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Politique Publié le jeudi 21 février 2013 | LG Infos

Audience de confirmation des charges ou infirmation des charges : Me Emmanuel Altit assomme Fatou Bensouda

© LG Infos Par DR
CPI : l’ex Président Laurent Gbagbo devant les juges
Mardi 19 février 2013. La Haye. L’ancien président ivoirien comparait à la Cour pénale internationale (CPI), pour crime contre l’humanité.
Le procès de confirmation ou d’infirmation de charges contre le Président Laurent Gbagbo était hier, à son deuxième jour. Me Emmanuel Altit, avocat de la défense, est passé à l’offensive. Dans son intervention, il a déploré l’absence de certains ex-chefs de guerre à la Cour pénale internationale. «Tout se passe comme si le procureur avait été convaincu, dès le début, qu’il n’y avait qu’un seul responsable au drame ivoirien. Ils sont bien connus, ceux qui ont mis en coupe réglée le Nord... massacré des gendarmes à Bouaké. Ils sont connus de tous ceux qui depuis le 19 septembre 2002 pratiquent le pillage... font du viol systématique... utilisent les mercenaires et les Dozo pour terroriser la population. Alors pourquoi ne sont-ils pas là. D’autres sont des hommes politiques de premier plan et ne se cachent pas. L’un est préfet, l’autre dirige l’armée, un troisième le Gspr, l’autre la Garde républicaine, l’autre les Forces spéciales», a fait remarquer l’avocat du Président Laurent Gbagbo. Avant d’ajouter : «Ils sont cités dans les rapports des Nations unies, d’Amnesty International, de la Fidh, du Département d’Etat américain». En effet, cette intervention de Me Altit pointe du doigt Guillaume Soro, Shérif Ousmane, Soumaïla Bakayoko, Ousmane Coulibaly alias Ben Laden, Issiaka Ouattara dit Wattao et Koné Zackaria. On se rappelle que l’Ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III a trouvé incongru, lors d’une interview accordée à un confrère, en janvier, qu’aucun ex-chef de guerre ne soit transféré à la Cour pénale internationale. Et pourtant, depuis le déclenchement de la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, le procureur n’a cessé de proclamer que tous les auteurs de violences quel que soit leur camp seront traduits devant la Cpi. Mais, seul le Président Laurent Gbagbo a été transféré. Me Altit a promis de démonter les accusations du procureur. «Nous montrerons au cours des débats combien cette tentation de la facilité, de la simplification, ont des conséquences graves et ont conduit le procureur à mal interpréter les éléments dont il parle». Avant de poursuivre : «Ce n’est pas Gbagbo qui a refusé le verdict des juges. Ce n’est pas lui qui s’est autoproclamé, a refusé la décision du Conseil constitutionnel et les tentatives de médiation» a-t-il indiqué. Il dénonce les pratiques peu orthodoxes du procureur : "C’est une partie risquée que joue le procureur en adhérant à un récit élaboré par d’autres. En effet, si le récit sur lequel il s’appuie était remis en cause, toute la construction intellectuelle visant à délégitimer Gbagbo et à légitimer Ouattara disparaîtrait. Apparaîtrait alors la recherche du bouc-émissaire. Gbagbo est un "bouc émissaire ». Un homme coupable d’avoir émancipé son pays, d’avoir préféré la liberté à la servitude. Le peuple ivoirien aurait mérité un autre procès qu’un procès politique». Et de renchérir : «Cette affaire est non seulement une affaire ivoirienne mais aussi une affaire française. En 50 ans, la France est intervenue une quarantaine de fois en Afrique. Penser juger cette affaire sans se pencher en profondeur sur les vraies raisons de cette crise, c’est se fourvoyer, fourvoyer la justice». Me Altit dénonce la non prise en compte des victimes des massacres de 2005 et 2011 à Duékoué par le procureur : «Certaines victimes, après avoir entendu le procureur, se sentent encore plus abandonnées", "mises à l’index", "parce que ne faisant pas partie du camp des vainqueurs. C’est le cas, des habitants de la ville martyre de Duékoué, victimes de massacres en 2005 et 2011». S’agissant de l’histoire de l’attaque de la Rti, il a soutenu que : «ce sont les miliciens pro Ouattara qui ont attaqué les forces de l’ordre. Une attaque planifiée le 16décembre 2010. Le procureur n’a même pas pris le temps de regarder les vidéos et lire la presse ivoirienne. Les faits sont têtus et nous allons le prouver».
Yacouba Gbané
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