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Société Publié le mercredi 2 janvier 2013 | Notre Voie

Prétendue réduction taux de chômage : Le gros mensonge !

« Nous suivons avec une attention particulière la question de l’emploi. L’enquête qui vient de s’achever sur la situation de l’emploi dans notre pays indique une nette réduction du taux de chômage tant dans le milieu rural que dans le milieu urbain. Cela traduit le dynamisme retrouvé de tous les secteurs de l’activité économique, qui va se poursuivre au cours des prochains mois, grâce notamment à une amélioration du climat des affaires, plus favorable aux investisseurs ».
Ce pan du message à la nation d’Alassane Ouattara démontre une fois de plus que le discours ouattariste a toujours été verni d’un zeste de démagogie au lieu d’une démarche scientifique, essence de ceux qui sont sûrs de leur fait.
Le chef de l’Etat déclare, sans pince ni rire, que le chômage a considérablement baissé en Côte d’Ivoire. Sans indications chiffrées, sans données précises pour étayer cette affirmation. Mauvaise image pour quelqu’un qui se prévaut la qualité de « grand économiste ».
La réalité du chômage en Côte d’Ivoire est tout autre. La vague de licenciements et de mises en chômage technique, les délocalisations et fermetures d’entreprises, les pillages et destructions des moyens de production de milliers de petits opérateurs économiques ont jeté de nombreux actifs au chômage et augmenté ainsi le nombre de sans-emplois.
Selon l’Institut national des statistiques (INS), le taux de chômage officiel est de 60% en mars 2012 contre 25% en juin 2011 et 18% en décembre 2010.
La Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire (Cci-ci), qui a dressé un premier bilan à la mi-février 2012, révèle que ce sont 8.000 emplois directs qui ont été perdus suite aux mesures de restructuration des entreprises qui subissent les contrecoups de la crise post-électorale et la pression fiscale. Ces données viennent s’ajouter à celles fournies à la mi-novembre 2011 par cette institution qui déclarait 10.000 emplois perdus. Avec à la clé, 100 entreprises disparues. Donc encore des emplois perdus.
Une étude réalisée par des chercheurs ivoiriens et publiée dans la revue «Pensées Noires » indique que le quart des forces vives du pays est au chômage. Citant les statistiques d’un cabinet, l’article révèle que « les jeunes de moins de 35 ans qui constituent plus de 64% de la population, sont frappés d’un taux de chômage estimé à environ 45 % ».

Lors des préparatifs du 2è forum des jeunes ouest-africains pour l’atteinte des OMD, le directeur de cabinet du ministre de la Promotion de la jeunesse et du Service civique, Sylla Moumouni, déclarait qu’ « au niveau des jeunes le chômage est très élevé ».
Avec toutes ces données, comment est-il possible que le chef de l’Etat ne sache pas la variation exacte du taux de chômage alors que l’emploi, notamment l’emploi-jeune, constitue un point important de son programme de société.
Alasane Ouattara soutient que le pays se porte mieux. En référence premier à la supposée croissance économique qui n’a aucun impact sur la réduction du chômage en Côte d’ivoire. Car, en économie positive, chaque hausse d’un point de pourcentage du taux de chômage correspond à un ralentissement de 0.325% dans la variation de Pib réel. Cela signifie que le taux de croissance doit croître plus vite que celui du taux de chômage pour espérer réduire significativement ce taux de chômage.
Or, les 8% de croissance annoncée sont même inférieurs à la variation positive du taux de chômage. On ne peut donc pas prétendre à une réduction du taux de chômage. « Le tout n`est pas de dire qu`il faut résoudre le problème du chômage des jeunes. Mais avec quoi résoudre le problème du chômage des jeunes? C`est avec de l`argent. Il faut des investissements pour résoudre la question de l`emploi des jeunes. Mais ou trouver cet argent là? », s’interrogeait Sylla Moumouni. Il reste au chef de l’Etat de libérer le potentiel d’emploi de l’économie nationale à l’effet de réduire le taux de chômage. Et non dans des rafistolages psychédéliques. Actuellement, sur 200 grandes entreprises recensées en Côte d’Ivoire, 122 fonctionnaient au ralenti depuis la fin de la crise post-électorale.

J-S Lia
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