ABIDJAN - Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, également chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), doit conserver ses deux fonctions, a affirmé mercredi le porte-parole des ex-rebelles, Sidiki Konaté, en réaction à des critiques de partisans du président Laurent Gbagbo.
Les FN, en tant que signataire de l'accord de paix interivoirien de Ouagadougou, "continueront d'être dans l'application de l'accord jusqu'à la fin du processus", selon un communiqué des FN reprenant les propos de M.
Konaté.
"Et c'est parce que (Guillaume Soro) est secrétaire général des FN qu'il est Premier ministre et nous l'encourageons à continuer de travailler dans cette posture jusqu'à la fin du processus", a ajouté le porte-parole.
Mardi, le Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), un groupe de partis et mouvements pro-Gbagbo, avait demandé à Guillaume Soro de quitter ses fonctions au sein des FN pour ne pas "cautionner" la gestion des zones sous contrôle de l'ex-rébellion.
Le CNRD a notamment souligné "la perception des taxes illicites destinées à alimenter les caisses des FN pendant que persistent des lenteurs sérieuses dans le redéploiement des régies financières, au grand préjudice de la restauration de notre économie".
Signé le 4 mars 2007 par MM. Gagbo et Soro, l'accord de paix prévoit la réunification de la Côte d'Ivoire, coupée en deux depuis la tentative de coup d'Etat des FN en septembre 2002.
Le gouvernement de transition dirigé par M. Soro est notamment chargé de mettre en oeuvre le redéploiement de l'administration, en particulier fiscale et douanière. Prévu pour s'achever fin janvier 2008, ce redéploiement fait toujours l'objet de discussions entre les deux camps.
L'ONG Global Witness a récemment dénoncé le maintien par les FN d'une "économie de guerre", avec la perception de taxes illégales sur le cacao et les diamants.