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Sport Publié le jeudi 12 mai 2011 | Nord-Sud

Alain Lobognon (candidat à la présidence de la FIF) :“Pourquoi je suis candidat…”

© Nord-Sud Par Prisca
Rumeurs de retraits de cartes d`identité ou de destruction de cartes d`électeur: la Primature rassure la population
Jeudi 14 octobre 2010. Abidjan. Primature. Point de presse animé par les conseillers du premier ministre Méité Sindou, Alain Lobognon et Me Konaté Fakhy
Sa candidature au poste de président de la Fédération ivoirienne de football continue de faire jaser dans le milieu sportif. Que veux le conseiller spécial du Premier ministre ? Que peut-il ? Quels sont ses hommes, ses moyens ? Alain Lobognon parle du beau et du mauvais temps.


l Vous êtes connu dans le milieu politique mais pas suffisamment dans celui du sport. Votre candidature surprend plus d’un…

(Sourire) Je suis citoyen ivoirien et j’ai des droits. Je me suis donné le droit de faire la politique et je me donne aussi le droit de postuler à la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF). J’estime que la FIF est une organisation ivoirienne chargée de réguler la pratique du football en Côte d’Ivoire. J’ai fait des constats. Je me dis que je ne peux pas servir qu’en politique et j’ai choisi le football. J’aurais pu m’orienter vers une autre Fédération sportive mais je suis attiré par le football. Le moment venu, il s’agira de présenter notre programme pour permettre à notre football de sortir de la léthargie.

l Vous indiquez avoir fait des constats sur la gestion de notre football. Pouvez-vous en parler ?

En Côte d’Ivoire, nous avons un football régi par la loi sur les Fédérations qui date de 1960. Aujourd’hui, nous avons des pays comme le Sénégal, l’Angola, le Cameroun, l’Algérie ou encore l’Afrique du Sud qui s’imposent de par leur organisation sur le terrain. Ici, notre organisation footballistique est inexistante.
l Que voulez-vous dire ?

En Côte d’Ivoire, nous avons une Fédération créée sur la base de celle de 1960. Cela remonte au 20è siècle, or nous sommes au 21è siècle à présent. Le moment est venu de doter notre football d’un véritable cadre juridique. Mais ce cadre juridique pour notre football passe par un cadre juridique du sport. Nous avons un code de l’artisanat, un code de l’industrie. Il nous faut aussi un code du sport et du football en particulier. Nous estimons que n’importe qui ne peut pas créer une association appelée Fédération. N’importe qui ne peut pas organiser un tournoi de football sans l’implication de la FIF. Voyez-vous, je relève un fait grave. Il existe ici, une Fédération de football et une autre de maracana et disciplines associées (FIMADA). Si la FIF laisse un pan de ses prérogatives aller ailleurs, c’est parce qu’elle n’a pas le temps de gérer le football en Côte d’Ivoire. J’ai des idées, des hommes et des moyens pour diriger la FIF.

l Justement quel est votre programme ?

Avant d’arriver à mon programme, vidons les constats à faire au niveau de l’organisation de notre football. Nous avons des clubs peu ou pas organisés. Chaque début de saison, ils attendent la subvention de la FIF. Pourquoi attendre une subvention pour commencer la préparation ? J’ai appris que chaque club reçoit la somme de 5 millions pour commencer la nouvelle saison. J’avoue que 5 millions pour démarrer la saison, c’est honteux pour la FIF. Les clubs ivoiriens ne sont pas organisés. La loi qui régit la FIF est celle-là aussi qui gère les associations et les ONG qui date de 1960. Remarquez que nos clubs phares existent depuis longtemps. Mais combien sont-ils en règle vis-à-vis des lois ivoiriennes. Certes, l’Asec mimosas est organisée mais le reste ne suit pas. Pour moi, un club doit être un peu comme une entreprise.
l Quelles solutions préconisez-vous ?

Nos clubs doivent être capables de payer leurs salariés. Et les premiers à être payés doivent être les joueurs et non les dirigeants ou le président. Ailleurs, les clubs sont organisés de telle sorte que le jour où l’on veut faire un audit de leurs comptes, cela est possible. Il ne faut pas attendre des assemblées générales annuelles pour voir les présidents venir nous faire des comptabilités arabes. Avez-vous souvenance de ce que les autorités soient allées un jour pour auditer les comptes de la FIF ? Cela fait partie de notre programme. Nous devons organiser aussi nos clubs

.

l Concrètement, que proposez-vous ?

Il faut amener nos clubs à se professionnaliser. Il faut donc une loi sur le sport en Côte d’Ivoire. En son temps, le ministre des Sports, Dagobert Banzio, avait tenté de faire passer cette loi qui a été rejetée au Parlement. Le souci premier de la Fédération ivoirienne de football doit être d’amener le gouvernement à prendre une ordonnance, une loi pour permettre aux clubs ivoiriens de se conformer à un cahier de charges. Les effectifs doivent être aussi contrôlés. Pareil pour la formation. Sortons de cette situation qui voit des dirigeants de clubs ouvrir des centres de formation pour vendre nos enfants comme des marchandises. Je n’oublie pas que la FIF doit se doter d’un service marketing fort afin de mieux vendre ses compétitions.

l Avez-vous les moyens humains et financiers pour atteindre vos objectifs ?

Il s’agit de mettre le football ivoirien au niveau de la nation. Il ne s’agit pas de demander à des dirigeants qui ont de l’argent de venir au football. Nous constatons, contrairement à ce qu’on nous dit, que nos dirigeants viennent plutôt au football pour s’enrichir. Ils ne viennent pas enrichir nos athlètes et nos clubs. Et c’est dommage.

l Avez-vous des preuves de ce que vous affirmez ?

Quel stade a été construit dans ce pays depuis plusieurs décennies ? Aucun ! Chaque année, ce sont des milliards qu’on met dans l’entretien du Stade Houphouet-Boigny ou dans celui de Bouaké. Nous aurions pu construire de nouveaux stades avec de telles sommes. Chaque année, ce sont des milliards que l’Etat met à la disposition de la FIF pour les Eléphants. Pourquoi les annonceurs ne s’intéressent-ils qu’à la sélection nationale ? Les Eléphants gagnent mais ce sont les clubs qui font gagner de l’argent aux Eléphants. Il fut un temps où les annonceurs se battaient pour l’Asec et l’Africa. Aujourd’hui, les sponsors s’orientent vers les Eléphants. Et nos dirigeants s’en mettent plein les poches.

l A vous entendre, le bilan de Jacques Anouma n’est pas bon…

On mesure le bilan d’un président ou d’une équipe au nombre de trophées remportés. Moi, je dis que pour un bilan de dix ans après avoir achevé l’intérim de Dieng Ousseynou, il est négatif. La FIF a eu le temps de doter la Côte d’Ivoire de clubs professionnels, de doter notre pays d’infrastructures sportives. Rien n’a été fait.

l Une élection à la FIF exige le soutien des clubs. En avez-vous ?

Il y a une AG mixte qui aura lieu. Allons-y pour nettoyer les textes de la FIF. Le jour où les textes seront propres, vous verrez vers qui les clubs porteront leur choix. Déjà, je peux vous dire que je suis en contact avancé avec de nombreux clubs. Nous travaillons très bien et nous ferons des propositions à cette AG mixte du 18 juin.

l Quelle est la situation de votre club, le C.O. Fresco ?

J’ai créé le Club Omnisports de Fresco en mai 2009. Bizarrement, la FIF refuse toujours de nous accorder le sésame qui nous permet de prendre part aux compétitions. La FIF avait ses calculs mais nous savons qu’une Fédération n’est pas éternelle. Les hommes passeront mais la FIF restera. J’espère que la nouvelle FIF saura faire ce travail.

l N’avez-vous pas peur d’é­chouer ?

Non. J’entends et je lis souvent que le costume a déjà été taillé sur mesure pour certains dirigeants. Nous agiterons le grelot et nous irons jusqu’au bout.
l Que répondez-vous à tous ceux qui pensent que vous êtes un tocard dans la course à la présidence de la FIF ?

Il y a eu des tocards qui ont remporté des batailles et j’espère être ce tocard-là qui succèdera à Jacques Anouma. Attendons d’abord que les candidatures soient arrêtées pour savoir qui est le tocard, l’outsider ou le favori.
l On ne vous connaît pas un passé de sportif. Quelle est votre histoire avec le sport ?

En Côte d’Ivoire, nous apparentons tout de suite un dirigeant au maillot qu’il avait porté soit à l’Asec ou à l’Africa. Le président de la République a dit qu’une nouvelle page s’ouvre en Côte d’Ivoire. Permettons que ceux qui ont des idées fassent avancer le football en Côte d’Ivoire. Nous avons tous applaudi l’Asec, l’Africa ou les Eléphants. Je suis supporter du football ivoirien et cette qualité me permet de m’intéresser au football de mon pays.

Entretien réalisé par Guy-Florentin Yaméogo & Bakayoko Youssouf
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