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Politique Publié le samedi 20 octobre 2012 | Nord-Sud

Le Guémon et le Cavally chez le chef de l’Etat : Les enjeux de la rencontre

© Nord-Sud Par Kah Zion
Tourisme : Le réceptif hôtelier "La Maison des Hôtes" ouvre ses portes à Toulepleu
Dimanche 1er août 2010. Toulepleu. Denis Kah Zion, le Directeur général du Groupe de presse "Le nouveau réveil" offre un hôtel à son village. Photo: des chefs traditionnels wê
Sauver l’Ouest, c’est sauver la Côte d’Ivoire. Les gouvernants et les populations de cette partie du pays s’attaquent lundi aux questions épineuses qui plombent la pacification définitive du pays.


Ce lundi, le président de la République s’entretient avec le peuple Wê des régions du Guémon et du Cavally. Mais ce n’est pas une rencontre exclusivement réservée aux autochtones puisque les représentants des communautés allogènes ont leurs mots à dire sur la cohabitation controversée avec leurs hôtes. On aura assez ressassé les prémices de ce rendez-vous pour lequel les futurs hôtes du palais présidentiel se mobilisent sans cesse. Communiqué par-ci, réunion par-là. Sans compter les interventions à n’en point finir des cadres desdites régions dans la presse. Chacun semble vouloir faire ce qui est en son possible pour donner un éclat aux retrouvailles. En un mot, l’engouement est réel et l’impatience perceptible. Dire que ce n’est pas la première fois que le chef de l’Etat sera face à eux. Mais alors, pourquoi tant d’émotion quand on sait que ce sera la seconde fois, depuis l’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir, que le chef de l’exécutif parle avec le Guémon et le Cavally. Car, déjà fin avril, le chef de l’Etat leur avait dédié sa toute première visite d’Etat d’après crise postélectorale. C’est que le rendez-vous importe beaucoup pour l’avenir du processus de paix et de réconciliation nationale. D’abord pour le pays tout entier, mais surtout pour la région de l’Ouest, devenue une poudrière au fil des crises successives. L’Ouest est le nœud ou, disons, le ventre mou de la paix en Côte d’Ivoire. Il n’y a qu’à considérer la triste histoire des affrontements intercommunautaires, des nombreux crimes commis, des explosions de violence parties parfois de rien du tout et, enfin, -si on devait s’arrêter là- du sentiment de vengeance perceptible qui éloignent les uns des autres. Duékoué, Guiglo, Bloléquin, Bangolo, Taï et Toulepleu n’ont que trop souffert. La communauté autochtone et celle des allogènes ont été maintes fois aux prises pour des raisons existentielles. A savoir le contrôle de la terre et de la forêt depuis les années 80. Si une loi existe sur le foncier rural depuis belle lurette, force est de réaliser que son application reste problématique. Pour en parler, seules les populations frappées par les conséquences du contrôle des terres peuvent conséquemment suggérer des esquisses de solutions à l’Etat. Il en est de même pour la gestion de la situation sécuritaire. L’Etat a mis en place des dispositions sécuritaires dont une brigade de sécurisation spécialisée qu’on trouve seulement à l’Ouest. Mais rien n’y fait. Car la sécurité reste encore hypothétique dans cette partie du pays. Que faire ? Les hôtes d’Alassane Ouattara ont certainement des propositions plus réalistes à faire dont ils discuteront de la faisabilité sur le terrain. La question récurrente des chasseurs traditionnels du Nord (ou dozo), celles des miliciens, des mercenaires libériens, des Burkinabè devenus propriétaires terriens sont autant de sujets sur lesquels Alassane Ouattara voudra entendre ceux-là même qui les vivent au quotidien. Il est question de trouver, enfin, des voies et moyens d’assainir l’environnement social, de relancer la prospérité de l’ancienne boucle du café et du cacao. Cela passe par une profonde sensibilisation devant absolument porter sur le désarmement, la règlementation de l’accès à la propriété forestière villageoise, l’installation d’allogènes dans le tissu socio-économique. Mais il va falloir parler aussi aux autochtones. A qui une opinion reproche le bradage de la terre, la non reconnaissance de l’autorité suprême, la connexion des jeunes avec des mouvements armés. Sur ce point, c’est à juste titre que les autorités ivoiriennes ont décidé d’entreprendre avec leurs homologues libériens des actions de sensibilisation des sociétés civiles respectives. Le tout étant pour elles de parvenir à couper les liens entre miliciens et politiques.


Bidi Ignace
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