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Politique Publié le vendredi 3 juin 2011 | Le Nouveau Réveil

Absence du FPI, gouvernement pléthorique, représentation des femmes/Les vraies motivations de Ouattara

© Le Nouveau Réveil Par Nathan Koné
Activités gouvernementales: le nouveau gouvernement a tenu son premier Conseil des ministres
Vendredi 3 juin 2011. Abidjan. Palais présidentiel du Plateau. Premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement. Photo: Mme Nialé Kaba, Ministre de la Promotion du Logement
Ils sont en fin de compte 36, heureux sélectionnés après un tri qui a certainement pris en considération de nombreux paramètres comme les impératifs traditionnels de la géopolitique, la compétence intrinsèque, l'expérience, l'intégrité morale et professionnelle, la loyauté mais aussi le souci de fédérer toutes les forces vives, tous les fils et filles de Côte d'Ivoire. C'est donc cette équipe de 36 commandos qui aura la lourde responsabilité d'aider le chef du gouvernement à mettre en œuvre la politique de changement prônée par le président Alassane Ouattara durant sa campagne mais également reconstruire et réconcilier un pays déchiré par une grave crise postélectorale. Pour autant, ce gouvernement de mission qui vient d'être rendu public n'est pas sans soulever quelques interrogations, et non des moindres : l'absence du FPI et le nombre de ses membres etc.
Le FPI persiste et signe
Le débat sur l'entrée ou non du FPI au gouvernement a été ouvert et pourrait-on dire clos à travers des déclarations très claires. Le président Mamadou Koulibaly, président par intérim du Fpi avait exprimé ses réserves au sujet d'une probable entrée de son parti au sein de ce gouvernement avant que de manière très officielle, une réunion des instances du FPI élargie au CNRD ne vienne entériner cette position. A partir de là, on savait plus ou moins que les jeux étaient faits et que l'entrée du FPI au sein de l'équipe gouvernementale était plus improbable que probable.
Mais à la vérité, les choses ne se sont pas passées comme on aurait dû l'imaginer. Car dans sa volonté d'user de toutes les voies et moyens pour traduire en acte les recommandations de l'Union africaine qui, dans le cadre de ses résolutions contraignantes préconisait notamment la mise en place d'un gouvernement d'union en Côte d'Ivoire, la président Alassane OUATTARA a continué de tendre la main au FPI jusqu'à la dernière minute, c'est-à-dire jusqu'à avant-hier mercredi, jour de l'annonce de la formation du gouvernement. Selon nos informations, de manière très formelle, le FPI aurait adressé un courrier au président de la République pour lui notifier officiellement les décisions de son récent Comité central et en particulier son refus de siéger dans l'actuel gouvernement. Dans ledit courrier, si l'on en croit nos sources, le FPI aurait clairement affiché son ambition de jouer son rôle d parti d'opposition et d'apporter sa contribution au processus de réconciliation nationale. Une manière polie de dire que ce gouvernement ne nous intéresse pas tout. Dès lors, le Président de la République n'avait pas d'autres options que de prendre acte de la décision du FPI et d'en tirer les conséquences. Certes pour le président Ouattara, la discussion avec le FPI n'est pas rompue mais il faut avancer.
Gouvernement pléthorique ?
Comment expliquer le nombre apparemment élevé des membres de ce gouvernement ? On est passé de 13 à 36, le bond est spectaculaire, du simple au triple ou presque. Pour certains analystes, cela ne cadrerait pas avec les principes même du locataire actuel du Palais du Plateau. Un économiste rigoureux qui prône l'austérité budgétaire ne peut a priori admettre un gouvernement dont l'effectif peut faire souffrir les caisses de l'Etat. En réalité, plusieurs, raisons militeraient en faveur de cette situation. La première c'est que nonobstant le désistement du FPI, le Chef de l'Etat a voulu tenir le pari de rassembler tous les Ivoiriens dans ce gouvernement d'union nationale. Toutes les grandes régions de Côte d'Ivoire sont représentées. En le faisant, OUATTARA ne fait que s'aligner sur une tradition qui a cours depuis Houphouët Bobigny. Mais de loin, la raison principale qui semble expliquer ce choix c'est qu'en composant avec une équipe extrêmement serrée durant les six premiers mois de sa présidence, le Chef de l'Etat et son Premier ministre ont tiré des leçons. Ils se sont rendu compte que quand les ministres sont trop surchargés avec plusieurs départements à gérer ou à diriger, ils sont moins efficaces que quand ils ont à se concentrer sur des objetifs précis. Il faut aussi souligner que séparer le ministère de la Fonction publique du ministère de l'Emploi peut traduire la vision politique, l'importance que le président de la République accorde à tel ou tel secteur. Lors de sa campagne, Alassane Ouattara a beaucoup parlé du chômage et de l'emploi des jeunes, le ministre de la Fonction publique ayant un travail colossal à abattre dans la restructuration et l'assainissement de la Fonction publique, il a jugé nécessaire de responsabiliser quelqu'un d'autre pour s'occuper des questions liées à l'emploi. Il en va de même pour les Droits de l'homme qui ont été séparés du ministère de la Justice sans doute parce que la question des Droits de l'homme dans un pays qui sort de guerre, mérite une attention toute particulière. Enfin la représentation des femmes. Si les femmes paraissent sous représentées dans ce gouvernement, l'on peut en revanche estimer que cette défaillance semble être comblée par les portefeuilles très importants que Ouattara a décidé de confier aux femmes, ce qui constitue en soi un gage de confiance. L'Education nationale, la Santé publique ou l'Habitat sont aux mains des femmes.

AKWABA Saint Clair
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