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Politique Publié le lundi 5 août 2013 | APA

An 53 de la Côte d’Ivoire : Les Ivoiriens, nostalgiques des fêtes nationales tournantes

Le 7 août prochain, la Côte d’Ivoire fêtera la 53ème édition de son accession à la souveraineté nationale et internationale dans un contexte de normalisation progressive après la violente crise post électorale de décembre 2010 à avril 2011 ayant fait plus de 3000 morts.

Pour la célébration de la troisième fête nationale post-crise électorale, les Ivoiriens appellent de tous leurs vœux à une réconciliation ‘' vraie'', en plaidant pour le retour des ‘' fêtes nationales tournantes'' dans les Chefs-lieux de région.

A deux jours de la célébration de la 53ème édition de la fête nationale, commémorant l'accession de leur pays à l'indépendance, les Ivoiriens, dans leur majorité, sont nostalgiques des ‘'fêtes tournantes'' qui ont émaillé chaque édition jusqu'en 1980.

‘'Les fêtes de l'indépendance tournantes instituées par feu le Président Houphouët-Boigny a permis de développer plusieurs départements et régions du pays", se rappelle Ange Patrick Yao, cadre dans une banque à Abidjan
Pendant deux décennies, sous le long règne de Félix Houphouët-Boigny, premier Président de la République (1960-1993) la fête nationale était célébrée avec faste et dont le point culminant restait l'imposant défilé constitué des différentes couches socioprofessionnelles du pays.

Cependant, pour soutenir la politique de développement local, le ‘' père de la nation'' ivoirienne avait institué la fête nationale ‘' tournante'' dès 1966. A cette occasion, la ville choisie pour abriter les festivités bénéficiaient de la magnanimité de l'Etat pour ne pas dire du Président Houphouët avec un budget conséquent pour se refaire une santé.

‘' En 1969, la ville de Man (ndlr : 600kms à l'ouest), abritait l'An 9 de la fête nationale. Jeune lycéen à l'époque, pendant une semaine, on nous soumettait à des séances d'entraînement pour le défilé. Et le moniteur ne cessait de nous inviter à soigner nos mouvements car nous défilerions devant Houphouët-Boigny…'' témoigne Foussény Koné, fonctionnaire à la retraite qui regrette le ‘' retrait'' des fêtes tournantes.

Ces fêtes étaient l'occasion pour l'Etat de construire des résidences officielles, des infrastructures administratives, scolaires, sanitaires et sportives. Et comme la route précède le développement, des axes routiers étaient bitumés dans les départements d'accueil.

Jusqu'en 1980, cette politique de feu le Président Houphouët-Boigny donnait un caractère carnavalesque à la fête nationale en même temps qu'elle donnait une fière allure à la ville hôte, désormais, dotée d'infrastructures ultra-modernes.

C'était l'époque du ‘' boom économique'' ou du ‘'miracle ivoirien''. En effet, quelques années seulement d'indépendance ont suffi à la Côte d'Ivoire, grâce à ses principaux produits d'exportation, le café et le cacao, de baigner dans une insolente opulence car tout marchait bien sur le marché international.

Puis vint la crise économique mondiale de 1980 qui contraint le Président Houphouët à suspendre d'abord ces fêtes devenues ‘' budgétivores'' avant de les annuler définitivement, après l'étape de Katiola (centre-nord) en 1979. Conséquences ? Tous les joyaux architecturaux construits sont tombés en ruines, faute d'entretien. Le bitume n'existe que de nom dans des villes comme Gagnoa, Abengourou, Daloa, Katiola, Bouaké… qui ont eu à abriter ces fêtes tournantes.

‘' C'est vraiment dommage que l'Etat ait abandonné cette politique qui avait l'avantage de construire nos villes'' se lamente, nostalgique, Mme Awa Camara, assistante sociale qui estime que le retour des fêtes tournantes pourrait ‘' booster'' le processus de réconciliation.

‘' Imaginez toutes les forces vives du pays converger vers le Chef-lieu de région ou de département qui accueille ces festivités pour communier ensemble, n'est-ce pas fabuleux pour la cohésion sociale ?'', interroge-t-elle avant d'inviter ‘'l'Houphouëtiste'' Alassane Ouattara à ‘'réactiver'' cette politique du premier président ivoirien ‘' dont il se réclame''.

La Côte d'Ivoire, jadis, référence économique et politique de la sous-région ouest-africaine, avec plus de 21 millions d'habitants, fête, mercredi, l'an 53 de son indépendance et le troisième sous le Président Alassane Ouattara.

En attendant le retour probable des fêtes nationales tournantes, le Président Alassane Ouattara a initié des Conseils de ministres décentralisés et des visites d’Etat dans les différentes régions du pays. La région de Tonpki (Man à l’Ouest) a accueilli le premier Conseil de ministres décentralisé le 2 mai. Le second a eu lieu dans le district des savanes à Korhogo (extrême Nord) le 2 juillet dernier.
HS/ls/AP
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