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Art et Culture Publié le lundi 10 octobre 2011 | L’intelligent d’Abidjan

Interview / Patrick Asso (créateur de mode ivoirien) : “L’homosexualité existe partout, pas seulement dans le milieu de la mode”

Créateur de mode ivoirien, son histoire ressemble à celle d'un conte de fées. Mais en lieu et place de princesse, le héros cette fois-ci est un prince, futur roi de la mode africaine. Invité à représenter la Côte d’Ivoire à un défilé de Haute-Couture à Washington DC et devant un public VIP, nous avons rencontré ce jeune prodige ivoirien, vainqueur du concours Afric Collection 2009, qui combine déjà assurance, fougue et talent. Rencontre.
Qui est Patrick Asso?
Je dirai tout simplement que Patrick Asso est un créateur de mode ivoirien. Je suis dans la mode depuis officieusement 10 ans et officiellement 7 ans. Patrick Asso a à son actif pas mal de défilés, le dernier est celui auquel j’ai été convié ici à Washington DC. Bien avant cela, j’ai eu l’occasion de faire pas mal de podiums africains, mais aussi au Canada et là, c’est mon premier défilé aux Etats-Unis. Patrick Asso est jeune, il se bat comme il peut et par la grâce de Dieu, le public aime ce que fait Patrick Asso.

Patrick Asso est un diplômé en sociologie, pourquoi la couture?
Je pars du principe que dans la vie on fait ce qu’on aime véritablement. Depuis ma tendre enfance, j’étais fasciné par tout ce qui a trait au beau et après le Baccalauréat, je devais poursuivre mes études à Paris, mais j’hésitais entre continuer les études ou faire ce que j’aimais vraiment qui est la couture. J’ai opéré mon choix à l’époque et c’est comme ça que je me suis retrouvé sur la fac, en sociologie. Une fois là-bas, je vois que la couture me rattrape, parce que pendant que mes amis étudiaient, moi je faisais des croquis où je montais des robes à la maison. J’ai finalement décidé de faire ce que j’aime véritablement, c’est-à-dire la couture. Je me suis dit aussi qu’étant donné que j’ai abandonné les études alors je me devais d’arriver au summum de mon art. Donc du coup, j’ai bataillé, j’ai travaillé énormément et entre le doute et la confiance, je me suis battu pour être là où je suis aujourd’hui.

Patrick Asso n’est-il pas trop jeune dans le milieu de la mode, puisque cela fait officiellement 7 ans qu’il y est ?
Je dirai tout simplement « qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années » et moi je pense bien que mon parcours confirme cet adage. Le fait de participer aux grands podiums est pour moi la confirmation du travail bien fait. La visibilité de Patrick Asso est certaine, d’autant plus qu’au niveau d’Abidjan, lorsqu’on parle de créateurs de mode ivoiriens, je suis cité. Je crois pouvoir sortir ma tête du lot et je le fais bien.

La mode africaine reste un mystère pour l’Occident, quelle contribution comptez-vous apporter à la mode africaine, afin qu’elle soit reconnue universellement ?
J’ai eu l’occasion de prendre conseils auprès de mes aînés créateurs en Afrique, notamment Alpha Di, à qui j’ai fait part de mes sentiments de ne pas rester comme mes devanciers à seulement conquérir les podiums d’Afrique. Moi, ce n’est pas ce à quoi j’aspire, j’aspire à être connu au niveau de l’Europe, de l’Amérique, du monde.

La mode occidentale est très accessible et connue de tous, mais l’Afrique reste sous-représentée…
On ne peut pas refaire le monde, comme on dit, le fait est que les créateurs américains, européens ou asiatiques ont des maisons de communication et aussi des financiers qui, lorsqu’ils croient au créateur, décident de le propulser mondialement et de par leur canal et contacts, le créateur est mis en lumière. Et c’est cela mon objectif, contacter ces maisons de communication, ces magazines “people”, afin de m’octroyer, ne serait-ce qu’une page de leurs revues, afin d’exposer mes créations et je crois que cela serait déjà un très grand pas pour la mode africaine.

A quand un créateur africain à des shows comme la ‘’New York Fashion Week” ?
C’est pour très bientôt... (Sourire)

Pourquoi la mode africaine est encore dans son cocon ?
Une chose est sûre, qui dit mode africaine, dit mode d’été, parce que vous savez en Afrique, on n’a pas les saisons telles qu’on les connaît en Occident. Ce qui veut dire que lorsqu’un créateur de mode africain arrive au niveau de l’Europe ou des Amériques, il faudrait qu’il s’actualise. En ce sens que là, très bientôt, ce sera l’hiver, donc si d’aventure Patrick Asso est présent, il sera opportun que Patrick Asso offre au consommateur américain des vêtements typiques à la saison.

Très souvent, le reproche fait aux créateurs africains se situe au niveau du matériel de travail. Avec quel genre de matériel travaillez-vous ?
Je travaille avec du tout, que ce soit le pagne, de l’organza...Vu le fait qu’on peut considérer le matériel africain comme étant lourd, par exemple en été, on ne confectionnera pas un vêtement avec ce matériel, mais on fera plutôt un vêtement avec des soupçons de ce matériel. On sortira du schéma africain de camisoles pour offrir à la clientèle des vêtements plus urbains. Le créateur africain aujourd’hui doit s’adapter à la demande mondiale, puisqu’on parle de globalisation, donc offrir une diversité à cette clientèle qui est tout aussi diverse.

A quand cette adaptation? A quand pourra-t-on entendre que ça c’est du Asso en lieu et place du Vuitton par exemple ?
Je dirai tout simplement bientôt. Il faut croire en ses rêves et un jour les réaliser. Mes rêves à moi, je suis en train de les réaliser, et je pense que ce sera pour très bientôt. Moi, je dis que tout dépendra de la chance qu’on aura à s’installer, et tout dépendra des opportunités qu’on aura. Quant à votre question : « est-ce que les créateurs africains peuvent s’adapter ? », je réponds oui. Par exemple, là où il y a un vêtement en fourrure, on peut toujours y attacher notre identité, avec le pagne ou les autres matériaux bien à nous.

Quels conseils donnez-vous aux Africains qui ne voient pas la couture comme un métier noble, ou qui voient le milieu de la mode comme un monde pour dépravés ?
Je dirai tout simplement que chacun naît avec son don, donc plus que jamais, il faudrait que les parents encouragent leurs enfants, parce que mettre les enfants sur des chemins qui leur sont imposés, c’est à la limite, pousser leurs enfants à l’échec. Lorsqu’un enfant décide d’emprunter une certaine voie, il donne le meilleur de lui-même pour pouvoir y arriver. Mais à côté de cela, je souhaiterais que ces jeunes-là aient un bagage intellectuel, il faudrait qu’ils partent à l’école. Si tu n’as pas de bagage intellectuel ou un vocabulaire, tu n’arriveras pas à te vendre véritablement, parce qu’il n’y a pas meilleur vendeur que soi-même.

Que dites-vous de la dépravation, de l’homosexualité ?
C’est vrai que notre monde est taxé de monde de déviation sexuelle, etc. Mais, j’aimerais dire que cela existe dans toutes les couches de la société. L’homosexualité existe partout. Le problème est que les créateurs de mode que nous sommes avons pour clientèle la gent féminine pour la plupart, donc que tu le veuilles ou non, le fait de travailler avec ces femmes déteint progressivement sur ta personnalité, mais ne fait pas de toi un homosexuel pour autant. Moi, je pense que l’idée que ces parents ont, n’est pas forcément vraie. Il faudrait être véritablement dans ce métier pour savoir.

Votre mot de fin ?
Je tiens à dire à la population américaine, à travers votre canal, que Patrick Asso sera bientôt ici à New York. Le 23, il y aura un événement “Chaleur d’Afrique” qui se passera ici, donc je serai présent. J’ai un site web qui est www.patrick-asso.com et aussi une page facebook (Patrick Asso). Toutes mes informations et contacts sont sur mon site web pour ceux et celles qui souhaiteraient me contacter. Patrick Asso s’installera aux Etats-Unis, c’est quelque chose auquel je pense et je crois qu’au moment opportun, vous aurez les résultats. Merci.
Source : Lebanco.net
Réalisée par Lexyne A.
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