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Coulisses Publié le mardi 27 septembre 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Et si c’était une erreur du FPI ...

La nouvelle court depuis quelques jours. Le Front Populaire Ivoirien (Fpi), le parti créé par Laurent Gbagbo ne participera pas aux prochaines élections législatives prévues avant la fin de l’année. Du moins si certaines de ses conditions ne sont pas satisfaites. Entre autres, la libération de son leader Laurent Gbagbo, le rééquilibrage de la Commission électorale indépendante, le retour des exilés. Aspirations légitimes pourrait-on dire si l’on examine de façon minutieuse les revendications du désormais parti de l’opposition. L’élection législative est une élection avant tout politique. Et le Fpi qui n’est plus aux affaires ne veut certainement pas prendre le risque de donner raison à ses détracteurs qui estiment qu’il est minoritaire en allant à ces élections aux conditions du pouvoir en place. Cette position est sans doute politiquement décente. Mais en même temps, les revendications quelque peu maximalistes des frontistes contiennent en elles-mêmes les risques de l’affaiblissement du parti officiellement né en 1990. Comparaison n’est pas raison. Mais si cela était à refaire, au Rdr on réfléchirait par deux fois. Alassane Ouattara, le président de cette formation politique aujourd’hui président de la République en sait quelque chose de sorte qu’il s’est érigé en conseiller des instances dirigeantes du Fpi à son retour des Etats-Unis dimanche. ‘’Je pense que nos frères et sœurs du FPI doivent comprendre qu’ils ne doivent pas commettre la même erreur que le RDR en 2000. Il faut absolument participer à ces élections législatives. Je le souhaite pour ma part’’, avait répondu le Chef de l’Etat à une question relative au boycott des législatives par le Fpi. Ce conseil d’Alassane Ouattara revêt, à l’analyse, une dimension politique dans la mesure où la participation du Fpi à ces élections lui profite davantage. Mais au-delà des interprétations, le Fpi devrait prendre en compte cette observation de l’un de ses adversaires politiques. Qui, mieux que Ouattara, est bien placé pour appréhender les conséquences d’un boycott des législatives, des élections hautement politiques. L’on se souvient que, prétextant du rejet de la candidature de son mentor, le Rdr avait refusé de participer aux législatives de 2000. Et elles avaient eu lieu sans le Rdr. La législature qui en est sortie n’a souffert d’aucune crise de légitimité et elle a été reconnue par toutes les instances internationales malgré tout le lobbying du Rdr et de son patron Alassane Ouattara. Le Fpi, le Pdci, l’Udpci, le Mfa, l’Udcy, le Pit et des indépendants y ont siégé. En somme le Rdr avait été mal inspiré. Même quand survint la crise de 2002 et son corollaire d’accords, le Rdr n’a eu son salut que par le soutien du Pdci et de quelques députés indépendants pour arracher le vote de certaines lois favorables à Ouattara. Une situation qui a même occasionné des chamboulements au sein des groupes parlementaires proches de l’opposition. Nombreux sont ceux qui ont été débauchés par le pouvoir Fpi en place qui contrôlait l’essentiel de l’appareil de fonctionnement de l’Etat. C’était le côté face de la médaille. Aujourd’hui c’est le côté pile. Le Rdr est au pouvoir et contrôle tout ou presque avec ses alliés. La donne a changé et Laurent Gbagbo est en prison. Quel combat peut mener et gagner le Fpi, esseulé qu’il est, s’il ne participe pas aux législatives ? C’est à l’Assemblée nationale que se prennent les lois les plus importantes dans la gestion des affaires de l’Etat. Que peut faire le Fpi si certaines lois venaient à passer demain au parlement comme une lettre à la poste ? Guillaume Soro a dit que quand on a le pouvoir, il faut le consolider. Que pourrait le Fpi demain si une loi modifiait drastiquement et sociologiquement le collège électoral ? Ce serait sa mort à jamais. Ses adversaires pourront allègrement célébrer son requiem. C’est pourquoi le Fpi devrait se mobiliser plus que jamais pour être présent à l’hémicycle. Il pourra y exercer les pressions nécessaires pour obtenir, pourquoi pas, la libération de son leader historique et des autres prisonniers. Il a toutes ses chances avec ses bastions imprenables : Adzopé, Alépé, Gagnoa, Issia, Guiglo et certains quartiers d’Abidjan. Le Fpi peut-il accepter de voir ces bastions basculer chez son adversaire ? C’est à lui de tirer les leçons et d’analyser les résultats des futures concertations avec le Président de la République.

S. Débailly
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