Il ne faut pas diviser pour régner, mais régner pour unir. La Côte d’Ivoire est une et indivisible ». Cette déclaration a été faite par Mgr Marie-Daniel Dadiet, archevêque de Korhogo et président de la commission épiscopale « Justice et Paix », le dimanche de Pâques dans sa cathédrale. C’était à l’occasion de la messe de lancement des tournées du bureau et des comités « Justice et Paix » à travers tout le pays. Parlant des futures élections, Mgr Marie-Daniel Dadiet a souhaité qu’elles soient transparentes, ouvertes, et démocratiques. Elles doivent être aussi sans violence, avant, pendant et après. « Accepter le verdict des urnes, c’est faire preuve de démocratie. Avoir plusieurs partis politiques est la preuve d’une maturité et d’une force démocratique ». Aussi l’archevêque de Korhogo a-t-il invité les partis politiques à cesser de s’entredéchirer et de guerroyer à travers la presse. Pour Mgr Dadiet, l’amour du pays, sa protection, et sa défense nous contraignent à être des artisans et faiseurs de paix. « C’est du tréfonds de la souffrance que naît le désir de paix. Pour notre part, nous devons nous débarrasser des fausses notions de paix et d’ordre qui passent par les arguments des armes, des conflits et de la force. La force des armes n’est pas une raison qui doit s’imposer et l’emporter. C’est la force de la raison et du dialogue qui doit s’imposer et l’emporter », a poursuivi l’archevêque en indiquant que l’on n’arrive pas à rallier à sa cause l’autre en le blessant, le frappant, l’humiliant et le soumettant. Mais, par la douceur du cœur, l’amitié et l’amour, a-t-il précisé. La vraie notion de paix passe selon lui par l’éducation des cœurs et des esprits, la place qui est véritablement la nôtre dans le tissu social, économique et politique du pays. La justice, le travail, l’instruction et la culture sont à cultiver et à rechercher. Mgr Dadiet a par ailleurs salué les initiateurs et les effets de l’Accord politique de Ouagadougou sur le processus de sortie de crise. « Alors que des crises sur le continent ou ailleurs mettent des décennies pour être résolues, ici, la crise s’est résolue en quelques années. Il reste les mécanismes à mettre en place ; l’on y travaille pour une sortie de crise réussie ».
En effet, « après la caravane de la paix initiée l’année dernière par les artistes ivoiriens, après les sillons de la paix par les patriotes, et le passage remarqué du Président de la République dans la région des Savanes, en novembre dernier, l’Eglise catholique, promotrice de justice et de paix, se devait à son tour de relayer les artistes et hommes politiques pour ensemble rechercher les sentiers de la paix en Côte d’Ivoire », a indiqué le prélat. C’est pour cette raison que les évêques ont donné mandat à la Commission Episcopale « Justice et Paix » ainsi qu’au bureau national de sillonner tout le territoire national pour parler de réconciliation, de pardon et de doctrine sociale de l’Eglise catholique, a précisé l’archevêque de Korhogo.