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International Publié le mardi 12 février 2013 | Primature

Interview/Mme Andrée Champagne, Sénatrice en charge de la section Apf du Québec : « Je deviendrai la première femme présidente de APF à la 39e session d’Abidjan »

Pour la première fois de son histoire, l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (Apf) sera dirigée par une femme. C’est à sa 39eSession d’Abidjan au mois de juillet 2013 que Mme Andrée Champagne, Sénatrice du Québec, prendra officiellement fonction. Elle se prononce sur les tâches qui seront les siennes.

En marge de la réunion de Bureau de l’Apf à Paris, vous avez eu un tête-tête avec le Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, M. Guillaume Kigbafori Soro. Sur quoi ont porté vos échanges ?

C’était une façon très simple de faire véritablement connaissance puisque lui, arrive à l’Apf et que moi, j’y ai été très active de 1986 à 1993, pour y revenir en 2005 jusqu’à maintenant. L’été prochain, nous irons à Abidjan pour la 39e session et en 2014, je recevrai tout le monde à Ottawa.

Vous attendez-vous à occuper la présidence de l’Apf ?

Oui. Vous savez que la présidence de l’Apf est tournante entre l’Afrique et le Canada. Hasard du calendrier, il se trouve que c’est au tour de mon pays d’en assumer la présidence. Vous n’en doutez pas que j’accepterai, volontiers, d’occuper ce poste. Je serai donc la prochaine présidente internationale de l’Apf. Mais présentement, je prends part à la rencontre du Bureau à Paris en tant que présidente de la section Apf du Canada.

La 39e session d’Abidjan aura une toute autre signification pour vous ?

Absolument. Ce sera un moment très important pour moi personnellement parce que je deviendrai officiellement la première femme présidente de l’Apf. Et, c’est à Abidjan que j’aurai l’honneur de prendre fonction. Ce moment sera à jamais gravé dans ma mémoire.

Que pensez-vous du retour de la Côte d’Ivoire dans le giron des institutions internationales à l’instar de l’Apf ?

Je vous avoue que j’ai été de ceux qui ont pleuré des problèmes de la Côte d’Ivoire. Je vous rappelle qu’en 1985, Yamoussoukro avait accueilli les Jeux de l’amitié qui ont été pour moi, les jeux précurseurs, de ce qu’on appelle aujourd’hui les Jeux de la Francophonie. J’étais à cette époque ministre de la Jeunesse et des Sports du Canada. J’y étais et j’y ai passé de bons moments pendant toute la durée des compétitions. J’avais eu d’ailleurs le plaisir de faire le trajet entre Abidjan et Yamoussoukro par la route. Ce qui m’a permis de découvrir l’arrière-pays. J’ai eu également l’occasion de voir la grande cathédrale d’Abidjan et la Basilique Notre Dame de Yamoussoukro où j’ai eu l’agréable plaisir d’assister à une messe un dimanche lors de mon second voyage dans votre pays. Le fait que la Côte d’Ivoire soit revenue dans le giron des institutions internationales est une très bonne chose. Pour nous parlementaires francophones, nous serons très heureux d’y retourner. En ce qui me concerne, c’est un vrai bonheur de répartir en Côte d’Ivoire. J’ai hâte de faire mes valises !

Que pensez-vous du rôle de l’Apf dans le contexte actuel ?

Je pense que l’Apf fait un travail formidable et extraordinaire. C’est un espace d’échange entre parlementaires comme vous pouvez le constater. Au cours de nos réunions que nous tenons un peu partout dans le monde, nous nous parlons et nous nous intéressons évidemment aux nouveaux sujets qui nous préoccupent tous. C’est en un mot, un lieu de partage entre parlementaires francophones.
Les nombreuses crises dans l’espace francophone à l’instar de celle du Mali et de la Tunisie sont-elles une préoccupation pour l’Apf ?

Evidemment. Cependant, l’Apf ne peut pas tout régler. Dois-je rappeler que l’Apf est une Assemblée consultative des sommets de la Francophonie. A chaque sommet auquel nous participons, nous faisons des suggestions aux chefs d’Etat et gouvernements réunis. C’est ce rôle que nous jouons.

Est-ce que vos recommandations sont prises en compte pendant ces sommets ?

Je dois avouer qu’au départ, l’on pensait que l’Apf était un simple groupe de réflexion et de consultation. Mais au fil des années, les gens ont vite compris l’importance de notre rôle. C’est pour quoi, l’on nous a accordé ce titre de vigi-démocratie et d’Assemblée consultative des sommets. Je pense que l’Apf peut beaucoup apporter à notre espace francophone.

Source : www.guillaumesoro.com (propos recueilli par Clément Yao)
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