x Télécharger l'application mobile Abidjan.net Abidjan.net partout avec vous
Télécharger l'application
INSTALLER
PUBLICITÉ

Économie Publié le vendredi 9 décembre 2011 | Nord-Sud

Secteur privé: Le plan de sauvetage est en marche !

Les architectes économiques sont au laboratoire pour dessiner la Côte d’Ivoire de demain. Par un véritable plan de redressement.
Usines endommagées, fournisseurs bloqués, logistique perturbée, les entreprises locales accumulent les problèmes à cause de la crise postélectorale qui a dévasté tous les ressorts économiques, faisant perdre au moins 40.000 emplois. Le secteur agricole, clé des exportations ivoiriennes, est particulièrement touché. Obligées de s’adapter à cette situation presque imprévue, de nombreuses firmes ont dû reporter leurs investissements (hors résidentiel), d’après les statistiques révisées par la Chambre de commerce et d’industrie, alors que les données initiales faisaient état d’une légère augmentation. Une catastrophe. Mais, le nouveau gouvernement qui s’active à la reconstruction du pays, veut surtout faire oublier «la traite Gbagbo», férocement critiquée pour sa gestion erratique, voire maladroite. Plusieurs idées circulent, comme la construction de zones économiques spéciales, avec des législations assouplies et des régimes fiscaux allégés. Pendant ce temps, sur place, le déblayage a commencé et les autorités espèrent qu’il sera terminé dans de brefs délais. Les leviers d’intervention de l’Etat dans l’économie se mettent en place. Les infrastructures se reconstruisent à travers des travaux d’urgence et la vie se réorganise. En effet, passés les premiers mois où le quotidien de toutes les populations touchées se caractérisait par des pénuries diverses, les réseaux d’approvisionnement se sont mis en branle.

Course contre la montre

Selon le directeur des opérations de la Banque mondiale basée à Abidjan, les importants travaux menés en ce moment permettent d’accélérer la reprise économique. Convaincues que seuls les investissements publics peuvent redonner de l’énergie à l’économie, les autorités élèvent leurs dépenses pour accélérer les travaux de reconstruction. Les spécialistes tablent sur une croissance de 8,5 % en 2012. Une résurrection. «Le produit intérieur brut devrait augmenter dans des proportions importantes », estime le ministre de l’Economie et des finances, Charles Diby Koffi. Sur le plan institutionnel, l’Etat harmonise son système juridique. Les entreprises se sont souvent offusquées de l’absence de tribunaux de commerce. L’architecture de cette instance est déjà en préparation. Dopées par ce soutien et promptes à vite se réorganiser, les entreprises passent la vitesse supérieure. Les agriculteurs font l’objet de mesures permettant de retrouver un niveau de production satisfaisant. Le mouvement se poursuit par une croissance sans précédent de la productivité au niveau du cacao à 1,5 million de tonnes. «Nous savons que la multiplication des tracteurs comme des machines agricoles s’accompagne du progrès des rendements par l’utilisation massive de fertilisants à base d’azote, de potasse ou de phosphates, le recours à la chimie avec les désherbants sélectifs, la diffusion de semences hybrides ou la sélection rigoureuse du bétail », explique un chercheur du Centre national de recherche agronomique (Cnra). Les attelages de bœufs devraient disparaître des campagnes. Selon le directeur général du Cnra, Tiémoko Yo, des études sont en cours pour étendre les zones de production de certaines spéculations forestières notamment l’hévéa, dans le septentrion. Moteur de la croissance, l’industrie intègre aussi un nombre croissant d’actifs en abordant une part fortement majoritaire des investissements. Selon le ministre de l’Industrie, Moussa Dosso, le secteur industriel est également engagé dans une course contre le temps. «Nous avons besoin d’avoir un tissu industriel fort. Le nouveau code des investissements devrait tenir compte de toutes les exigences», soutient M. Dosso. Rendues optimistes par la croissance rapide, les entreprises investissent massivement. Elles se transforment pour faire face aux nouvelles exigences des progrès technologiques et de la concurrence. Les innovations techniques se mettent au service de la croissance, elles permettent d’améliorer la recherche et la production. Ces innovations se traduisent par une forte augmentation de la productivité. Elles font évoluer la pratique de nombreux métier et entraînent une évolution de la population active de l’ensemble des activités. Mais, la reprise pourrait être entravée par le ralentissement économique mondial et la consommation mitigée des ménages », prévient-il.

La nécessaire synergie

Mais le secteur privé a son idée. En effet, explique François Varan, chef de la division stratégies du cabinet «Celtics», les entreprises envisagent de regrouper les moyens de production, pour optimiser les facteurs et accroître la taille des entreprises, afin d’assurer le contrôle d’une part grandissante du marché. Il s’agit d’un double souci d’économies d’échelle et de compression des dépenses de plus en plus lourdes de recherche, de développement des techniques d’avant-garde, d’investissements de plus en plus massifs, de commercialisation et de publicité. «L’Etat oriente de plus en plus les choix économiques et sociaux. Les entreprises, elles, améliorent leur efficacité, mais ce sont surtout les hommes qui stimulent la croissance », fait-il admettre. Le secteur privé ivoirien, à l’initiative de la Confédération Générale des Entreprises de Côte d’Ivoire (Cegeci), a initié des réflexions et des actions visant à promouvoir son développement, à travers la définition et la mise en œuvre d’une vision prospective accompagnée d’une stratégie pour la croissance et le développement à l’horizon 2040. «Côte d’Ivoire 2040 : Le défi du meilleur : plan stratégique de développement de la Côte d’Ivoire-vision par et pour le secteur privé» en constitue le corpus. Ils ont adopté un plan stratégique qui doit être adoubé par l’Etat.
En témoigne l’empressement du président Alassane Ouattara à se faire remettre les conclusions du conclave. Selon le président de la confédération, Jean Kacou Diagou, les experts se sont projetés dans le futur et ont proposé des chemins à emprunter. «Nous sortons d’une crise profonde. Nous devons saisir l’occasion de penser nous-mêmes, de conduire de manière volontaire notre avenir. La balle est dans notre camp à tous », dit Diagou. Pour lui, il s’agit, avant tout, d’améliorer l’environnement des affaires, de mettre en œuvre une vraie politique industrielle, d’élaborer un Programme national de restructuration et de mise à niveau, et de créer un Fonds national d’appui à l’industrialisation. Mais dans le contexte actuel, affirme Fareed Jaunbocus, expert-économiste mauricien, il faut absolument tenir compte du contexte de la mondialisation qui offre une plus grande libéralisation et une meilleure ouverture économique. Celle-ci se manifeste par l’éli­mination des barrières qui empêchent le libre mouvement des commodités et des capitaux à travers les frontières nationales et l’implantation des unités de production dans n’importe quelle partie du monde. Selon M. Jaunbocus, cela nécessite un certain nombre de réformes. Entre autres, la bonne gouvernance, l’environnement des affaires, la création d’un fonds de garantie pour les petites et moyennes entreprises, le remboursement dans les meilleurs délais de la dette intérieure, la formation, l’assouplissement du système bancaire, les télécommunications, le transport, etc. Autant de ficelles qui devraient permettre de construire la Côte d’Ivoire de progrès.
Lanciné Bakayoko
PUBLICITÉ
PUBLICITÉ

Playlist Économie

Toutes les vidéos Économie à ne pas rater, spécialement sélectionnées pour vous

PUBLICITÉ