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Sport Publié le vendredi 10 juin 2011 | Nord-Sud

Ibrahima Bakayoko (attaquant PAS Ioannina, L2 Grèce) :“J’ai vécu une injustice avec les Eléphants…”

En vacances à Abidjan après une saison aboutie, en Grèce, Ibrahima Bakayoko revient sur ses performances. Malgré le poids de l’âge, il continue d’enfiler les buts comme des perles. Quel est son secret ? Jusqu’à quand compte-t-il jouer ? Il en parle. « Salenko » fait également quelques révélations sur son départ mouvementé de la sélection.


l Quel bilan faites-vous de votre saison 2011 en Grèce ?
Le bilan est positif dans la mesure où mon club est (re)monté en première division. C’est l’œuvre de tous les joueurs. C’était l’objectif principal et je suis très heureux.

l Cette saison en Grèce, vous avez été élu meilleur joueur du championnat de D2. Vous avez surtout inscrit 21 buts (en 29 matches) et avez fini parmi les meilleurs buteurs … Où allez-vous chercher tant de fraîcheur ?
Je rends gloire à Dieu pour ma belle saison. C’est le travail qui paie. Nous avons fait une bonne préparation et je me sens toujours bien physiquement. En plus, j’ai une hygiène de vie qui me permet de m’épanouir sur les stades. Mon objectif personnel était d’inscrire 20 buts et je pense avoir réussi mon pari.

l Comment vous êtes-vous retrouvé dans ce club ?
J’étais déjà avec eux, il y a deux ans. L’équipe avait été reléguée puis est revenue en première division. Mon objectif était de l’aider à être à la place qu’il faut et Dieu merci, les choses se sont bien déroulées. Je remercie au passage mon entraîneur belge qui me fait entièrement confiance.

l Visiblement, le championnat grec vous convient…
es aspects financier et sportif me conviennent. J’aime la Grèce. Et le championnat de ce pays me va bien. J’y prends beaucoup de plaisir.

l Quelles différences faites-vous entre les championnats grec et italien où vous avez évolué durant quelques années ?
(Sourire) En Italie, c’est plus rigoureux et plus physique. Mon passage là-bas m’a fait beaucoup de bien car j’ai pu retrouver ma verve après mon départ d’Osasuna (Espagne). Et de Livourne où j’ai bien bossé avec Donadoni, j’ai, par a suite, signé avec Messina (Italie).

l Qu’est-ce qui fait encore courir Ibrahima Bakayoko sur les stades après une si longue carrière ?
Il faut croire en soi-même. Je reste concentré sur moi-même. Et les critiques me permettent d’avancer. Ma chance, c’est d’être allé très tôt en Europe. Et avec mes performances, plusieurs clubs me réclamaient et continuent de le faire.

l A quand la retraite ?
(Rires) Posez cette question aux clubs. S’ils me veulent toujours, c’est parce qu’ils savent que je suis capable d’apporter quelque chose. C’est pour cela que mon coach belge me demande de continuer. Je suis prêt.

Jusqu’à quel âge comptez-vous jouer ?
Ce n’est pas un programme ! Mon rêve était de connaître cinq grands championnats européens et de me faire connaître. L’objectif est atteint. Avoir la chance de jouer en France, en Angleterre, en Espagne, en Italie… On ne peut pas rêver mieux. Aujourd’hui, je suis en Grèce. C’est un beau pays. Je demande aux gens d’aller le découvrir. Là-bas, les gens sont très accueillants et profitent de la vie.

l Nous insistons. Quand comptez-vous mettre un terme à votre longue carrière ?
C’est mon corps qui répondra. Il me parle. Je sais ce que je suis encore capable de faire.

l Vous avez été capitaine des Eléphants et l’un de ses porte-flambeaux. Depuis 2002, vous avez disparu des radars après plusieurs palabres. Aujourd’hui, quel regard avez-vous sur les Eléphants ?
J’ai vécu une injustice avec les Eléphants et je le dis haut et fort. La nouvelle équipe dirigeante de la FIF, arrivée après le départ de Dieng Ousseynou, a organisé quelque chose pour me chasser de la sélection. Cela, je l’ai pris avec philosophie. Je me dis que la sélection reste une bonne chose mais lorsqu’on ne te fait pas appel, ce n’est pas un drame. La vie continue. Pour moi, l’équipe dirigeante actuelle n’a pas été élue…

l Vous êtes amer…
Oui. A la CAN 2002 au Mali, j’ai senti qu’il n’y avait pas de solidarité autour de l’équipe. Les gens souhaitaient même que l’équipe n’aille pas loin. Cela leur permettrait de diriger la FIF. Et c’est ce qui s’est passé. Malheureusement…

l Avez-vous les preuves de ce que vous avancez ?
Je ne vous raconte pas des balivernes. Ce que je vous dis, je l’ai vécu. Je l’ai senti aussi. Dieng Ousseynou était dans l’obligation de démissionner après la CAN 2002 au Mali. J’ai entendu beaucoup de choses. Beaucoup de personnes ne souhaitaient pas que les Eléphants gagnent sinon elles ne seraient pas là où elles se trouvent.

l Faites-vous allusion au président de la FIF, Jacques Anouma ?
Tout à fait ! Et cela, vous le savez bien. Dieng Ousseynou était pourtant le meilleur ami de Jacques Anouma. Malgré l’inorganisation au Mali, je n’ai pas quitté la sélection.

l En voulez-vous à Jacques
Anou­ma ?
Pas du tout. J’ai toujours mouillé le maillot pour mon pays. Chaque fois qu’on avait besoin de moi, j’étais présent. Mais je regrette la façon dont j’ai été remercié. Je me souviens que je marquais toujours au Stade Houphouet-Boigny avec les Eléphants. J’aurais préféré partir autrement. Ils sont allés au bout de leur logique. C’est la vie… ma carrière continue aussi.

l N’avez-vous pas prêté le flanc ? N’avez-vous pas une part de responsabilité dans cette histoire ?
Par rapport à quoi ?

l Vous avez refusé de répondre à une question lors d’une conférence de presse (Ndlr : Que pensez-vous du brassard donné à Cyril Domoraud ?) …
Cette question m’avait choqué. Elle ne méritait même pas d’être posée. Je n’étais pas le capitaine et je n’avais rien demandé. Quand on a un minimum de respect pour ceux qui se battent pour les Eléphants, il faut savoir les encourager. Pour moi, cette question ne méritait pas d’être posée. Beaucoup de complots avaient été aussi préparés avant que je vienne.

l Quelle est la vérité sur cette affaire de capitanat ?
Il n’y avait pas de problème de capitanat. Guel Tchiressoa était le capitaine et j’étais son second. Après lui, le brassard me revenait mais cela a été confié à Cyril Domoraud sans m’aviser. Je ne l’ai pas apprécié. La moindre des choses aurait été qu’on me prévienne. Après l’élection, je dirais l’AG élective arrangée, Domoraud a été intronisé nouveau capitaine. Dans toutes les équipes, c’est l’entraîneur qui choisit son capitaine, pas la Fédération. Je retiens aussi que Robert Nouzaret a failli.

l Un dernier mot ?
Je souhaite que le football ivoirien revienne au premier plan. Il n’est pas bon que la politique s’invite dans le sport en général et dans le football en particulier. A travers le sport, on a de la joie et du travail. Le sport doit revenir au premier plan en Côte d’Ivoire.


Interview réalisée par Choilio Diomandé
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