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Politique Publié le mardi 28 décembre 2010 | Soir Info

Activités socio-économiques - Les Abidjanais sont sortis - Les transporteurs divisés

Hier, lundi 27 décembre 2010, les activités socio-économiques à Abidjan ont connu leur train-train habituel dans la matinée. Cela, contrairement à ce qu'on aurait pu craindre eu égard à l'appel lancé par le camp Alassane Ouattara (président, selon la Commission électorale indépendante) à faire d'Abidjan une « ville morte » jusqu'au départ effectif de M. Laurent Gbagbo (président, selon le Conseil constitutionnel) du pouvoir. Cet appel qui devait prendre effet à partir du lundi 27 décembre n'a, semble-t-il, pas été entendu, hier dans plusieurs communes d'Abidjan. Tôt le matin, que ce soit au niveau de la Sotra (Société de transport abidjanais) ou des transporteurs privés, les véhicules ont circulé dans la plupart des communes de la capitale économique. Tôt dans la matinée, les bus, « wôrô-wôrô » et « gbaka » ont été aperçus à Cocody-Palmeraie, Adjamé, Cocody, etc. En sus, au cours d'une tournée effectuée
entre 10 heures et 14 heures dans plusieurs communes d'Abidjan (Cocody, Adjamé, Plateau, Treichville, Koumassi, Marcory, etc.), nous avons constaté que plusieurs travailleurs et commerçants ont fait le déplacement pour respecter leur engagement quotidien. A Adjamé, même si le marché du forum n'était pas bondé de monde aux environs de 10 heures, commerçants et vendeurs étaient aux affaires dans le marché. Venus tôt faire leurs emplettes, des clients ont été aperçus avec des bagages volumineux aidés par des jeunes filles ou jeunes hommes. Vers 11 heures, au Plateau, dans les bureaux de poste, les agents étaient à leur poste. Dans les structures bancaires et autres, l'ambiance indiquait que les travailleurs étaient venus travailler. Devant des guichets bancaires automatiques, des rangs kilométriques édifiaient sur le besoin d'argent de certaines personnes après le weekend de Noël. A Treichville, le grand marché était ouvert. Au
rez-de-chaussée, les vendeurs de vivriers et de viande servaient leurs clients. « Ma chérie, à cause de quoi, je ne vais pas sortir pour venir vendre mes maniocs? Dites à vos politiciens que nous sommes fatigués. Ils n'ont qu'à nous laisser tranquilles. Moi, je vends pour mes enfants et non pour quelqu'un », s'est exprimée, très agressive, une vendeuse à qui nous avons osé demander pourquoi n'a-t-elle pas respecté l'appel lancé. A l'étage de l'immeuble servant de marché, la même agressivité été observée chez d'autres commerçants de pagnes et de bijoux. « Vous savez? Les politiciens, ils ont leur affaire. Nous, les commerçants, nous avons les nôtres. Je souhaite qu'ils s'engagent pour les régler sans nous impliquer. Depuis que cette affaire a commencé, les affaires ne marchent pas comme il se doit. Ça ne marche même pas et vous croyez que les gens vont rester chez eux? Vous même, vous n'êtes vous pas en train de
travailler? », s'est interrogé T.S, bijoutier à Trecihville. Au marché de Belleville dans la même commune, Mme K.L, vendeuse de sacs à main, partage l'avis des autres interrogés. « Je pense que les populations doivent même huer ces politiciens. Elles ne doivent même pas écouter quelqu'un», a confié L.. Selon elle, la préoccupation des commerçants, aujourd'hui, c'est de pouvoir vendre leurs marchandises à des prix abordables à leurs clients. « A cause de la crise, c'est devenu compliqué. Tout revient cher. Lorsque tu ajoutes ton bénéfice, le client te fait palabre. C'est cela notre préoccupation », a-t-elle insisté. Poursuivant notre tournée, nous avons constaté que des gares de fortune installées par des syndicats de transport à Marcory (non loin de l'église Sainte Thérèse) et au grand carrefour de Koumassi grouillaient de monde jusque dans l'après-midi.

Des transporteurs se protègent

Cependant, il nous est revenu, selon des sources concordantes, que des chauffeurs de « gbaka » ont dû garer leurs véhicules par prudence. « Nous avons roulé le matin. Mais, ce n'est pas tout le monde qui est d'accord pour ça. Il y a des petits agents de syndicats qui menacent. Dans certaines communes, comme à Abobo, c'est compliqué. C'est pourquoi, par peur, des transporteurs ont décidé d'arrêter », a indiqué, sous le sceau de l'anonymat un transporteur aux environs de 12 heures. Interrogé, par téléphone vers 15 heures sur la question, M. Touré Adama (président de la Coordination nationale des gares routières de Côte d'Ivoire) a fait savoir que sa structure a pris des mesures conservatoires depuis, hier lundi dans le cadre d'une conférence de presse. Les transporteurs, selon M. Touré Adama (président de la Coordination des gares routières de Côte d'Ivoire), sont à la croisée des chemins dans le contexte de crise
post-électorale observée depuis la présidentielle. Dans une déclaration dont copie nous est parvenue, ce transporteur estime que les transporteurs sont en droit de prendre des mesures conservatoires « face à tout imbroglio socio-politique aux conséquences gravissimes pour la corporation » des transporteurs. Éviter le parking à la fois de plusieurs véhicules au même endroit; s'organiser en petits groupes de protection des véhicules; mettre immédiatement les véhicules de transport à l'abri en lieu sûr en cas de dérapage et arrêter tout service jusqu'à nouvel ordre. Telles sont les mesures prises par la Cngrci pour des raisons de sauvegarde du patrimoine des opérateurs économique du secteur des transport. Selon le président de la Cngrci, ces temps-ci les transporteurs sont victimes de racket de la part d'éléments de Fds (Forces de Défense et de Sécurité). En outre, en l'espace d'un mois (27 novembre à ce jour), « 680
véhicules ont été mitraillés dans les parkings, 10 véhicules calcinés ». C'est au total une perte de plusieurs dizaines de milliards de francs Cfa que la Cngrci a dénoncée dans sa déclaration d'hier.

Hermance K-N
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