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Sport Publié le jeudi 16 février 2012 | L’intelligent d’Abidjan

Entretien / Robert Nouzaret revient à la charge : ‘’Voici ce qui a coulé les Eléphants de Côte d’Ivoire’’

La CAN, c’est fini ! Entre les éliminations des favoris, le parcours incroyable de la Zambie et l’homogénéisation du football africain, la compétition n’a pas manqué de nous surprendre. Petit bilan de l’édition 2012 avec Robert Nouzaret.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose de cette CAN, ce serait quoi ?

Le grand mérite d’Hervé Renard ! Ici, en Europe, dans le public et les médias, il était totalement inconnu mais il avait déjà l’estime de ses confrères. Il a démontré ses qualités sur tous les plans. Il a gagné la CAN avec une équipe quasi exclusivement composée de locaux et ça, ce n’est pas rien. On peut également saluer l’organisation qui a limité au maximum les débordements. En 2012, on a parlé que football et c’est tant mieux.


La compétition a été marquée par la sortie dès le premier tour de favoris comme le Sénégal et le Maroc et la qualification d’équipes surprises comme le Soudan. Une explication ?

Il y a de moins en moins d’écart entre les sélections africaines. Franchement, à part le Niger qui, il faut le dire, était en dessous, tout le monde avait une chance d’aller en quart. Les raisons sont simples : le football est devenu un enjeu politique important. Les fédérations ont compris qu’il fallait travailler, se professionnaliser, privilégier la formation, engager de bons techniciens... Tout ça n’est pas le fruit du hasard. D’ailleurs on peut saluer le bon travail des entraîneurs français (Courbis, Dussuyer, Giresse, Renard, NDLR) ou qui ont fait leur classe en France (Zahoui).


La patte "made in France", ça apporte quoi ?

Ils ont amené leur rigueur, leur sens tactique à des domaines où les Africains pêchent encore beaucoup. La beauté du geste, ça ne suffit plus. Regardez le dernier vainqueur de la CAN, c’est l’Égypte : pas beaucoup de stars européennes, un bloc défensif compact et très bien organisé. Les joueurs jouent tous dans le même championnat et se connaissent bien. Ça donne de l’avance, surtout quand on sait la difficulté de gérer une sélection.


C’est-à-dire ?

Souvent le temps manque. On n’est pas dans un club où on peut façonner une équipe. On arrive souvent; on a un challenge à moyen ou court terme. La plupart des joueurs évoluent en Europe et sont difficiles à superviser. La cohésion est plus difficile à trouver. C’est un peu ce qui s’est passé avec la Côte d’Ivoire d’une certaine manière.


Justement, les Éléphants au même titre que d’autres favoris, avaient les moyens techniques de produire un football de meilleure qualité que ce qu’on a vu non ?

Pour les grosses écuries comme la Côte d’Ivoire ou le Ghana, c’est de plus en plus difficile de pratiquer le football spectacle dont vous rêvez. Ce qui prime, désormais, c’est la culture du résultat. Il y a peut-être trente ans, on pouvait voir des gestes techniques qu’on ne voyait pas en Europe, mais ce temps-là est fini. C’est bien simple, les meilleurs joueurs, ils vont où ? Ils vont en Europe où ils apprennent un football différent. Ils le digèrent, s’y adaptent et finissent par l’adopter. C’est aussi ça la mondialisation, le football s’uniformise.


En parlant d’uniformisation, les pays hôtes en quart, c’est une surprise ?

Pour le Gabon non. Si on suit un peu le football africain, on sait que cette équipe recèle de nombreux talents. Pour la Guinée Equatoriale, les choses sont différentes. Le président a monté une équipe de toute pièce pour que son pays ne soit pas ridicule dans la compétition. Ça va un peu à l’encontre de l’esprit du football, et c’est peut-être pour ça qu’Henri Michel est parti. Il préférait s’appuyer sur des joueurs locaux et quelques professionnels, il préférait un travail dans la continuité. Là, c’est une équipe montée à coups de dollars et de naturalisations.


On évoque de grosses primes pour attirer les joueurs...

Oui mais ça c’est normal. On ne peut pas reprocher ça, d’autant que pour ceux qui jouent en Afrique, ça représente une grosse somme (les joueurs zambiens ont touché une prime de 59 000$ de la part du gouvernement, NDLR). Pour les "Européens", c’est un peu différent mais c’est ça la tradition désormais.


Pour conclure, il va y avoir une nouvelle CAN dans un an, avec une nouvelle formule. Ça va changer quoi ?

Les pays qui ont négligé leur préparation ou se sont surestimés, sont prévenus. On devrait sans doute avoir moins de surprises avec le retour du Cameroun, de l’Algérie, de l’Égypte. Du moins si ces pays savent tirer les leçons de leurs échecs. Pareil pour le Maroc et le Sénégal. Et puis ça va moins pénaliser les grosses équipes africaines, qui devaient enchaîner une coupe du monde avec une CAN, c’était démentiel comme calendrier.

Source : Afrik-Foot
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