pays en deux en 2002-2003.

Michèle Alliot-Marie, la ministre française des Affaires étrangères, a réclamé vendredi "une transition qui se fasse sans violence".

"M. Gbagbo a encore la possibilité de sortir par le haut de cette situation en reconnaissant ce que sont les résultats et en transmettant le pouvoir dans les conditions normales", a-t-elle déclaré, en laissant entendre que les responsables des violences signalées à Abidjan pourraient être poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI).

D'après le Conseil des droits de l'homme de l'Onu, les violences post-électorales ont fait plus de 170 morts.

Sur le terrain, les troupes de l'Onuci, la mission des Nations unies en Côte d'Ivoire, ont exprimé leurs craintes concernant de "graves violations des droits de l'homme et des actes de discrimination".

Dans un communiqué, l'Onuci dit que "certaines maisons sont marquées avec des signes distinctifs" et que la nuit "des individus armés pénètrent dans ces maisons, procédant à des enlèvements et commettant d'autres crimes".

NAVIRE DE GUERRE NÉERLANDAIS

L'Onuci ajoute que des partisans masqués de Laurent Gbagbo armés de lance-roquettes barrent une route menant à Anyama, aux abords de NDotre, un village situé à la périphérie d'Abidjan renfermant, selon certaines allégations, un charnier.

La communauté internationale tente aussi d'organiser une asphyxie financière de Laurent Gbagbo.

Après la Banque mondiale, qui a gelé mercredi le transfert de 800 millions de dollars à destination de la Côte d'Ivoire, la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) a décidé jeudi de ne plus reconnaître l'autorité de Laurent Gbagbo.

L'accès à ses fonds sera désormais réservé aux représentants du "gouvernement légitime" d'Alassane Ouattara. Pour les observateurs, ces décisions pourraient mettre Laurent Gbagbo, qui contrôle l'armée, dans l'impossibilité de verser les salaires, notamment aux troupes.

A la demande de la France, un bâtiment de guerre néerlandais, l'"Amsterdam", a pris la direction de la Côte d'Ivoire pour fournir un appui logistique aux forces navales françaises dans la région et aider à évacuer des ressortissants européens si nécessaire, a annoncé le ministère néerlandais de la Défense.

Ce navire de soutien rapide, qui embarque 172 militaires, croisait dans le golfe d'Aden dans le cadre de l'opération de lutte contre la piraterie au large de la Somalie. Il embarquera du matériel en Espagne et au Sénégal et devrait être sur zone début janvier.

Le ministère néerlandais de la défense a précisé qu'il s'agissait une mission temporaire, l'"Amsterdam" devant regagner son port d'attache fin janvier. "Nous pouvons soutenir une éventuelle opération d'évacuation de ressortissants néerlandais et d'autres pays de l'Union européenne. Mais à l'heure actuelle, aucune opération de ce genre n'est à l'étude", a pris soin de préciser l'état-major.

A Paris, un porte-parole de l'état-major des armées a dit que le soutien logistique demandé au navire néerlandais concernait un bâtiment français dans le golfe de Guinée, dont la présence n'est pas liée à la situation en Côte d'Ivoire.

"Nous avons depuis plusieurs années une mission, la présence permanente d'un navire, dans le golfe de Guinée. Et nos navires ont la possibilité de demander un soutien logistique à d'autres bâtiments", a-t-il dit à Reuters. "Cette fois, un soutien a été demandé à un navire néerlandais", a-t-il ajouté.

Prié de dire si la présence du bâtiment français dans le golfe de Guinée avait un lien avec la situation en Côte d'Ivoire, il a répondu: "Aucun lien".
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Politique

Toutes les vidéos Politique à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ