Les populations du Nord, du Centre et de l’Ouest de la Côte d’Ivoire qui étaient totalement sorties du système bancaire moderne du fait de la guerre et de l’occupation de ces zones par la rébellion, retrouvent progressivement l’habitude d’aller à banque pour des opérations de retrait et de dépôt d’argent. Depuis 2007, les différents responsables des banques oeuvrent de bancariser à nouveau cette partie du pays désignée maintenant sous le vocable de zone CNO (zone centre-nord et ouest). La dernière en date est la réouverture, le 19 mars dernier, de l’agence de la banque internationale pour le commerce et l’industrie (BICICI) à Bouaké, en présence du ministre de l’Intégration africaine, Koné Amadou, représentant le Premier ministre, et des autorités administratives, politiques et militaires. Ainsi, cette banque privée, filiale du groupe BNP Paribas, vient de suivre l’exemple de la banque nationale d’investissement (BNI), de la banque de l’habitat (BHCI), et de la banque du Trésor qui avaient engagé en 2007 ce mouvement de retour dans l’ex-zone de la rébellion. Avec la présence de nouveau de la BICICI à Bouaké, l’on peut affirmer que l’extension du réseau bancaire sur l’ensemble du territoire est résolument engagée, surtout que cette banque fait partie des quatre plus grands établissements bancaires du pays, et qui en plus ne détient pas que des intérêts ivoiriens. Par cet acte, les responsables de la BICICI apporte de l’eau au moulin des autorités politiques qui ne cessent de déclarer que « la guerre est finie », et qu’il importe que les opérateurs économiques relancent leurs activités sur l’ensemble du territoire national. « la BICICI qui a toujours fait confiance à la Côte d’Ivoire et au processus de réconciliation matérialise cette confiance aujourd’hui. Nous sommes là pour vous apporter les services d’un grand groupe bancaire international et solide », a déclaré Jean-François Fichaux, directeur général de cette banque. Quant au ministre Koné Amadou, représentant le Premier ministre, il s’est félicité du fait que progressivement, les mesures sécuritaires et économiques permettent l’ouverture des structures financières, notamment les banques dites traditionnelles comme la BICICI. Cela, a-t-il dit, est la preuve que l’Accord politique de Ouagadougou signé le 4 mars 2007, et qui avait posé le redéploiement des structures administratives et financières comme objectif majeur de sortie de crise est en marche.