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Afrique Publié le vendredi 18 septembre 2015 | Ivoire-Presse

L’aventure ambiguë d’une transition politique inachevée au Burkina Faso

© Ivoire-Presse Par DR
Burkina : tirs à Ouagadougou, quadrillée par des militaires de la garde présidentielle
En Afrique, les errements politiques des uns ne servent pas de leçon aux autres.
Hélas, les autorités déchues de la transition politique au Burkina Faso ont été victimes du syndrome de l’autisme politique.
J’avais, dans une tribune précédente, défini l'autisme politique comme étant l'attitude
des gouvernants politiques à ne plus écouter ou à être déconnectés des réalités ou des préoccupations socio-politiques. Les autistes politiques ne perçoivent ou ne mesurent plus l'écart qui les éloignent des gouvernés et qui entame de ce fait leur légitimité qu'ils confondent, parfois sinon souvent, avec la légalité du pouvoir politique. Ils s'expriment beaucoup et écoutent peu (écoute sélective) ou n'écoutent pas du tout les avis éclairés.
Aussi, avais-je prévenu des conséquences certaines de cette attitude de repli ou de surdité politique qui entraîne des remous sociaux ou des changements anticonstitutionnels conduisant à une incertitude politique et à des expérimentations politiques atypiques aux couleurs tropicales. Cela a malheureusement pour conséquence, à travers les remous socio-politiques engendrés, de saper l'ordre public ou d'instaurer un nouvel ordre politique.
Pendant longtemps, l'expression de l'autisme politique en Afrique a consisté en la fermeture du scrutin en écartant les opposants politiques du fait du défaut de légitimité suffisante ou de la fébrilité politique des dirigeants au pouvoir. Cette voie épineuse et tortueuse est sans issue. Les illustrations de cette aventure politique ambiguë sont légions sur le continent africain. Malheureusement, ces leçons plurielles et singulières n’ont ni instruit, ni assagi les autorités déchues de la désormais précédente transition politique au Burkina Faso. Elles se sont engouffrées dans cette brèche suicidaire qui ne pouvait prospérer, ni à moyen terme, ni à long
terme.
En démocratie, le pouvoir provient du peuple et il lui revient de choisir au suffrage universel, au cours d’un scrutin inclusif et transparent, la personne qui devra présider à sa destinée pendant une période donnée. La majorité en est le critère initial : ce n’est ni le plus beau, ni le plus intelligent, encore moins le plus fortuné qui sera élu mais celui à qui le peuple aura accordé majoritairement son suffrage. Il appartient donc au peuple de choisir dans les urnes et non à un individu (ou autorités de transition) de décider d’autorité.

Dr. GUIBESSONGUI N’Datien Séverin

www.guibess.net
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