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Politique Publié le mercredi 22 février 2012 | L’expression

Libération des pro-Gbagbo, dégels des avoirs, retour des exilés : Des barons du Fpi complotent contre Simone, Affi et …

© L’expression Par FN
Activités du President de la Commission dialogue, vérité et réconciliation : Charles Konan Banny reçoit Miaka Ouréto et la direction intérimaire du Front populaire ivoirien (Fpi)
Lundi 25 juillet 2011. Abidjan. Siège de la Commission dialogue, vérité et réconciliation(CDVR)
La refondation mange ses enfants, peut-on dire. Des barons du Fpi sont en train d’œuvrer au maintien de leurs camarades dans les liens de la détention, dans le souci d’écarter l’ancienne direction du parti bleu.

Le 11 avril 2011, quand tout a basculé dans le camp du Fpi, tous ceux qui ont vite fait de croire à la solidarité des socialistes doivent déchanter. Malgré leur descente aux enfers et la difficile traversée du désert, les frontistes continuent de se faire des crocs-en-jambe. Les informations qui circulent actuellement dans le sillage des frontistes ne sont guère reluisantes pour l’avenir du parti. De fait, ceux qui ne sont pas derrière les barreaux nourrissent des ambitions secrètes de voir leurs camarades durer un peu dans les geôles de Bouna, Boundiali, Odienné ou Katiola pour prendre le contrôle du parti et en tirer profit. « C’est notre tour, ceux-là (ndlr : les prisonniers et certains exilés), ils ont trop mangé. D’ailleurs, ils n’ont passé leur temps qu’à manger seul », confie un cadre Fpi interrogé sur le peu d’engouement à la direction intérimaire du Fpi pour faire libérer leurs camarades. Quand Laurent Gbagbo, sa femme Simone, le président de son parti, Affi N’Guessan, son fils Michel et plusieurs membres de son dernier gouvernement ont été incarcérés au Nord du pays, la force de l’union sacrée était encore perceptible chez les refondateurs. De cette période à ce jour, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Nombre des cadres libres, qui tiennent les rênes du parti bleu, ont désormais nourri l’ambition de se maintenir à la tête du Fpi. Du coup, la libération, ne serait-ce que provisoire de Simone et de son époux, du président du Fpi, Affi N’Guessan, de Sokoury Bohui, de Michel Gbagbo et le retour des exilés du Ghana, est désormais rangée au second plan. L’élargissement d’Affi et autres détenus signifierait nécessairement une redistribution des cartes. « Ceux qui dirigent actuellement le Fpi sont dehors et libres de tout mouvement parce qu’ils n’ont pas de coffre aux yeux du pouvoir Ouattara », a révélé un cadre de ce parti sous le couvert de l’anonymat. A l’inverse, Miaka Oureto fait des pieds et des mains pour se positionner. « Je ne veux plus jamais que quelqu’un m’appelle président intérimaire. Je suis le président du Fpi. Point et c’est tout », aurait déclaré Miaka Oureto depuis Paris, lors d’une rencontre avec des femmes de Soubré résidant en France, il y a cinq jours. Le président Miaka ne s’arrête pas à cette mise en garde. Face à « ses sœurs » de France, il révélera la mauvaise gestion des fonds du parti par son précédent. « Affi N’Guessan a mal géré l’argent du Fpi. Il a détourné tout cet argent à son profit », aurait-il soutenu. Electrisé par son entretien de 3H à La Haye avec l’ex-président, Laurent Gbagbo, Miaka Oureto a décidé de « mettre de l’ordre dans le Fpi ». Ainsi, depuis Paris, le ‘’président du Fpi’’ ne rate aucune occasion pour aller en guerre contre les Koné Katinan, Koffi Koffi Lazare et autres. Ces derniers n’ont pas manqué de relayer, par téléphone, leur plainte au prisonnier de La Haye. Apparemment, la plainte semble avoir attendri le cœur du Laurent Gbagbo qui, semble-t-il, a refusé que le nom du président du conseil général de Soubré soit inscrit sur la liste de ses visiteurs. Le secrétaire général par intérim, Akoun Laurent, n’apprécierait pas lui non plus le vocable ‘‘intérim’’. « Les dirigeants intérimaires du Fpi veulent résolument effacer les traces de tous ceux qui sont dans les prisons du Nord et en exil. Leur objectif est de mettre un terme au pouvoir d’Affi et de Simone au niveau des instances du parti. Ils sont désormais dans une logique de récupération du parti. La seule chose qui les bloque, ce sont les fédéraux qui sont difficilement manipulables», confie un pro-Gbagbo qui se présente comme un anti-Miaka.

Le plan secret des intérimaires

Dans cette logique de confiscation du parti, le clan Miaka n’entend pas reculer. Akoun Laurent, Dano Djédjé, Amani N’Guessan, Guehoun Augustin et autres ont trouvé une occasion de se hisser à la tête des frontistes. Leur premier plan, faire taire les frondeurs du Ghana, réunis en une coordination, qui refusent toute idée d’écarter l’ancienne direction dirigée par Simone et Affi des grandes décisions du parti. Désormais, c’est une guerre larvée entre deux clans diamétralement opposés. Le clan de ceux qui tiennent toujours à l’ancienne direction et celui de ceux qui ambitionnent de se passer de cette vieille garde. Pour ce second groupe, le Fpi peut bien poursuivre son chemin vers l’accession au pouvoir d’Etat, sans ces têtes fortes. Il faut tourner la page et aller de l’avant, soutiennent-ils. Et ils ne manquent pas d’occasion pour le manifester. « Les nouveaux dirigeants du Fpi savent très bien que leur démarche auprès du pouvoir en place est gauche. Tout démontre chez eux qu’ils ne veulent pas du dégel des avoirs de certaines personnes qu’ils ne sont pas sûrs de contrôler. C’est pourquoi, leurs rares sorties sur ces questions ne font qu’endurcir le cœur des tenants du pouvoir. Les Gervais Coulibaly et autres sont au contraire en train de faire du bon boulot. Ce qu’ils sont en train de faire, dans cette initiative de dialogue avec le pouvoir Ouattara a déjà permis la libération de certains cadres et le dégel des avoirs de 50 des nôtres », a soutenu un modéré qui dit n’appartenir à aucun clan. Pour ce dernier, cette logique de guerre ouverte contre le pouvoir Ouattara, dans laquelle s’inscrivent les dirigeants intérimaires, est un simple calcul de leur part pour allonger la sentence des prisonniers du Nord et prendre le contrôle du parti.

Sam-Wakouboué
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