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Société Publié le vendredi 20 juillet 2012 | Le Mandat

Environnement / Energie alternative : Quand la coque de coco remplace le charbon de bois

Pour faire face à la cherté de la vie, diverses solutions sont trouvées pour réduire les dépenses des ménages. Parmi ces palliatifs, la coque de coco, qui remplace aisément le charbon de bois ou le gaz butane comme combustible.

Un tour sur les différents marchés de la zone sud d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, donne un constat saisissant : sur les étals exposés, certains articles présentent un aspect particulier. Ils ressemblent à du charbon par leur couleur, avec des éclats d’écorces plus ou moins fins, parfois légers, et aux extrémités tranchantes. Souvent emballés dans des sachets translucides, ils suscitent des interrogations. En réalité, ce ne sont ni des médicaments, ni des objets décoratifs ou fantaisistes, comme pourrait le penser le novice. Il s’agit tout simplement de charbon produit à partir de la coque de noix de coco, communément appelée ‘’charbon de coco’’.

Nous sommes, ce mardi 10 juillet, au marché de Vridi-Canal, un quartier de la commune de Port-Bouët. Un ensemble d’étalages où vendeuses et clientes se côtoient. Il est environ 10 heures. Un attroupement se forme autour des étals des vendeuses de charbon de coco. Ce qui aiguise particulièrement notre curiosité. Le combustible produit à partir de la noix de coco est très prisé et fortement utilisé dans les marchés de la zone sud, proche du littoral marin. Les populations de ces zones affectionnent particulièrement ce produit, dont elles en sont de grandes consommatrices.

Des avantages y sont liés, comme le souligne Alloucemen, vendeuse, pour qui ce charbon reste la solution miracle pour la cuisine des ménages. « Il ne produit pas de poussière et ne dégage pas d’odeur; il s’allume plus vite que le bois ; en plus, il est moins cher », remarque-t-elle. En clair, il répond aux différentes exigences de la cuisinière, et surtout de la protection de l’environnement. Ce point de vue est nettement partagé par Aké Patricia, vendeuse et consommatrice de ce succédané au marché de Gonzagueville.

Tandis que certaines, comme Konan Aya, ménagère à Koumassi, lui reprochent d’être trop léger pour les cuissons de longue durée. « Je ne peux pas me limiter à ce produit uniquement, car il ne me permet pas de réaliser des repas tels que la sauce graine, qui nécessite beaucoup d’énergie. Je suis donc contrainte de combiner le charbon de bois et la coque de coco, qui permet au premier d’être plus efficace pour la cuisine », a-t-elle précisé.

Economique et peu polluant
Au-delà de cette insuffisance, il y a le caractère pratique et très économique qui plaide en faveur de la coque de coco. De l’avis de nombreuses utilisatrices, le charbon de coco reste véritablement avantageux sur le plan économique. Acheté à 100 F CFA le sachet, la durée de son utilisation varie en fonction des ménages. Il peut résister longtemps, à la seule condition qu’il soit renforcé par des spirales de fer ou des pierres chauffantes. Cela permet ainsi de maintenir une température élevée et constante.

Pour Korogo, qui le commercialise depuis cinq ans, il reste une source très rentable. « Le charbon de coco est aussi durable et pratique que le gaz et le charbon de bois; ce qui permet d’économiser véritablement en tant que ménagère. De plus, j’arrive à nourrir véritablement ma famille avec ce commerce, car il est possible que j’arrive à écouler cinq à six sacs par jour. Le prix unitaire varie entre 2.800 et 3.5OO F CFA le sac de 25 kg. Ce qui donne une recette de 17.000 ou 21.000 FCFA. Mais, avec la crise, c’était très difficile et la cadence s’est ralentie. Je n’arrivais à vendre seulement qu’un seul sac par jour », fait-elle remarquer. Même constat pour Dame Djokou, grande utilisatrice et résidente du quartier Gonzagueville, dans la commune de Port-Bouët.

Elle estime pour sa part qu’il lui suffit seulement de trois sachets pour concocter un bon plat, quotidiennement. Aussi, pendant la crise postélectorale, avec la pénurie de gaz et face à la surenchère du charbon de bois, il y a eu une forte augmentation de la consommation de ce produit, qui s’est fortement répandu au niveau des ménages. S’agissant du processus de commercialisation, d’emblée, on pourrait dire que les zones côtières sont favorables à cette pratique, même si le plus gros de l’approvisionnement se fait à Assinie et à Jacqueville. Les grossistes partent de ces zones et acheminent leurs produits vers Port--Bouët, dans les différents quartiers de la commune.

RUTH KAMONOU
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