La ville de Duékoué était sous le feu de l’actualité. Durant deux jours, les soldats en poste dans cette ville ont manifesté leur colère par des coups de feu nourris ayant occasionné la mort d’un civil, de plusieurs blessés et l’exfiltration du gouverneur militaire, le colonel major Guié Globo. Après deux jours de contestation suite au décès de l’un des leurs, le calme est revenu dans la ville, mais les mutins semblent ne plus souhaiter le retour du gouverneur militaire. Rencontrés, ces derniers expliquent leur position par trois raisons. Selon eux, leur premier responsable ne serait pas exemplaire. Ils lui reprochent d’avoir couvert son ancien chauffeur du nom de Bah Homère. « Ce monsieur a été identifié par les transporteurs de l’axe Duékoué Bangolo comme étant l’un des coupeurs de route à ses heures perdues. Il lui est aussi reproché d’avoir attaqué la CECP. Les éléments des casques bleus de l’ONU-CI, l’ont même pris sur les faits et remis à la police qui la fait interner à la prison de Dalao. Il a été découvert quarante millions (40.000.000) F CFA sur son compte. Pour un soldat de son rang, cela nous semble excessif. Alors que nous le croyions en prison, des informations font état de ce qu’il aurait été non seulement libéré mais mieux, il aurait réintégré le corps, grâce à l’intervention du colonel Guié. Pour nous, c’est une faute grave. Cet homme ne mérite pas de nous diriger », fulmine de colère l’un d’entre eux. Pour une zone aussi dangereuse, ces militaires ne comprennent pas leur cantonnement. « Il a fait de faux rapports à nos supérieurs pour que nous soyons cantonnés, nous trouvons cela anormal », a lancé un autre militaire. La dernière raison de leur colère, est la part belle faite aux autochtones par le colonel Guié. « Il est prompte à intervenir lorsqu’il s’agit de venir en aide à un autochtones. Il reste indifférent à nos sollicitations. La preuve alors que tout Duékoué a accouru au petit matin au domicile de notre collègue décédé, lui ne s’est amené que peu après 10 heures. C’est pour toutes ces raisons que nous ne souhaitons pas son retour parmi nous », a conclu notre premier interlocuteur.
Patrick Gondo (Correspondant)