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Politique Publié le mardi 6 mars 2012 | Le Mandat

Interview-vérité-Attaques contre Mabri, manœuvres du Rdr à l’Ouest/ Dély Mamadou (Député de Biankouma) explose : "Si le Rdr veut qu’on descende dans la poubelle…’’

Dély Mamadou, indécrottable militant de l’Udpci et nouveau député de Biankouma, n’a pas sa langue dans la poche. En voici une autre illustration à travers cette interview crue où il tance les détracteurs d’Albert Toikeusse Mabri, le leader de son parti.

M. Dély Mamadou, on peut l’affirmer, vous êtes définitivement le député de Biankouma après les partielles…
Oui, effectivement ! Mais, avant tout propos, je voudrais exprimer ma profonde reconnaissance et mes vifs remerciements au président Albert Toikeusse Mabri qui, dans la sérénité, a rassuré tout le monde et a aidé à organiser la campagne. Il nous a demandé d’aller porter la nouvelle de la reprise de l’élection à Biankouma parce que les populations étaient révoltées par l’annulation. Tous les cadres, Udpci ou pas, politiciens ou pas, se sont mobilisés avec leurs propres moyens pour nous soutenir. Je voudrais leur dire que je suis leur fils et je le resterai toujours. Je serai à leur écoute et je frapperai à toutes les portes pour essayer de leur apporter un minimum de soulagement. Le président Mabri m’envoie vers eux pour être ensuite leur envoyé vers l’Etat et vice-versa. Il faut dire que, à l’image du président du parti, nous étions sereins. En fait, ce qui a choqué, c’est qu’il n’y avait rien à prouver le 11 décembre; l’élection était transparente et on a gagné clairement. Nous demander de reprendre était comme trouver un os dans le foie. Les poursuivants directs (2e et 3e) avaient déjà accepté et consommé leur défaite. C’est le quatrième et donc avant-dernier, qui a introduit une requête et le Conseil constitutionnel l’a suivi au lieu de se pencher sur Man où il y avait effectivement de sérieux problèmes.

Mais, les mêmes qui avaient déjà reconnu leur défaite sont revenus dans la course
Oui, c’est cela aussi l’hypocrisie! En réalité, ils croyaient au miracle. Hélas, mille fois hélas pour eux ! Les populations se sont mobilisées comme un seul homme et, cette fois, nous avons gagné avec un score plus élevé qu’au premier tour. Pour cela, nous leur sommes très reconnaissants. C’est un combat qui n’avait rien à voir avec la transparence des élections, il était d’une autre nature. Je voudrais dire à ceux qui sont derrière ce combat que nous le mènerons, car nous sommes déjà prêts et nous serons toujours prêts.

A 36 ans, vous êtes député. Comment entrevoyez-vous votre travail à l’Assemblée nationale ?
Il faut dire que moi, je n’aurais pas ma langue dans la poche. Il y a beaucoup de choses que nous allons essayer d’apporter dans la mesure des possibilités que la loi nous accorde. Nous dénoncerons beaucoup de choses. C’est vrai, je suis d’une coalition, le Rhdp, qui est au pouvoir mais, attention, dans cette majorité que nous constituons avec le Pdci, le Rdr et le Mfa, nous devons faire des autocritiques quand c’est nécessaire, pour permettre au président Ouattara que nous avons porté au pouvoir de donner satisfaction au peuple dont nous sommes l’émanation. On n’est plus au temps du parti unique pour avoir une pensée unique. On ne va pas donner un blanc-seing à tout ce qui va se passer là-bas, ce ne sera pas du béni oui, oui. Je le dis et je le redis, s’il y a des choses qui ne fonctionnent pas bien, nous allons réagir.

Est-ce que Dély Mamadou ne va pas tomber dans le jeu des députés qui font des promesses tout en sachant qu’ils n’ont pas de budget ?
Vous pouvez vous rendre à Biankouma pour enquêter auprès des populations. Mon adversaire, qui croyait que les populations étaient encore au stade de 1970, a fait des promesses de développement sur la base de sa qualification professionnelle et de son entreprise. Les populations lui ont demandé où se situera son bureau de développement du département. Les parents lui ont posé plusieurs questions auxquelles il n’a pas pu répondre. Les populations savent désormais que ce sont les mairies, les conseils généraux, les conseils régionaux, en somme, les collectivités locales, qui sont en charge du développement local. Elles lui ont rappelé le rôle essentiel du député qui est le vote des lois pour tout le pays. Cela démontre qu’on ne doit plus ruser avec les populations. Quand tu fais des fausses promesses, ça te revient toujours au visage par un effet de boomerang. Moi, je suis trop jeune pour mentir. Je n’ai rien promis aux électeurs. Je leur ai simplement demandé : qui vous voulez voir défendre vos intérêts là où on décide pour le pays ? Je leur ai dit que ce n’est pas à moi de construire des écoles, des centres de santé, des routes ou électrifier les villages. Maintenant, si une loi dit par exemple qu’on doit construire des écoles dans les départements et que je trouve que Biankouma en a besoin et le mérite, je le réclamerai haut et fort. Mon rôle aussi, c’est de faire le retour des décisions importantes sur la vie de la nation aux populations. Mes parents savent que je respecte toujours ce que je dis.

Honorable, quelles sont aujourd’hui les attentes profondes de vos populations ?
Les attentes sont énormes. Nous avons un gros problème de routes. Nos chefs-lieux de sous-préfecture sont très enclavés. L’axe Biankouma-Sipilou qui débouche sur la Guinée a besoin d’être bitumé. Pour le reste, nous voulons simplement le ré-profilage. Entre Gboné et Biankouma, il faut ouvrir une route. Il y a également un sérieux problème d’eau potable. Les quelques forages installés grâce aux différents bailleurs de fonds ne fonctionnent plus. Côté éducation, la situation est tout aussi catastrophique. A Biankouma, il est rare de trouver une école primaire de six classes. Ce qui fait que dans une même salle, vous avez deux promotions différentes. Dans ces conditions, vous conviendrez avec moi que les résultats ne peuvent qu’être en-deçà des attentes. C’est grave. Sur le plan de la santé, c’est la même alarme. Les centres ou cases de santé sont quasi inexistants. Ceux qui ont été ouverts ou qui étaient en instance d’ouverture sont délabrés et hors d’usage. Nos villages souffrent également de manque d’électricité. A tous ces problèmes, il faut ajouter la question de la sédentarisation des jeunes ruraux par des activités génératrices de revenus et des actions socio-éducatives et sportives par exemple. En un mot, Biankouma souffre cruellement du manque d’infrastructures de base. En tant que député, nous allons présenter cette situation à qui de droit pour y trouver des solutions et soulager nos parents.

Dans un entretien accordé à un confrère récemment, Blon Blaise a déclaré, au sujet de l’Udpci, que le président Mabri gère le parti comme un club d’amis. Un commentaire ?
Blon est comme un personnage dans un conte, un film ou un roman. Voilà quelqu’un qui, hier, avait présenté le président Bédié comme un fétiche. Il ne jurait que par lui. Quand le général Robert Guéi est arrivé, il est rentré dans son escarcelle. A la mort de ce dernier, il s’est mis sous le couvert de Gbagbo, tambour battant. Il a déclaré à qui voulait l’entendre que le président Mabri voulait vendre l’Ouest à Ouattara. C’est lui qui relayait toutes les méchancetés du Fpi contre le président Alassane Ouattara. Permettez-moi de ne pas répéter les graves injures qu’ils faisaient à l’actuel chef de l’Etat. D’ailleurs, le président Alassane Ouattara lui-même le sait. C’est pourquoi, nous pensons que ceux qui, aujourd’hui, ont trouvé une nouvelle coqueluche en Blon sont loin d’être des envoyés du président de la République. Nos parents nous ont dit ceci lors des législatives : Ouattara que Mabri nous a demandé de voter ne peut pas nous faire ça, c'est-à-dire, nous demander pourquoi nos yeux sont rouges, sachant très bien que nous avons veillé à son chevet. Les gens sont déçus de la politique, ils se disent que c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Si les populations n’ont pas confiance dans le gouvernement, comment voulez-vous qu’elles s’engagent à ses côtés ?

Blon dit étendre son linge là où il y a le soleil, peu importe si l’endroit ne convient pas…
Cela confirme son nomadisme politique. C’est un vrai personnage, ce monsieur. Les gens qui luttent pour leur ventre appellent cela la saine appréciation des réalités du moment. Soit, mais il faut y mettre un minimum d’éthique ! Il faut quand même se faire identifier par rapport à un principe.

Le Rdr y trouve son compte…
Je voudrais, à ce propos, rappeler à ce parti frère qu’en Côte d’Ivoire ici, chaque parti a son identifiant. Le Pdci a régné pendant plus de trente ans avec le président Félix Houphouët-Boigny, cela grâce à sa lutte pour l’abolition du travail forcé et l’acquisition de l’indépendance. En reconnaissance, le peuple lui est resté fidèle. Laurent Gbagbo, lui, a conquis les cœurs avec la lutte pour le multipartisme et la démocratie. C’est son crédo même s’il n’a pas su capitaliser ses acquis. La parole a été libérée, beaucoup de droits humains et politiques ont été acquis ou renforcés. Le Rdr s’est illustré dans la lutte contre l’injustice et l’exclusion. Il doit rester fidèle à ce rêve qui a séduit la majorité des Ivoiriens qui ont porté leur choix sur le candidat Ouattara. L’espoir que les populations placent en lui est tellement grand que, franchement, les comportements comme ceux que Konaté Sidiki a à Man doivent prendre fin rapidement, parce que porteurs de germes dangereux de fracture. Là, je parle en tant que citoyen qui vit au quotidien ce que ressentent les populations. Les gens comme Konaté Sidiki nuisent à la politique du président Alassane Ouattara. Mais, s’il pense que cela arrange le chef de l’Etat, on peut y aller mais je sais que si ça continue, j’aurai eu tort d’avoir eu raison trop tôt. Le Rdr et le président Ouattara doivent se rappeler que Blon Blaise n’a jamais rendu service, en réalité, à celui à qui il s’allie ; il nuit plutôt. Regardez où se trouve Gbagbo aujourd’hui. Il a dit dans tous les villages de l’Ouest qu’il ne s’allierait jamais à celui qui a sur ses mains le sang de Robert Guéi, allusion faite à Gbagbo. Et pourtant ! Après, il est allé dire aux parents qu’il s’était trompé en prenant fait et cause pour le Fpi et Lmp. Aujourd’hui, il chante partout que c’est Ouattara qui est le fétiche. Le temps donne raison au président Albert Toikeusse Mabri, qui a su demeurer digne et constant face aux multiples attaques, aux menaces de mort et aux propositions indécentes du clan Gbagbo. Le caractère caméléon de Blon renforce le président de l’Udpci dans sa conviction et son combat.
(...)
Le président Ouattara a la compétence et la confiance des investisseurs. Il a beaucoup de grands projets pour l’Ouest. Ce serait dommage que cette belle intention soit ternie et même folklorisée par une aventure avec Blon et ses affidés. Je voudrais, en outre, rappeler à Konaté Sidiki que s’entourer de kalaches ne signifie pas de facto qu’on est fort. Sinon, Gbagbo ne serait jamais vaincu au point de se retrouver là où il est en ce moment. Devant la volonté du peuple, nul n’est invincible. De quel droit se permet-il de demander à Mabri de se retirer de Man ? Veut-il qu’on descende dans la poubelle ? Mesure-t-il un seul instant les conséquences de ses agissements ? Il devait avoir le profil bas parce que nous savon tous comment il a été élu et nous connaissons bien ses origines. Je n’ai pas peur de ce débat mais on s’en abstient par pudeur, hospitalité et fraternité. Comme il a osé demander à un authentique fils de l’Ouest de se retirer de Man, au moment opportun, nous allons lui rappeler ses origines. Pour l’heure, il doit retenir que Man est la terre de nos ancêtres. Il ne faudrait pas que les frères que nos parents ont accueillis veuillent nous chasser de chez nous. Ça ne marchera pas. Ils ont mis l’argent et le matériel au devant, mais ils ont vu le résultat. Des ministres ont débarqué dans mon village avec de grosses enveloppes et un ballet outrageux de grosses cylindrées pour soutenir l’homme de Blon Blaise aux partielles. Cela a profondément scandalisé les populations qui ont vite compris qu’il ne s’agissait plus d’une simple élection législative. Choquées et révoltées, elles ont voté massivement pour nous. Nous avons encore espoir que ceux qui suivent Blon dans son papillonnage périlleux vont se ressaisir pendant qu’il est encore temps.

Réalisée par
MASS DOMI
massoiueudomi@yahoo.fr
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