ABIDJAN - Des partisans du président ivoirien Laurent Gbagbo ont demandé au Premier ministre Guillaume Soro de quitter ses fonctions de chef des Forces nouvelles (FN, ex-rébellion) en signe de désaccord avec l'économie "parallèle" mise en place, selon eux, dans le nord du pays.
Le Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), qui regroupe les partis politiques, les syndicats et plusieurs associations proches de M. Gbagbo, a dénoncé dans un communiqué "la persistance d'une économie parallèle entretenue par la commercialisation de nos ressources agro-sylvicoles et minières" dans le nord du pays, contrôlé depuis 2002 par les FN.
Le CNRD a souligné "la perception des taxes illicites destinées à alimenter les caisses des FN pendant que persistent des lenteurs sérieuses dans le redéploiement des régies financières, au grand préjudice de la restauration de notre économie", selon le communiqué.
Le CNRD s'est également dit "étonné que M. Soro, tout en assumant les charges de Premier ministre, se comporte encore comme le chef de la rébellion en cautionnant les actes voués à la destructuration de notre économie et au maintien de la situation de partition que connaît notre pays".
"Nous demandons à M. Soro de se consacrer à ses fonctions de Premier ministre en mettant de côté ses fonctions de chef de la rébellion", a demandé lors d'une conférence de presse Danielle Boni-Claverie, porte-parole du CNRD.
Une organisation non gouvernementale, Global Witness, a récemment dénoncé le maintien par les FN d'une "économie de guerre". Un an après l'accord de paix de Ouagadougou, l'ex-rébellion continue à "percevoir des taxes sur le cacao et les diamants", selon Global Witness.
Un accord complémentaire prévoyait un redéploiement de l'administration fiscale et douanière au plus tard le 30 janvier 2008 mais ce processus fait toujours l'objet de discussions entre les deux camps.