Depuis 90. Les temps ont changé. Les mentalités ont-elles aussi évolué. Pour épouser l'air du temps. Plus donc de parti unique. Et de pensée unique. En Côte d'Ivoire. Mieux, les régions considérées autrefois, à tort ou à raison, comme le bastion ou la chasse-gardée de tel ou tel autre parti politique, n'existent désormais que dans l'esprit. Des uns et des autres. C'est la preuve que la Côte d'Ivoire, malgré la situation de crise qu'elle traverse, avance. De façon irréversible. Sur la voie de la démocratie. Et du développement. Malheureusement, il se trouve dans nos rangs en ce 21ème siècle, des personnalités qui sont aujourd'hui encore à s'accrocher aux pratiques moyenâgeuses. Aux réflexes anciens des années 90. Où l'annonce de l'arrivée de Gbagbo dans un village donné de la Côte d'Ivoire était perçue comme un affront. Comme une déclaration de guerre en direction des élus locaux ou des cadres des régions visitées. Qui, bien évidemment, trouvaient là une belle occasion pour dresser leurs cheveux. Ou de bander leurs muscles. Ce qui s'est passé à Béoumi, le week-end dernier, à la faveur de la visite du chef de l'Etat dans cette localité, devait faire comprendre au ministre Bandama N'Guatta et sa bande de copains. Qu'aucune région de la Côte d'Ivoire n'est la propriété exclusive d'une ethnie. Car autant Gbagbo a célébré ''Paquinou 2008'' en compagnie de ses frères et sœurs du V Baoulé, autant Konan Bédié ou Alassane Ouattara est libre de décider de passer Noël 2009 à Kabacouma. Et pourquoi pas à Ouragahio où le leader du PDCI s'y est déjà rendu. Avant même la proclamation du multipartisme en Côte d'Ivoire. A l'invitation de son frère et ami, Kouadio Gbaka Gaspard. C'est notre pays qui en serait le grand bénéficiaire. Et non la personne de Gbagbo, de Bédié ou de Ouattara. Tant que cette démarche citoyenne et républicaine n'est pas comprise, il est évident que la nation ivoirienne ne s'en portera que mal. Les preuves sont là. Sous nos yeux. Les Forces nouvelles se sont essayées à l'exercice. Elles ont échoué. Elles sont revenues à la maison. Les armes aux pieds.