La sécurité alimentaire préoccupe les autorités ivoiriennes. Aussi, depuis hier et ce, jusqu’aujourd’hui, se tient à l’Aisa (Association ivoirienne des sciences agronomiques) à Yopougon, un atelier qui a pour thème : « Appui à la redynamisation du secteur semencier national ». Mme Zéhi, représentante de la Fao, a expliqué que son organisme entend appuyer le gouvernement ivoirien dans ses activités visant à atteindre de façon durable, la sécurité alimentaire pour toutes les populations de la Côte d’Ivoire. « Il est connu de tous que la sécurité alimentaire dépend largement de la sécurité semencière. L’accès des paysans aux semences en quantité et en qualité, reste l’un des principaux objectifs de la Fao en Afrique », a expliqué Mme Zéhi. Se réjouissant de la tenue de ce séminaire qui bénéficie de l’appui technique et financier de la Fao et dont les recommandations sont très attendues par le gouvernement ivoirien et ses partenaires. Quant à M. Alassane Diamouténé, directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, il a souligné que le programme de la Fao comprend les aspects institutionnels (formulation d’une politique semencière nationale), les aspects techniques (contrôle de qualité, renforcement des capacités des techniciens et des producteurs), et la mise en place d’un observatoire de semences. Selon M. Diamouténé, depuis environ deux décennies, la politique semencière de l’Etat n’a pas permis de répondre efficacement à la demande des producteurs en semences améliorées. Surtout qu’en Côte d’Ivoire, le taux d’utilisation de semences améliorées qui se situe autour de 10%, reste très faible. Les causes s’articulant entre autres, autour d’une absence de politique semencière, une désorganisation des filières semencières, une absence d’information sur les prix, sur les stocks disponibles et sur les besoins en semences des paysans, une absence de circuit de commercialisation fiable. A cela, s’ajoute la crise socio-politique que traverse la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Conséquences : un manque chronique de semences et plants de qualité, une disparition de plusieurs variétés locales et un dérèglement de la sécurité alimentaire, avec une aggravation de la pauvreté aussi bien en milieu rural qu’urbain. Aussi, M. Diamouténé a-t-il salué la tenue de cet atelier, forum d’échanges dont l’issue permettra d’améliorer la production agricole, pour le bien des populations.
Jean Eric ADINGRA