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Politique Publié le jeudi 18 mai 2017 | Pôle Afrique

Mutineries répétitives, les conséquences internationales

© Pôle Afrique Par DR
Reprise des mutinerie en Côte d’Ivoire
Lundi 15 Mai 2017 . Abidjan . Reprise des mutinerie en Côte d’Ivoire
La Côte d’Ivoire vient de sortir d’une nouvelle mutinerie de quatre jours. Quelles peuvent être les conséquences de ces bruits de bottes répétitifs sur le plan international pour le pays ? Des politologues ivoiriens se prononcent sur la question.

« Les mutineries récurrentes remettent en cause les efforts de l’éco-diplomatie que le Président, Alassane Ouattara a entamé afin de permettre aux investisseurs de revenir en Côte d’Ivoire. Si c’était

aujourd’hui, la Bad n’allait pas revenir », soutient Palé Dimaté, spécialiste des questions internationales.

Concernant le volet économique, il fait savoir que cette situation peut freiner drastiquement l’élan des investisseurs internationaux vers le pays et les aides de développement de l’Union européenne, du FMI et autres organisations financières internationales. « Rien qu’en ces 4 jours la Côte d’Ivoire a perdu beaucoup. Qui viendra investir dans un pays instable ? », interroge le spécialiste.Dr François Adou, géo-politologue, Enseignant-chercheur à l’Université Félix Houphouët-Boigny. Il fustige le laxisme des autorités avant d’indiquer qu’ « Au plan international, l’image des dirigeants de la Côte d’Ivoire et leur crédibilité est mise en pièce» avec ces nombreux mouvements d’humeur des militaires.

Dès son accession au pouvoir en 2011, le Président, Alassane Ouattara, a entrepris plusieurs actions pour le repositionnement de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale, après la longue crise militaro-politique. Il s’agit entre autres, du retour de la Banque africaine de développement (BAD), les nombreuses visites d’Etats des Présidents étrangers et les voyages du chef d’Etat lui-même, l’organisation des

jeux de la francophone prévue du 21 au 30 juillet prochain sur le sol ivoirien et la candidature pour le poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU pour la période 2018-2019.

Ces mutineries sont de nature à fragiliser les efforts de repositionnement du pays abattus par le chef de l’Etat, selon Palé Dimaté. A l’en croire, si l’indice sécuritaire n’est pas reluisante, les jeux de la francophonie peuvent être perturbés ou reportés. Et d’ajouter que cela peut également avoir un impact désolant sur la candidature de la Côte d’Ivoire au poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU où le pays est déjà en campagne. « Le conseil de sécurité ne peut admettre un pays qui a tous ces problèmes », regrette-il. Le politologue, Dr Adou ne dit pas autre chose. Il estime que les jeux de la francophonie qui doivent se dérouler dans moins de deux mois sont menacés dans ce contexte de mutineries et d’une éventuelle nouvelle grève des fonctionnaires. Non sans préciser que la candidature de la Côte d’Ivoire pour le poste de membre non permanent au Conseil de Sécurité va en pâtir. « De quel rayonnement international vous voulez, quand on n’est pas capable de mettre de l’ordre chez soi», lance l’universitaire. Cette énième mutinerie en Côte d’Ivoire a suscité les réactions des organisations africaines. L’Union africaine (UA) et la communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) inquiètes de la situation ont appelé le lundi 15 mai les insurgés à rejoindre les casernes.

C’est en 2014 que les premiers mouvements de mécontentement des 8 400 insurgés ont éclatés, puis en janvier 2017 et ensuite du jeudi 11 au lundi 15 mai derniers. Espérons que l’accord signé, comme a rassuré le Ministre de la défense et de la sécurité, Alain Donwahi, mette fin définitivement à ces mutineries qui écorchent l’image du pays.

Gnoungo Fanta
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