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Politique Publié le samedi 8 septembre 2012 | Nord-Sud

Ange Kessi prévient : «Dogbo Blé risque la prison à vie»

© Nord-Sud Par Prisca
Tribunal militaire : Ange Kessy anime un point de presse avant l`ouverture des procès liés aux crimes commis pendant la crise post-électorale.
Vendredi 07 septembre 2012. Abidjan. Le tribunal militaire annonce l`ouverture de nouveaux procès de militaires impliqués dans des crimes commis pendant la crise post-électorale, procès qui debuterons le 18 septembre prochain.
Nous vous proposons de larges extraits de la conférence de presse du procureur militaire, Ange Kessi, sur les affaires en cours.

«Après la prestation de serment des juges chargés de juger les militaires dans les procès à venir, nous allons vous faire un très bref aperçu des procédures que nous traitons dont certaines sont achevées et d’autres sont en cours.
(…) Nous sommes dans un pays de droit, seuls ceux qui ont commis des infractions sont arrêtés et poursuivis. Si au cours d’une perquisition ou d’une descente sur les lieux, on arrête des personnes et qu’au fur et à mesure que l’enquête est en cours, on se rend compte qu’il n’y a rien contre ces personnes, on les libère. Concernant les événements post-crise, nous avons jusqu’à ce jour, concernant les personnes qui sont arrêtées et incarcérées à Korhogo, 24 suspects dont 8 policiers. Dans l’affaire de l’assassinat du colonel-major Dosso, nous avons 4 personnes. Dans l’affaire de l’assassinat du soldat nigérien, je précise que ce soldat nigérien a été assassiné dans le courant du mois de février 2011. Alors qu’il se promenait avec sa concubine, une ivoirienne, il a été intercepté à un barrage après le lycée américain, dans les environs de la résidence de l’ancien ministre Mel Théodore. Après l’avoir fouillé, ils ont constaté que c’était un élément de l’Onuci. N’oubliez pas que dans le courant du mois de février 2011, à Abidjan, il ne faisait pas bon de porter une telle casquette. Il a été conduit à un poste de militaires des Fds (Forces de défense et de sécurité, ancienne appelation de l’armée sous Laurent Gbagbo, ndlr). Ces militaires, à leur tour, l’on conduit à un endroit d’où il n’est plus revenu. Et à leur retour, ils se sont mis à cinq, à exercer des violences sexuelles sur sa concubine qui était restée. C’est d’ailleurs grâce à elle que nous avons reconnu ces militaires. C’est grâce à elle que nous avons pu reconstituer les faits jusqu’à ce qu’ils soient arrêtés. Leur dossier est prêt et fait partie des deux dossiers qui sont actuellement prêts. Ils sont quatre. Le général Dogbo Blé les complète à cinq. Mais comme il fait déjà partie des 24, je ne l’ai pas cité. Si vous voulez, il est impliqué dans deux dossiers. Il fait partie des 24 personnes et il fait partie d’un autre dossier où il est inculpé pour assassinat. Celui du colonel-major Dosso. De même que dans les poursuites pour achat d’armes et entretien de miliciens et de détournement de fonds. Donc, c’était pour ne pas avoir à répéter son nom. Si vous voulez, ce sont au total 29 personnes dont le général Dogbo Blé. 24 personnes à Korhogo et 5 personnes pour le colonel Dosso (dont le général Dogbo Blé, ndlr). Et trois personnes pour le soldat nigérien, deux officiers et un sous-officier.

Assassinat d’un certain M. Cissé.
Il y avait une patrouille de la gendarmerie qui était allée intercepter un certain M. Cissé. Il y a eu un délit de patronyme. On pensait que ce monsieur était l’oncle du président (Alassane Ouattara, ndlr). Ils l’ont pris et ils l’ont tué. Ils sont au nombre de trois pour l’assassinat de M. Cissé. Les avocats nous ont fait comprendre qu’ils se sont trompés car ce monsieur habite dans le voisinage du président. Dans l’affaire du colonel-major Katé, Gouanou et autres, poursuivis pour atteinte à la sûreté de l’Etat, ils sont 12 au total, dont 5 en prison et 7 recherchés, en vertu de mandats d’arrêt. Dans l’affaire des gendarmes d’Agban, ils sont 23 dont 17 détenus et 6 en liberté provisoire.
Dans l’affaire de l’attaque d’Abidjan- Akouédo, et à l’intérieur du pays (Dabou…), il y a 22 personnes impliquées. Parmi elles, 16 sont détenues et 6 recherchées en vertu d’un mandat d’arrêt. Il y a au total 7 dossiers dont deux sont actuellement prêts. 4 sont encore en instruction et un, le dernier, vient de s’ouvrir car le juge d’instruction n’est pas encore saisi. C’est le dossier des attaques d’Abidjan et de l’intérieur du pays. Je pense qu’il y a encore des individus à entendre. L’enquête n’est pas achevée...

Le procès du 18 septembre
Dans l’affaire de l’assassinat du colonel Dosso, le prévenu principal, c’est le général Dogbo Blé. Et l’autre dossier prêt, c’est celui concernant l’assassinat du soldat nigérien de l’Onuci. Qui implique trois dignitaires dont deux officiers et un sous-officier.
Il y a donc huit personnes inculpées pour deux dossiers (Affaire colonel-major Dosso et le soldat nigérien). Ces huit personnes sur les 64 sont prêtes à être jugées. Elles sont poursuivies pour assassinat, détournement de fonds et d’armes, recrutement et entraînement de miliciens. Dans l’affaire Dosso, Dogbo Blé est accusé d’assassinat, d’arrestation arbitraire, de détention illégale, séquestration suivie d’assassinat. Et ça, je crois que c’est la prison à vie qu’il risque. Puisque quand vous regardez le code pénal, quand vous êtes poursuivi pour ces quatre infractions, c’est la prison à vie. Les 4 personnes de Korhogo sont toutes impliquées. Quant aux 22 des attaques d’Abidjan, elles ne sont pas encore inculpées.

Assassinat du colonel-major Dosso
Il a été interpellé au check-point du Golf hôtel par des militaires qui l’ont reconnu et qui ont avisé leur chef, Kipré Yaba, qui était le chef des opérations autour du Golf. C’est lui qui a appelé le général Dogbo Blé qui était le patron de la Garde républicaine et qui leur a demandé de le conduire à ses bureaux. Une fois sur place, Dogbo Blé a donné instruction de l’amener sur l’autoroute. Et en allant, le colonel Dosso disait : «Mais où est-ce que vous m’envoyez ?». Ils lui ont dit : «On vous emmène à la gendarmerie». Il leur a répondu : «Ok j’accepte. Arrivé là-bas, je vais m’expliquer parce que je n’ai rien à me reprocher. Parce que je ne suis plus militaire ». Il faut dire qu’il était à la retraite et il était au Golf. Il retournait dans sa famille. Je crois qu’il y avait des gens qui lui ont remis de l’argent pour leurs familles. Sur la route, ils ont dépassé plusieurs gendarmeries. Le colonel leur a dit : «Mais c’est dans quelle gendarmerie vous m’emmenez ? ». A 42 kilomètres après, ils le descendent. Ils sortent la Kalach et ils l’abattent froidement. Et ils ont laissé son corps dans la broussaille.

Le lieu du procès
Je ne sais pas où le procès se tiendra mais je vous tiendrai informé deux jours avant l’ouverture du procès. Sachez au moins qu’il ne se tiendra pas à Korhogo.

Propos recueillis par Ténin Bè Ousmane
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