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Politique Publié le vendredi 16 septembre 2011 | Soir Info

Affaire « Gbagbo a financé la campagne de Chirac » : Les dessous de la position de Ouattara

© Soir Info
Après la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouet Boigny, le chef de l `état de retour à Abidjan.
Jeudi 15 septembre 2011. Abidjan, aéroport international FHB. Le Président de la République S.E.M Alassane Ouattara est de retour à Abidjan après la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouet Boigny.
Le silence est d’or et la parole est d’argent : voilà comment se résume l’attitude du président de la République, Alassane Ouattara, suite à la sortie fracassante de Robert Bourgi, qui a repris en main le nébuleux réseau de la Françafrique, révélant que Laurent Gbagbo, ancien chef de l’Etat ivoirien (octobre 2000- avril 2011), a puisé environ 2 milliards de Fcfa dans les caisses du trésor public ivoirien, pour financer la campagne de l’ex-président français, Jacques Chirac. Alassane Ouattara n’a ni confirmé, ni infirmé ces allégations de Robert Bourgi, prenant plutôt ses distances vis-à-vis d’elles. Le chef de l’Etat, d’un plateau de télévision à un organe de presse, a marché, comme sur des œufs, se gardant de prendre à son compte, les révélations de cet héritier du réseau Jacques Foccart. A Tf1, où il a été invité, en marge de la cérémonie de remise du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche et la paix, Alassane Ouattara a indiqué que de sa position d’opposant hier, il ne disposait pas d’élément formel pouvant l’amener à dire, si oui ou non, il s’est effectué un tel transfert de fonds au profit de Jacques Chirac. « J’étais opposant. Je n’avais pas accès à ces informations. Je ne sais pas si elles sont vérifiées… Quel dommage pour la Côte d’Ivoire si c’était vrai » a-t-il indiqué. Mais mieux, Alassane Ouattara, qui a longtemps été aux affaires avant de devenir président de la République, émet de sérieux doutes quant à la matérialité des faits évoqués par Robert Bourgi. « Je pense qu’il y a beaucoup de rumeurs, mais je n’ai aucun élément » a-t-il déclaré à Radio France Internationale ( Rfi). Au journal Figaro, Ado a encore joué d’équilibrisme au sujet de cette sombre affaire. « Je suis surpris parce que Laurent Gbagbo disait être un nationaliste soucieux de l’utilisation des deniers publics dans l’intérêt des Ivoiriens. Je note cependant que les chefs d’Etat cités ont tous démenti et que le président Chirac et M. Devillepin vont porter plainte. C’est une affaire qui ne me concerne pas », a dit Ado. Alors qu’on a pensé, à juste raison d’ailleurs, vu l’enjeu politique, juridique et l’environnement dans laquelle ces révélations interviennent, que le chef de l’Etat allait se saisir des déclarations du « porteur des valises de l’Elysée » pour dresser, sur la tête de Laurent Gbagbo, « une couronne d’épines ». L’on a cru qu’il allait tirer des dividendes politiques en annonçant, par exemple, la saisine de la justice ivoirienne pour l’ouverture d’une enquête, de sorte à sceller, une fois pour toutes, le sort de Gbagbo face à la justice ivoirienne, qui l’a inculpé pour « crimes économiques ». Mais, Alassane Ouattara a plutôt opté pour la circonspection, face à ces révélations plus ou moins « ésotériques » de celui qu’on présente comme un obscur avocat franco-libanais. Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette attitude du chef de l’Etat ? D’abord, elle peut s’expliquer par le fait qu’il n’accorde aucun crédit à ces allégations qui sentent, à plein nez, la manipulation politique visant à nuire à un candidat déclaré à l’élection présidentielle en France, en l’occurrence ici, Dominique Devillepin. Ouattara ne veut donc pas se mêler des affaires franco-françaises qui donnent « une image peu respectable de la France». Ensuite, l’on peut voir derrière les déclarations du président de la République, une volonté de ne pas se brouiller avec ses amis légendaires français. Alassane Ouattara, dont le parti le Rassemblement des républicains ( Rdr) est d’obédience libérale, on le sait, a des liens politiques et même économiques très forts avec la Droite française. Il ne veut donc pas peser, de quelque manière que se soit, sur la course à la présidentielle en France pour ne pas affaiblir ses « alliés » politiques de l’Ump ( Union pour la majorité présidentielle) au pouvoir en France.

Armand B. DEPEYLA
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