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Politique Publié le jeudi 3 janvier 2013 | L’intelligent d’Abidjan

Interview / Oulla Privat, vice-président de l’Assemblée nationale : ‘‘Nous n’avons pas besoin de députés suppléants mais…’’

Oulla Privat est député à l’Assemblée nationale où il occupe également le poste de vice-président. Avant une tournée dans sa circonscription de Duékoué à l’occasion des vacances parlementaires, il s’est confié à l’Intelligent d’Abidjan. Les lois récemment votées, ses relations avec le PAN Guillaume Soro, le ministre d’Etat Hamed Bakayoko et le Pdci-Rda, l’argent du président de la République au Guémon et au Cavally sont entre autres, les sujets abordés.
M. le vice-président, la deuxième session ordinaire de l’année vient de prendre fin. Comment comptez-vous occuper vos vacances parlementaires ?

Le député en réalité n’a pas de vacances. Le président Guillaume Soro, à la cérémonie solennelle de clôture de la deuxième session ordinaire de l’année 2012, a invité tous les députés à aller dans leurs circonscriptions pour expliquer le travail que nous venons d’abattre. Expliquer les lois que nous venons de voter et écouter les préoccupations de nos parents et de nos électeurs. Ainsi nous reviendrons avec des préoccupations précises de nos populations

Au cours de la crise issue du code civil, vous avez pris des positions. Est-ce que vous pouvez revenir là-dessus et nous expliquer ce qui s’est passé ?

La loi ayant été votée régulièrement et après des débats libres et variés, il est inutile de créer des polémiques. Cela dit, notons qu’un texte est arrivé au parlement nous l’avons voté. Mais il faut surtout noter que les députés sont des gens qui sont jaloux de leur liberté et qui veulent montrer, quelles que soient les injonctions de leurs partis politiques, que le parlement n’est pas une chambre d’enregistrement. Il y a dans ce parlement des intellectuels, de jeunes cadres et des ainés qui ont de l’expérience. Si on veut parler de couac, je crois que c’est parce que les gens n’ont pas pris le temps de préparer l’esprit des populations et même des parlementaires. Pour notre part, nous avions, en ce temps-là, posé le problème aux plans culturel et religieux. Il fallait comprendre l’esprit du texte.

Monsieur le député, avec la réponse de l’exécutif à ce sujet, le député que vous êtes peut-il encore émettre des réserves et voter non à un texte, si vos positions peuvent conduire à une dissolution du gouvernement ?

Je le dis et je le répète, les députés sont jaloux de leur autonomie et de leur liberté. Les députés ont exprimé un certain nombre de préoccupations parce que le député est celui qui est en contact avec la base et avec les populations. Au début nous n’avions pas compris l’esprit du texte. Mais les précisions apportées par les émissaires du gouvernement et les débats qu’il y a eu nous ont finalement permis de comprendre l’esprit du texte. Parce qu’une loi est futuriste. Aujourd’hui c’est difficile. Mais dans dix ou vingt ans on se rendra compte que nous avons voté une loi qui est bien pour les Ivoiriens et les Ivoiriennes. Encore une fois, le parlement n’est pas une chambre d’enregistrement. Mais en même temps, ce parlement ne dit pas que les députés sont abonnés à la défiance vis-à-vis du gouvernement. Non ! Quand les lois qui viennent du gouvernement rencontrent notre adhésion et celle des populations, nous allons les voter.

On veut savoir si cet acte qui a été posé ne va pas être considéré comme un cas de jurisprudence et donc un frein à l’indépendance même de l’institution ?

Nous pensons qu’il y a une séparation des pouvoirs et le Président de la République est libre de démettre son gouvernement quand il le veut et comment il veut. Cela n’est pas notre préoccupation. Ce qui nous intéresse, c’est la cohésion au sein du parlement et la méthode pour défendre ou discuter les textes qui nous sont soumis. Sur le sujet, le porte-parole du gouvernement a largement expliqué les raisons de la dissolution du gouvernement.

Si une loi est mauvaise, allez-vous la voter ?

Mais non ! Si elle est mauvaise ? Je ne pense pas que le Président Alassane Ouattara puisse accepter d’envoyer des lois qui sont mauvaises à l’Assemblée nationale.

La population est-elle réceptive? Car il y a un mois que la loi est votée, elle n’a pas été promulguée par le Président, pourquoi?

Vous savez, le Président de la République peut promulguer la loi à tout moment quand il veut. A l’Assemblée nationale aussi il y a des textes de lois à examiner et à voter.

Est-ce qu’il n’y a pas de promulgation tacite déjà ? Que dites-vous des maires qui continuent de célébrer les mariages sous l’ancienne loi ?
Je crois que vous devez être patient et vous verrez la suite. Retenons tout simplement que le président de l’Assemblée nationale et le Gouvernement du Président Alassane Ouattara ne peuvent pas se permettre d’envoyer des lois qui vont contre l’intérêt des Ivoiriens. Parce que dans tout son programme, la préoccupation réelle du Gouvernement, c’est le bonheur du peuple ivoirien. Nous avons joué notre rôle. Celui d’ajouter, de contrôler et d’amender. Mais je suis convaincu que le Gouvernement du Président Alassane Ouattara et le Premier ministre Daniel Kablan Duncan sont conscients de leur devoir. Le Président de la République a été élu par la majorité des Ivoiriens, donc c’est un Président qui a été élu démocratiquement. Beaucoup de ses ministres sont aussi des députés et moi je pense que c’est un Gouvernement suffisamment responsable, qui travaille dans l’intérêt des populations. Mais toute loi qui arrive à l’Assemblée nationale a besoin d’être analysée, et même souvent on doit chercher à voir quel en est l’esprit. A partir de là, nous pouvons apporter les amendements qu’il faut, mais je vous rassure, je ne suis pas convaincu que le Gouvernement puisse prendre des lois qui vont à l’encontre des intérêts des Ivoiriens. Si cela arrivait, rassurez-vous que les députés vont s’y opposer.

Le peuple peut donc compter sur vous et sur votre vigilance?
Bien sûr, parce que nous sommes élus par le peuple et nous travaillons pour le peuple.

Vous allez pour expliquer le travail parlementaire à votre base. Quelles sont les lois sur lesquelles vous allez insister?
Toutes les lois me tiennent à cœur. C’est comme un artiste qui produit un album de 12 titres, toutes les chansons sont de lui. Pour dire que toutes les lois que nous avons votées, nous pensons qu’elles ont leur importance. Elles sont tellement importantes que le Gouvernement nous les a soumises. Je vous informe que l’Assemblée nationale peut rejeter des projets de loi. Si le bureau analyse et constate que les lois ne sont pas conformes, le bureau de l’Assemblée nationale peut rejeter ces lois. Avant même d’aller au débat. Donc je vous dis que les Ivoiriens découvriront un autre parlement avec le président Guillaume Kigbafori Soro. Notre parlement est proche des Ivoiriens. Il n’a certes pas signé un abonnement de défiance totale au Gouvernement, toutefois il jouera pleinement son autonomie et son rôle.

Monsieur le député, pour la réconciliation, une mission des députés en liaison avec le Gouvernement avait été annoncée. Qu’est-ce que le projet est devenu ?
Les initiateurs étaient au nombre de deux. Il y avait le président Guillaume Soro et le Premier ministre Ahoussou qui n’est plus là. Le Premier ministre Duncan vient d’arriver et je crois que les discussions sont en cours.

La loi sur la suppléance n’est-elle pas une manœuvre pour empêcher les incompatibilités et pour favoriser le cumul de postes ?

La suppléance est un débat qui revient constamment. Nous avons trouvé ce projet à l’Assemblée nationale. Mais véritablement aujourd’hui qu’est-ce qui est dit ? Le suppléant ne peut pas exercer les fonctions, au décès du titulaire. Il ne peut même pas être candidat au cas où le député décédait. C’est seulement cinq ans après qu’il peut se présenter dans la même région. Le suppléant n’a pas de salaire. Le suppléant ne peut pas occuper les fonctions de député. Il ne les occupe que lorsque le député est nommé à de hautes fonctions de l’Etat. Dès que l’Etat met fin aux fonctions auxquelles celui-ci a été nommé, le député titulaire revient au parlement et le suppléant retourne à ses occupations. Vous voyez déjà qu’il y a problème ? Aujourd’hui, les députés ont plus besoin d’assistants parlementaires. Nous voulons un parlement moderne. Il est vrai que nous avons au niveau des groupes parlementaires, des assistants parlementaires, mais ils sont en nombre insuffisant. Le rôle des députés suppléants est en discussion. Bientôt le parlement va se prononcer clairement là-dessus. En attendant nous avons besoin d’être renforcés en ressources humaines à travers des assistants parlementaires.

Les Ivoiriens dénoncent le cumul de postes, c’est-à-dire le cumul de postes de nomination et de postes électifs. En tant qu’élu, quelle est votre position là-dessus étant donné que beaucoup de vos collègues sont tentés par cela ?

Il faut accepter la liberté. Il n’y a pas de loi qui interdit le cumul. C’est au peuple qu’il revient de choisir librement. Si aujourd’hui le peuple vous a élu député et voudrait vous renouveler sa confiance aux régionales, on ne peut pas le priver de son choix. Il y a une seule façon de le faire, c’est de ne pas voter pour vous. Lorsqu’on ne vote pas pour vous, c’est la réponse. C’est donc le peuple qui a le dernier mot. Pourquoi voulez-vous que les gens s’autocensurent ?

C’est comme si vous vouliez qu’on enlève le verrou de limitation des mandats présidentiels ? Quand on est à une position, quand on est un ministre, on a des moyens qui peuvent créer une inégalité par rapport aux autres candidats?

Vous avez suivi les élections législatives du 11 décembre 2011, il y a des ministres qui étaient en ballotage ! Ils ont dû batailler pour être élus au second tour et retourner au Gouvernement.

Mais aucun ministre n’a été battu ?

Oui ! Mais je veux dire qu’il y a eu des ministres qui étaient en ballotage.

Cela ne veut-il pas dire que s’ils n’avaient pas été ministres ils seraient battus proprement sans chance de ballotage ?

Je vous dis qu’il y a des ministres qui refusent aussi d’aller aux élections. Parce qu’ils savent évidemment qu’ils peuvent perdre. Donc je pense qu’il faut laisser le peuple décider.

Le peuple a finalement le dos large ?

Nous, nous sommes au service du peuple. Chacun va dans sa région, et concernant leurs préoccupations, nous allons échanger avec nos populations. Et nous reviendrons de nos vacances parlementaires avec une idée claire et nette sur ces questions.

Vous avez été élu député et on vous voit aujourd’hui vice-président de l’Assemblée nationale. Est-ce à dire que vous êtes un homme du président Soro Guillaume ?

Le président de l’Assemblée nationale est mon patron. Nous sommes proches pour cette raison et nous travaillons pour la Côte d’Ivoire. Le choix au poste de vice-président obéit à un principe. Je suis issu du groupe parlementaire ‘’Dialogue’’, et le poste de vice-président qui revenait à ce groupe m’a été attribué. Cela s’inscrit dans l’esprit de famille qui caractérise les nouveaux députés. Parce que nous sommes conscients que notre pays sort d’une très grande crise et notre souci est de contribuer fortement à la réconciliation. Dans cet élan de solidarité et de fraternité, le président Soro a voulu rassembler tous les députés. C’est pourquoi les différents groupes parlementaires sont présents dans le bureau de l’Assemblée nationale. Dans ce cadre, notre président a un seul souci. Celui de travailler de façon consensuelle. Il n’intervient qu’en dernière position lorsqu’il y a des divergences, tout en nous laissant la liberté de décider. Je voudrais dire que je suis heureux et fier de travailler avec ce monsieur qui a une vision nette pour son pays. Qui a conscience qu’aujourd’hui, les Ivoiriens de tout bord doivent s’asseoir et travailler à la réconciliation. Le programme du gouvernement est excellent. S’il n’a pas l’adhésion des Ivoiriens, s’il n’y a pas la réconciliation, si le peuple ne se sent pas véritablement concerné, quel que soit le programme que vous aurez, il ne pourra être applicable. C’est pourquoi à l’Assemblée nationale nous partons vers nos populations pour leur parler de réconciliation. Où il y a de petits blocages, nous parlerons à nos parents pour qu’ils comprennent que le Président Alassane Ouattara travaille pour le bonheur des Ivoiriens. Après seulement deux ans de prise de fonction effective, voyez ce qui est en train d’être fait. Quand on va à l’université, quand vous voyez le budget que nous venons de voter, le Programme national de Développement (PND). Quand vous voyez ce que l’ex-Premier ministre a présenté à l’Assemblée nationale comme politique générale du Gouvernement et qui a reçu l’approbation des députés parce que c’est un programme dense, vous êtes confiants et mobilisés. Notre préoccupation aujourd’hui, c’est de mettre l’accent sur la réconciliation. Amener les Ivoiriens autour de ce programme pour que la Côte d’Ivoire, sous l’autorité du Président de la République et l’Assemblée nationale dans son rôle, puisse travailler.

A vous entendre, vous êtes sous le charme du Président Ouattara, du président Guillaume Soro. Et pourtant, il y a une dizaine d’années, on vous a connu proche de Fologo. Qu’est-ce qui s’est passé entre temps ?

C’est en 1999, lorsqu’il y a eu le coup d’Etat ici que nous avons été les premières personnes qui avons dit que «l’assassin de mon père ne peut pas épouser ma mère». Nous étions à Yamoussoukro dans la grande salle de la Fondation Félix Houphouët-Boigny. Avant d’aller à la Fondation nous étions en congrès à Treichville, présidée à cette époque par Hortense Aka Anghui. Il était question de démettre Bédié pour installer d’autres personnes, Bédié étant à six mille kilomètre. Nous avons dit non ! Et nous avons traité des gens à l’époque de renégats. Nous avons mené ce combat et il a porté ses fruits puisque le président Fologo a assuré l’intérim de Bédié à l’époque. Oui j’ai soutenu le Pdci, j’ai travaillé avec le Pdci même si aujourd’hui pour des raisons personnelles je suis un peu en congé. Mais avec foi et lucidité, je dirais que j’ai tout reçu du Pdci. Je voudrais profiter de cette occasion pour saluer ce grand homme qu’est le président Fologo. C’est un homme généreux, un patriote, un monsieur qui respecte l’autre. J’ai travaillé avec lui pendant dix ans avec l’onction du Pdci au Conseil économique et social.

Pourquoi a-t-il quitté le Pdci pour créer le Rpp ?

Je pense que la loi autorise tout citoyen à créer son parti.

Ne devait-il pas, dès l’instant où il a créé son parti, quitter le Conseil économique et social puisqu’il y était au nom de ce parti ?

Je n’ai pas vu le Pdci faire une démarche dans ce sens !

La démarche n’a pas été officielle mais en tant que député est-ce qu’il ne faut pas voter une loi contre la transhumance politique ?

On ne peut pas tout faire en un an. Mais je rappelle que j’étais au Conseil économique et il y avait des conseillers Pdci, je n’ai pas vu leur courrier de protestation. Je sais seulement qu’il a invité certains conseillers qui ont refusé de le rejoindre au RPP.

Mais au regard de cela, est-ce que vous ne pouvez pas proposer une loi pour moraliser la vie publique et politique. Une loi qui interdirait par exemple à tout citoyen proposé par un parti à un poste de quitter son parti auquel cas il perdrait son portefeuille ?

Je vous dis que ce parlement est un parlement de jeunes. Regardez le bilan d’un an du président Soro Guillaume ! Laissez-nous travailler et au bout du compte, les Ivoiriens seront fiers de leur parlement. Beaucoup de députés ont en projet ce dont vous parlez ! Et nous irons au-delà même certainement. Nous reviendrons très bientôt et nous serons là dans moins d’un an pour faire le bilan. Je vous informe que c’est un député qui a fait la proposition de modification du code électoral. Et d’autres députés aujourd’hui sont heureux et reviendront avec d’autres initiatives. Rassurez-vous ! Il faut par exemple légiférer pour les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école faute d’extraits de naissance parce que non déclarés. Il y a le cas des enfants hors mariage qu’on appelle les enfants adultérins. Il faut que les femmes légitimes acceptent que ces enfants portent le nom de famille de leur père. Ils sont nombreux ces enfants ! Il faut aussi clarifier la notion de l’héritage en cas de décès du père pour ces enfants dits adultérins.

Des lois existent comme celles sur l’enrichissement illicite et la corruption, mais dont l’application demeure difficile. Est-ce que vous allez créer une commission pour obliger le gouvernement à appliquer ces lois ?

L’Assemblée elle-même a un rôle de contrôle. Je ne suis pas ici, mandaté, pour parler au nom de l’Assemblée nationale. Je suis député, vice-président de l’Assemblée nationale. Mais je voudrais vous dire que l’Assemblée nationale peut s’autosaisir, se déplacer pour aller faire des contrôles. Le parlement est donc au travail dans l’intérêt des Ivoiriens.

Avez-vous aussi appris que les Ivoiriens disent que l’argent ne circule pas en dépit des chiffres de la croissance qui sont annoncés ?

C’est le travail du gouvernement. Mais pour ce que je sais, le budget que nous avons voté à l’Assemblée nationale répond aux normes de la transparence et repose sur nos fonds propres. Il faut donc que les Ivoiriens soient patients. Il faut qu’ils se rappellent d’où on vient. Il y a eu dix ans de guerre.

Mais il y a déjà deux ans que le pouvoir actuel est en place !

Oui mais que représentent deux ans par rapport à la longue période de crise ? On a connu une crise profonde dans ce pays et les caisses étaient vides. Il fallait parer au plus pressé et c’est ce que le gouvernement a eu à faire. Ce n’était pas évident qu’on paie les salaires des Ivoiriens. Mais le gouvernement l’a réussi. Il a même réhabilité nos routes, réhabilité des écoles. Aujourd’hui, on est en train de voir comment reclasser les salaires de tous les fonctionnaires. Le gouvernement s’est engagé à payer la dette intérieure. Il faut faire confiance à ce gouvernement. Moi j’ai eu la chance de participer au dîner que le Président a offert pendant la visite du président de la Banque mondiale. J’ai vu comment tous ces bailleurs de fonds ont un respect profond pour notre Président !

Il y a tout ce que vous citez mais les Ivoiriens disent qu’ils ne voient rien des milliards qui ont été annoncés et qui continuent de l’être. Qu’est-ce que vous leur dites monsieur le député ?
Ces milliards vont à l’essentiel. Et l’essentiel aujourd’hui, c’est le quotidien des Ivoiriens. Le gouvernement s’attèle à cela. Le vrai problème c’est que depuis un certain temps, les entreprises n’étaient pas payées et tout ceci est à la charge de l’Etat. Je vous ai aussi dit que nous sortons de guerre et il faut être patient dans une telle situation.

Hier, quand l’argument de la guerre a été évoqué, il s’est trouvé des Ivoiriens pour dire qu’on ne pouvait pas tout mettre sur la guerre ?

Oui mais aujourd’hui, l’espoir est là. Je dirais même que le quotidien des Ivoiriens est en train de changer. L’argent ne circule pas parce que la Côte d’Ivoire est au travail et on ne peut plus gagner l’argent facilement. Ceux qui étaient habitués à gagner l’argent facilement, nous les invitons à formuler des projets et à travailler. Il faut sortir des slogans «vieux père ton petit est là !». Il faut que ce petit soit occupé. C’est cela la nouvelle mentalité.

Mais ces faits que vous citez là sont des faits marginaux !

Oui mais ce sont des indices. C’est pourquoi le gouvernement a un vaste programme d’emploi. Je demande aux Ivoiriens d’être patients. Le budget 2013 qui vient d’être voté va redonner de l’espoir à tout le monde. Les Ivoiriens seront agréablement heureux de ce qui va leur arriver en 2013. La seule chose que nous demandons, c’est la réconciliation nationale et la cohésion autour du programme de gouvernement d’Alassane Ouattara. Tout ce qu’il est en train de faire pour le bonheur de chacun de nous, si les Ivoiriens ne s’approprient pas ce programme, et qu’il y a certains de nos frères qui ont encore la rancune et qui veulent voir ce programme échouer, on ne peut pas voir les fruits des efforts. Nous ne disons pas d’attendre 2015. Nous disons qu’en 2013 les Ivoiriens vont sentir que le pays continue d’avancer et tous les changements qui ont été annoncés vont arriver. En 2013, beaucoup de villages seront électrifiés. Il y aura l’eau potable, la construction et la réhabilitation d’écoles !

Vous êtes de Duékoué et vous avez été porte-parole des populations lors de la rencontre avec le Président de la République. Certains ont dit que vous avez été imposé en raison de vos liens avec le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Qu’en est-il ?

Je voudrais vous rassurer et dire que je ne suis pas gêné de connaître le ministre d’Etat tout comme le président Soro. Mais je suis d’abord député et vice-président de l’Assemblée nationale. Dans le Cavally et le Guémon sur mon initiative acceptée de tous les députés, nous avons fait des tournées dans les deux régions. Et donc, lorsque l’idée de rencontrer le Président de la République a été émise, il fallait qu’un député intervienne. Il n’y a pas eu de débat sur mon intervention. C’est le contraire qui aurait surpris. Vous pouvez investiguer. Je n’ai pas été imposé. Le ministre d’Etat sait faire la part des choses. Il sait dissocier la crème du lait. Nous autres de sa génération, avons l’obligation de le soutenir dans la mission et les responsabilités qui sont les siennes.

Vous êtes de l’Ouest et à l’issue de votre rencontre avec le Président de la République, une somme de 200 millions a été offerte par le Président Alassane Ouattara au Guémon et au Cavally. Beaucoup de bruits courent sur cet argent. Qu’est-ce que vous avez à dire sur cet argent pour rassurer vos parents qui s’inquiètent et s’impatientent ?

Je voudrais dire que nos parents n’étaient pas allés au palais présidentiel pour prendre des enveloppes. Ce n’était pas l’objet de notre visite. Nous étions allés échanger avec le Président de la République. Qui en Chef de l’Etat, père de la Nation qui sait que quelques petits problèmes n’ont pas pu être résolus lors de sa vite chez nous a voulu rencontrer les frères de ces régions pour échanger, comprendre les problèmes et y apporter des réponses. C’est ce qui a été fait. Et nous sommes sortis du palais satisfaits. Nous avons nos préoccupations qui étaient celles des frères en exil dont nous souhaitons un digne retour. Il y a eu aussi la profanation des us et coutumes. Le Président qui connaissait ce problème a répondu en donnant 200 millions à nos deux régions en attendant que le programme de développement soit mis en route. Sur les 200 millions, nous-mêmes, nous sommes chaque jour interpellés. Je rassure que cet argent est en lieu sûr. Il est entre les mains du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. Il attend que les cadres et les doyens décident du mode d’utilisation de cet argent avant décaissement. Et nous sommes convaincus que dans les jours à venir, le ministre d’Etat va nous convoquer pour évacuer rapidement cette question.

Est-ce que les parents ont été informés de cette démarche ?

C’est vrai et les parents nous appellent. Certains pensent même que l’argent a été déjà partagé entre les députés. D’autres disent que c’est cet argent que des candidats attendent pour leur campagne, etc. je voudrais rassurer ici que cet argent est en lieu sûr. Ce que nous regrettons c’est qu’on dise que cet argent va être déposé sur un compte et tous les trois mois, un compte va être fait au Président de la République même pas au ministre d’Etat. Nous pensions que c’était de l’argent donné pour une action ponctuelle qui était du domaine du sacré. Mais nous observons et nous ne sommes pas obnubilés par cette somme, nous faisons notre travail de député. Nous serons sur le terrain pour parler à nos parents. Je souhaite que cet argent soit utilisé de façon efficace pour régler les problèmes pour lesquels il a été donné.

Que dites-vous pour terminer. Il y a la question de votre candidature qui fait son chemin
Nous partons vers nos parents, échanger avant de prendre la bonne décision, à savoir être candidat ou ne pas l’être. C’est vrai qu’il y a de la méchanceté qui est déjà pratiquée sur le terrain, mais nous gardons notre sérénité. On va jusqu’à dire que le député Oula va exproprier les allogènes des terres qu’ils occupent. Alors que moi j’ai pris tout mon temps à sillonner la région pour dire que de la même manière la femme Guéré souffre pour mettre au monde son enfant, c’est de cette même manière que la femme Dioula ou Baoulé souffre pour mettre son enfant au monde. Toute chose pour dire que nous sommes un. On ne tient pas de tels propos simplement parce qu’on veut être candidat. On peut tenir de tels propos parce qu’il y a longtemps qu’on a été visité par l’humilité et par la crainte de Dieu. En vérité, leur stratégie c’est d’aller intoxiquer les gens pour se faire un peu d’argent pour aller sur le terrain et dire qu’on est candidat aussi. Mais est-ce le rôle d’un président de Conseil régional d’arracher des terres ? Ceux qui le pensent ignorent tout des prérogatives d’un président de Conseil régional. Moi j’ai la crainte de Dieu et je voudrais dire à ces frères d’arrêter. Nous n’avons pas besoin de cela. Je suis député et vice-président de l’Assemblée nationale et rien ne prouve que je serai candidat au Conseil régional. Ce qui doit nous intéresser dans le Guémon, c’est la réconciliation. On ne me verra jamais à une tribune de dénigrement. Ceux qui pensent m’utiliser pour faire des palabres avec ma sœur Touré Flanizara se trompent.

Par Charles Kouassi et S. Debailly
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