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Économie Publié le vendredi 8 mai 2015 | Le Sursaut

Chronique/ Daniel Anikpo, à propos du développement: «Il faut une alternative économique et sociale»

Encore une fois, le ministre Daniel Anikpo tire la sonnette d’alarme. Dans cette chronique, il réitère son appel aux pouvoirs publics, de leur devoir à élaborer des programmes qui peuvent conduire à un développement harmonieux. Lire sa chronique.

Le président Félix Houphouët-Boigny disait : «Nous avons conquis l’indépendance politique, il reviendra à ses héritiers de conquérir l’indépendance économique ». Nous sommes en 2015, c’est-à-dire, après 55 années d’indépendance. Les Ivoiriens doivent se poser deux questions : Quelle est la politique économique de la Côte d’Ivoire sous-développée et dépendante qui devait conduire à cette indépendance économique ? La Côte d’Ivoire a-t-elle conquis l’indépendance économique souhaitée en question, après ces cinquante-cinq années d’indépendance politique ?
Le Président Félix Houphouët-Boigny n’avait pas donné d’indication sur le «comment faire et le que faire » pour faire passer une économie nationale sous-développée dépendante de l’extérieur, à une nouvelle économie nationale développée indépendante. Parce que lui-même l’ignorait. L’aurait-il connue, comme le Général Park qui a réussi à industrialiser et développer son pays, la Corée, en 19 ans, qu’il l’aurait réalisée lui-même, pour avoir passé trente-trois années au pouvoir. Aujourd’hui ses héritiers se battent et ne savent que faire et comment faire passer une économie sous-développée dépendante, à une nouvelle économie nationale développée et indépendante. L’auraient-ils su que notre pays n’aurait pas passé 55 années d’indépendance politique dans le maintien du sous-développement perpétuel avec une économie ivoirienne plus dépendante encore de l’extérieur et plus malade. Une économie ivoirienne très malade qui a fabriqué, en 55 années d’indépendance politique, dix millions de chômeurs et de chômeurs déguisés, douze millions de pauvres qui vivent en dessous du seuil de pauvreté sans pouvoir s’offrir un repas par jour et treize millions d’adultes analphabètes qui croupissent tous dans la misère sociale. Pis, on constate que l’avenir est triste, inquiétant et chaotique. Même avec une croissance économique moyenne de 8% depuis quatre années, le pays n’arrive à créer plus de 70 mille emplois en moyenne par an. Face aux cinq cent mille nouveaux demandeurs d’emplois qui sortent des écoles et des universités chaque année, nous ne voyons pas comment et par quel miracle nous ferons face, avec le modèle économique actuel, à cette marée humaine de chômeurs, à cette bombe à retardement qui sera notre réalité dans les cinq années à venir. Ainsi donc, aucun Ivoirien digne de ce nom, ne peut se satisfaire de la situation économique que connaît notre pays aujourd’hui. Même avec un taux de croissance moyen de 8 %. Il faut une alternative économique et sociale. Il faut un nouveau modèle économique et social. Et cette alternative économique et sociale s’appelle l’industrialisation. La Côte d’Ivoire veut l’industrialisation maintenant. Au regard de la misère sociale que connaissent nos populations, aucune raison ne peut justifier le report de l’industrialisation de notre pays. Plus on reculera cette échéance, plus gravissime sera notre drame. Nous, Ivoiriens, avons toutes les ressources naturelles, du sol et du sous-sol et les hommes qu’il faut pour lancer l’industrialisation maintenant. Nous avons l’ordre des ingénieurs industriels de Côte d’Ivoire, nous avons les ingénieurs agronomes et des ingénieurs des techniques agricoles en grand nombre. Tous deux partenaires du Ppdga. Nous avons tant d’ingénieurs dans les différents corps de spécialités. Nous avons la chance d’avoir la Cgeci et les autres syndicats du patronat ivoirien et des hommes d’affaires aguerris, des Pme et Pmi ivoiriennes qui attendent d’être responsabilisés et soutenus. Nous avons des syndicats des travailleurs très combattants et patriotes pour soutenir une économie participative endogène créatrice et solidaire pour industrialiser la Côte d’Ivoire. Alors qu’aujourd’hui, les dix millions de chômeurs constituent un handicap, une menace, avec le programme de l’industrialisation glocal, Ppdga en chantier depuis 2007, en Côte d’Ivoire, c’est une opportunité, une grande chance. Sans ces dix millions de chômeurs et chômeurs déguisés, dont les sept millions de diplômés-demandeurs d’emplois, il nous aurait été impossible de former le capital humain préalable à l’industrialisation en nombre suffisant pour être affectés dans les cent cinquante filières économiques et industrielles du premier programme de développement glocal africain, le Ppdga. Un autre avantage et non des moindres. La Côte d’Ivoire a des organisations puissantes de femmes d’affaires, dont la Fefeedes, partenaire du Ppdga, qui mobiliseront l’ensemble des femmes du pays pour soutenir le processus d’industrialisation des économies nationales. « Quand femme veut, Dieu le veut » dit-on. Avec elles, nous réussirons l’industrialisation du Pays, pour faire de la Côte d’Ivoire, une nouvelle puissance industrielle exemplaire pour l’Afrique. Osons. Osons maintenant. Nos diplômés nous rassurent qu’ils seront assez vigilants pour qu’à cette élection présidentielle d’Octobre 2015, soit élu un candidat qui a un programme d’industrialisation. Pour que le pays ne continue dans le sous-développement et les souffrances, après 2015. Ce qui serait une nouvelle catastrophe nationale. Le chômage s’ajouterait alors au chômage, la pauvreté s’ajouterait alors à la pauvreté, l’analphabétisme s’ajouterait alors à l’analphabétisme, et la misère sociale à la misère sociale au cours des cinq prochaines années. Convaincus que l’industrialisation est la seule et unique voie qui permet à un pays sous-développé, de se développer et d’être heureux, d’une part, et aussi que seul un candidat qui a un programme d’industrialisation en chantier, fait l’affaire du pays, d’autre part, pour sauver la nation, ils n’ont aucune raison, eux qui sont ont les diplômes que le pays attendait d’eux, « d’avoir du sel à côté et continuer de manger son attiéké sans sel ». Ils appellent les Ivoiriens à achever le programme de l’industrialisation glocale endogène en chantier depuis 2007, pour sauver notre jeunesse.

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