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Société Publié le jeudi 20 septembre 2012 | Le Democrate

Père Eric Abékan (Curé ND de la Tendresse) : «Je ne vois rien de diabolique dans les fêtes de génération»

Célèbre prêtre catholique du diocèse d’Abidjan, Eric Abékan est connu pour ses qualités d’exorciste. A l’occasion de la sortie de la génération Bléssoué-Djéhou d’Anono, samedi dernier, il a accepté de nous livrer ses impressions ses fêtes de génération.

Quel regard portez-vous sur la fête de génération en tant que prêtre catholique?

Il y a le prêtre catholique, mais il y a la personne humaine et l’habitant de ce village (Ndlr: il est lui-même originaire d’Anono). Avant d’être prêtre catholique, je suis né dans une culture, la culture Acthan notamment. Et cette fête se célèbre de génération en génération. Aujourd’hui, c’est une nouvelle génération qui se montre publiquement pour dire qu’ils (Ndlr : les membres de cette génération) sont aptes à diriger le village sur tous les plans, que ce soit administrativement, politiquement. En tant que prêtre catholique, je ne peux que bénir Dieu de savoir que dans nos cultures et dans nos traditions, il y a des valeurs qu’il faut conserver et promouvoir telles que la solidarité et l’entente. Surtout avec ce que nous vivons comme violence et les guerres, il est important de revaloriser toutes ces valeurs culturelles. Donc, je porte un regard positif sur cette manifestation. Même s’il ya bien sûr des aspects négatifs, je veux conserver ce qu’il y a de positif comme la solidarité, la fête, la joie de vivre ensemble et surtout cette ouverture dont on fait preuve durant ces manifestations. Ici, on ne cherche pas à savoir qui est de tel village, de tel parti, ou de telle religion. Je crois que c’est très important.


Beaucoup de chrétiens considèrent que la fête de génération n’est rien d’autre que de la pure sorcellerie. Ces gens ne pourraient-ils pas être choqués voire ébranlés dans leur foi en vous voyant à une telle manifestation?

Je suis en famille. Je suis venu chez les parents. Ce sont les frères et sœurs qui reçoivent leurs amis pour manger et boire. Je trouve cela essentiellement positif. Je ne vois pas ce qu’il y a de diabolique dans le fait de se retrouver et de manger ensemble. Ce que vous dites est aussi vrai parce qu’effectivement, beaucoup de gens disent que durant les fêtes de génération, il y a des choses mystiques, de la sorcellerie. C’est sûr que c’est négatif. Je ne suis pas pour la sorcellerie. Ce que je veux promouvoir c’est plutôt les valeurs de solidarité. Si en dessous, des gens font de la sorcellerie, je ne peux pas être d’accord avec ça.

De quelle génération êtes-vous issu?
Dougbô-Djéhou

Quels conseils donnerez-vous aux chrétiens qui voient la fête de génération d’un mauvais œil?

Je leur demande d’être positif, de ne regarder que le positif et de tourner le dos à tout ce qui est négatif. La sorcellerie, la méchanceté et la violence sous toutes ses formes. Puisque le seigneur Jésus nous dit : «vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde», il faut que les chrétiens mettent la lumière là où, il y a les ténèbres de la sorcellerie.
Selon vous qu’est ce que la fête de génération pourrait apporter à la société ivoirienne d’aujourd’hui?

Lorsque je considère le côté positif, la solidarité, l’entente, la communion, l’ouverture, la fête de génération peut beaucoup apporter. Surtout qu’aujourd’hui, il est de plus en plus question de réconciliation. Regardez, autant que nous sommes ici (il montre la foule d’invités), nous pouvons cultiver la solidarité. Je crois que les générations peuvent aider la Côte d’Ivoire à retrouver la paix.

Francis Kouamé
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