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Économie Publié le lundi 22 septembre 2014 | Ministères

Cérémonie de Signature de l’accord d’ouverture de la succursale d’afreximbank à abidjan: Allocution du premier ministre, Daniel Kablan Duncan

© Ministères Par DR
Cérémonie de Signature de l’accord d’ouverture de la succursale d’afreximbank en présence du premier ministre Daniel Kablan Duncan
Lundi 22 septembre . Primature
• Monsieur le Ministre d’Etat
• Mesdames et Messieurs les Ministres,
• Monsieur le Président de la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank);
• Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants du Corps Diplomatique ;
• Monsieur le Président de la Banque Africaine d’Import-Export ;
• Messieurs les membres du Conseil d’Administration d’AFREXIMBANK ;
• Monsieur le Représentant de la Banque Africaine de Développement ;
• Mesdames et Messieurs les Présidents des Organisations Professionnelles Privées ;
• Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire ;
• Honorables invités ;
• Chers amis des Médias ;
• Mesdames et Messieurs ;


Je voudrais, de prime abord souhaiter, au nom de Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire et au nom du Gouvernement, le traditionnel « Akwaba », c’est-à-dire la cordiale bienvenue à Abidjan à la délégation de la Banque Africaine d’Import-Export (AFREXIMBANK), à l’occasion de la signature de l’accord de siège de la succursale de la Banque à Abidjan.

Je voudrais saluer très chaleureusement le Président de cette Institution, Monsieur Jean Louis EKRA, les distingués Administrateurs et collaborateurs qui composent cette forte délégation. Je suis particulièrement sensible à la qualité de cette importante délégation et de cette auguste assemblée qui donne une note particulière de solennité à cette belle cérémonie.

Qu’il me soit permis ensuite de saluer le rôle majeur qu’ AFREXIMBANK ne cesse de jouer dans le développement du commerce africain, depuis sa création, ici même à Abidjan en 1993. Que de chemin parcouru durant ces deux décennies !

Je saisis l’heureuse occasion de cette rencontre pour féliciter et remercier l’ensemble des pays fondateurs et la Banque Africaine de Développement (BAD) tous porteurs de ce grand projet d’intégration africaine. J’associe à ces remerciements tous les illustres responsables de cette Institution, en particulier Monsieur Christopher Edordu, son tout premier Président, les administrateurs passés et actuels, ainsi que le personnel qui ont su traduire ce grand rêve panafricain en réalité concrète.

La Côte d’Ivoire, en tant que membre fondateur de la Banque Africaine d’Import-Export, est heureuse et fière de pouvoir abriter la troisième succursale de la Banque, en dehors de son siège du Caire, en Egypte ; après celles de Hararé, au Zimbabwé et d’Abuja, au Nigéria.

• Excellences, Mesdames et Messieurs,

La tenue de la présente cérémonie, est la manifestation du désir ardent du Président de la République Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA de redonner à notre Pays son rayonnement d’antan. Il s’agit de le repositionner comme un des grands pôles de croissance et de moteur du développement économique et social de la région Ouest Africaine.

Cette marque de confiance est la preuve que notre pays, après la décennie de crise qu’il a connue, s’est engagé sur la bonne voie pour consolider la paix ainsi que la stabilité politique et économique retrouvée.

En effet, depuis 2011, le Gouvernement a pris d’importantes mesures pour renforcer l’environnement sécuritaire, tant à l’intérieur du pays, qu’à nos frontières, sous la haute autorité du Président de la République, Président du Conseil National de Sécurité. L’indice national d’insécurité est ainsi passé de 3,8 en 2012 à 1,2 actuellement. Celui des Nations Unies a décru de 4 à 2 équivalent au niveau de New York ou de Genève.


En outre, sous la houlette de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), le pays s’est fortement engagé sur le chemin de la réconciliation nationale. Le dialogue politique, tant à l’intérieur de la coalition RHDP au pouvoir, qu’avec l’opposition, connaît une vitalité particulière, malgré de temps à autres, quelques soubresauts liés à toute vie politique démocratique.

Au plan économique, le Gouvernement a entrepris d’importantes réformes structurelles et sectorielles visant à assainir l’environnement des affaires et à faire du secteur privé le principal moteur de la croissance économique. Ces réformes ont également permis d’améliorer la compétitivité des principaux secteurs de notre économie et de promouvoir ainsi les potentialités encore nombreuses, notamment au plan agricole, agroindustriel et minier.

Les résultats économiques remarquables qui en découlent se caractérisent par des taux de croissance du PIB de 9,8% en 2012, de 9,1% en 2013 avec une perspective de 10% en 2014/2015. La croissance économique est stimulée par la relance des investissements tant nationaux qu’extérieurs. Le taux d’investissement qui était de 13,7% du PIB en 2012 a atteint 16,5% du PIB en 2013 avec un objectif de 20% du PIB en 2014 et 23,5% du PIB en 2015. En 2013, 62 % des investissements effectués dans le pays relèvent du secteur privé. L’objectif est d’atteindre un taux de 65 % en 2015, voire 70 % en 2020.

• Excellences Mesdames et Messieurs,

Il est indéniable que le développement des échanges internationaux, notamment le commerce intra régional constitue une problématique déterminante pour l’essor économique et social de l’Afrique. En effet, notre continent est encore dépendant de la demande des pays développés et des économies émergentes, principalement en matières premières agricoles, énergétiques et minières.

Cette réalité traduit entre autres, la faible contribution du commerce africain dans les échanges mondiaux.

En outre, la structure peu diversifiée de nos exportations, limite notre action sur le marché et rend nos économies vulnérables à la volatilité des cours des matières premières.

Il s’avère, donc, impérieux de procéder à une transformation structurelle profonde de nos économies, en vue d’accroître notre productivité et de muer vers des activités à forte valeur ajoutée. La transformation des produits de base, le développement de l’agro-industrie et de l’industrie manufacturière, l’accroissement des moyens de production et la mise à niveau des infrastructures, sont notamment des chantiers à mettre en œuvre pour amorcer cette transformation structurelle réussie de l’Afrique.



Le marché africain se doit d’être non seulement compétitif, mais également, fortement intégré, afin de renforcer notre position sur le marché international. Cela suppose une coopération interne plus forte et plus aisée. A cet effet, il y a lieu de relever que le commerce intra-africain se chiffrait en 2012 à 148 milliards de dollars pour une valeur globale de 1 254 milliards de dollars, soit 11,8% de nos échanges. Ces échanges se sont intensifiés en 2013, totalisant en valeur 161,4 milliards de dollars soit une hausse d’environ 10 %. Le marché africain est dynamique et fortement demandeur. A cet effet, la densification, en cours, du commerce intra-africain doit se poursuivre et s’améliorer, en vue d’en faire l’un des piliers forts de notre croissance.

• Excellences, Mesdames et Messieurs,

Face à ces défis majeurs et à ces importants chantiers, la Banque Africaine d’Import-Export se positionne comme une solution judicieuse et nécessaire pour stimuler l’expansion, la diversification et le développement régulier du commerce africain.
Elle a su, depuis sa création en 1993, joué son rôle de vecteur du développement, en contribuant à travers ses nombreux programmes de financement à l’éclosion d’une expertise commerciale africaine. A fin 2013, La Banque totalise 28 milliards de dollars d’opérations pour le financement et le développement du commerce africain. Ces fonds importants requièrent une solidité financière avérée, à laquelle l’institution s’est conformée, à travers sa récente augmentation de capital.

La Banque a, par ailleurs, développé plusieurs outils de financement afin de s’adapter aux besoins de notre continent. Cette initiative, des plus salutaires, permet notamment :

• d’assurer le financement direct des PME par des crédits ordinaires ;
• de garantir le financement de projet d’envergure à travers des cautions de garantie ;
• ou même de participer au financement de ces grands projets par des crédits consortiaux à travers la recherche de partenaires financiers.

Aujourd’hui, la Banque a atteint une certaine maturité et son action à travers l’Afrique et le Monde se révèle fortement appréciable.

L’ouverture de la succursale d’Abidjan permettra sans aucun doute d’accélérer l’action de l’institution dans notre sous-région tout en améliorant les performances commerciales des pays francophones de l’Afrique de l’ouest qui disposent d’un potentiel encore faiblement exploité.

L’implantation de cette 2ème succursale de la Banque au sein de la CEDEAO, après celle du Nigéria, constitue un atout pour l’accélération du processus d’intégration sous régional. L’intégration économique au sein de la CEDEAO, qui regroupe 15 pays et 300 millions d’habitants, connaît une impulsion particulière, avec l’entrée en vigueur prochaine, en janvier 2015, du Tarif Extérieur Commun (TEC) et la perspective de la création de la monnaie unique à l’horizon 2020.

Pour sa part, L’UEMOA qui réunit 8 Etats, partageant une monnaie commune, le Franc CFA et totalisant 100 millions d’habitants, connaît un progrès appréciable dans le processus d’intégration. Plus d’une centaine de réformes, de projets et de programmes, dont la mise en œuvre est avancée, permet de consolider la convergence économique, la gouvernance, le marché commun et d’harmoniser les politiques sectorielles.

Les importants projets sous régionaux présentés par les Chefs d’Etat de l’UEMOA lors de la récente conférence Internationale des Investisseurs à DUBAÏ, nous donnent un aperçu de la volonté manifeste de la région Ouest Africaine de réussir son intégration et de booster ses performances commerciales. Ces projets concernent entre autres :
• l’autoroute Yamoussoukro - Ouagadougou,
• la boucle ferroviaire Abidjan-Ouagadougou-Niamey-Cotonou,
• l’autoroute Abidjan – Lagos et,
• le port sec de Ferkessédougou.

La banque africaine d’import-export devra contribuer à la promotion des 17 grands projets intégrateurs concernés, d’un coût global de 11.000 milliards de FCFA, environ 22 milliards de dollars us.

Concernant la Côte d’Ivoire, en particulier, je voudrais déjà me féliciter de l’importance des concours financiers dont notre pays a bénéficié de la part de AFREXIMBANK. Ces concours d’un montant global de 2,17 milliards de dollars, soit 1.085 milliards FCFA, ont permis de soutenir les domaines majeurs de notre économie comme le secteur agricole, le secteur énergétique, l’entretien routier, le transport urbain et le secteur financier.

Il me plaît de saluer, la volonté de la Direction de AFREXIMBANK, de renforcer son partenariat avec les acteurs économiques nationaux. Cette volonté est manifestée à travers l’approbation d’un programme pays pour la Côte d’Ivoire, d’un montant de 500 millions de dollars. Ce programme spécial, signé en janvier 2014, est une réponse appropriée à la restauration des capacités des entreprises exportatrices, après la crise, et un soutien précieux au programme national de restructuration et de mise à niveau des entreprises.

Cependant, les besoins de notre économie, demeurent extrêmement importants pour le développement et le financement du commerce. En effet, le volume global des échanges de la Côte d’Ivoire porte sur un montant de plus de 23,8 milliards de dollars en 2012 et de 24,4 milliards de dollars en 2013 soit une hausse de 2,4%. Le commerce intra africain représente plus de 30% des échanges de la Côte d’Ivoire dont environ 27% avec les pays de la sous-région. Ces chiffres reflètent un niveau poussé d’intégration de l’économie ivoirienne au niveau régional et l’importance de l’industrie manufacturière de notre pays.
L’ambition du Gouvernement est d’accroître fortement ce potentiel, en vue d’accélérer la dynamique de nos échanges commerciaux, notamment au niveau sous régional. Le taux des échanges intra UEMOA de la Côte d’Ivoire devra être porté à moyen et long termes à 50 %.
A cet effet, la Stratégie Nationale de l’Exportation, en cours d’élaboration vise à :
1. Accroître la compétitivité des produits ivoiriens : par la modernisation des systèmes d’exploitation, la réduction des coûts des facteurs de production, et la gestion de la qualité;
2. Favoriser la diversification des exportations ivoiriennes : par la promotion des produits à forte valeur ajoutée, l’ouverture de nouveaux marchés et la mise en place de dispositifs d’appui technique et financier aux entreprises exportatrices ;
3. Améliorer l’efficience des chaînes logistiques et des opérations du commerce extérieur : par la facilitation des échanges, le développement des compétences à l’exportation et le renforcement des capacités ;
4. Améliorer l’environnement des affaires pour soutenir les exportations et réduire les coûts de transaction.

• Excellences Mesdames et Messieurs

Un rôle accru d’AFREXIMBANK dans la mise en œuvre de cette stratégie, est fortement souhaitée par le Gouvernement au double plan, des facilités financières et de la mise en place des outils de promotion du commerce. Il s’agit notamment, de l’assurance-crédit à l’exportation, à l’image de la COFACE française, dont la mise en place rapide devient indispensable pour soutenir nos ambitions.

Comme vous pouvez le constater, les attentes du Gouvernement, pour le renforcement du partenariat entre AFREXIMBANK et la Côte d’Ivoire, sont fortes. Je souhaite en conséquence, que la succursale dont l’accord de siège vient d’être signé, soit rapidement opérationnelle et dispose de moyens humains, techniques et financiers conséquents.
Pour sa part, je voudrais donner l’assurance du Gouvernement de tenir son engagement de faciliter l’implantation de cette succursale à travers la mise à disposition de locaux pour un démarrage rapide, ainsi que des parcelles de terrains pour l’édification de ses installations propres.

C’est sur ces mots que je voudrais clore mon propos, en réitérant nos vifs remerciements et la sincère gratitude du Gouvernement au Président d’AFREXIMBANK, à son Conseil d’Administration et à l’ensemble des équipes techniques qui ont œuvré à la concrétisation de ce projet.

Je vous remercie de votre aimable attention.
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