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Tiburce Koffi répond à l`interview de Soro Guillaume dans JA: "Vous avez indiscutablement échoué"

 

 
 
 vendredi 28 mars 2008 - Par Le Repère Taille des caractères

    

Activités
de CICG par DR
A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré (à droite), Président du Burkina Faso, la quatrième Réunion du Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA) de l’Accord Politique de Ouagadougou s’est tenue à Ouagadougou le 21 mars 2008 en présence du Premier ministre Guillaume Soro
Dans sa livraison du 16 au 22 mars 2008, Jeune Afrique nous a permis de lire une interview de l`actuel Premier ministre de Côte d`Ivoire, Soro Guillaume. Le texte, intitulé "Les vérités de Guillaume Soro", a dû retenir l`attention de nombreux Ivoiriens qui, comme moi, s`intéressent de très près à la politique qui a cours dans leurs pays. Cette interview, quoique professionnellement bien menée (en ce sens qu`elle a veillé à toucher à des questions essentielles de la vie politique des Ivoiriens, en plus du fait que le journaliste n`a, à aucun moment de sa démarche, franchi la ligne de neutralité indispensable à la conduite d`une interview), mérite cependant qu`on s`y arrête pour questionner encore les réponses non satisfaisantes, poser les questions non posées, et dire le discours, libre, que le cadre d`une interview ne pouvait accorder au journaliste. Commençons par n`importe lequel des points abordés.

1 - De l`accord de Ouaga

M. Soro, à l`instar du chef de l`Etat Laurent Gbagbo, en est satisfait - le contraire aurait d`ailleurs étonné plus d`un ivoirien. Je note pour ma part la concomitance de leurs propos, comme s`ils s`étaient entendus pour faire diffuser dans des organes différents, ces satisfecits qui jurent cependant avec la réalité des faits et les sentiments de la population. Je rappelle que le but ultime de l`accord de Ouaga au terme de sa durée, était d`amener le peuple ivoirien aux urnes, à l`issue de la réalisation de plusieurs étapes définies par un échéancier clair et précis. On sait qu`aucune de ces échéances n`a été respectée ; mais on sait surtout que la durée de cet accord a expiré sans que son but ultime soit atteint. En matière d`évaluation, on appelle cela " objectif non atteint ". Par rapport à l`horizon d`attentes et d`espoirs suscités par cet accord, on dit tout simplement qu`on a échoué.
Un échec que l`on pourrait expliquer ou même excuser ; toujours est-il que c`est un échec parce qu`on n`a pas atteint l`objectif qui, je le répète était de faire se tenir les élections. Pourquoi et comment donc MM. Soro et Gbagbo, peuvent-ils nous abreuver de satisfecits et nous faire croire que Ouaga a rempli la mission qu`il s`était donné ? Pourquoi ne pas reconnaître objectivement cet échec, en déterminer froidement les causes et tirer sereinement les conséquences de cette situation afin d`en envisager une meilleure approche ?

Les raisons que M. Soro énumère pour justifier ce satisfecit m`ont paru (et pour le moins) discutables : ce sont, entre autres d`importance moindre, la qualité des membres du gouvernement, la délivrance des 380 000 jugements supplétifs, la désignation de " Sagem Sécurité " comme opérateur technique pour l`identification et l`inscription de la population sur les listes électorales, la visite du chef de l`Etat au Nord ; enfin, le démantèlement de la zone de confiance. Examinons ces raisons.

M. Soro note : " Le gouvernement que je dirige a une particularité : il est composé de représentants des six plus grandes forces politiques du pays. Prétendre que cette équipe a échoué revient à dire que l`ensemble de la classe politique ivoirienne a échoué. " Pour tout ivoirien, il ne fait aucun doute que la classe politique ivoirienne a effectivement échoué ; et il n`y a vraiment que M. Soro seul, pour soutenir la thèse contraire. La matérialisation indiscutable de cet échec est ce pays délabré physiquement, économiquement et surtout, sur le plan éthique. Mais, pour tout ivoirien, la preuve la plus parlante de l`échec de la classe politique ivoirienne est cette rébellion qui a balafré le pays, meurtri le corps, l`esprit et l`âme de ses habitants ; cette rébellion dont un des porte-parole se nomme Soro Kigbafori Guillaume. Et il est plus que jamais important que ce dernier sache que, n`eût été la peur de se faire tuer par les rebelles (qui tiennent toujours sous le joug des armes nos populations du Centre, du Nord et de l`ouest montagneux) et par les hommes de Gbagbo (qui sévissent en zones sous contrôle gouvernemental), il y a longtemps que ce peuple, las des inconduites et irresponsabilités de cette classe politique, aurait envahi les pavés pour hurler à la face du ciel, son refus, tout son refus de la voir présider encore aux destinées de ce pays.

Oui, M. Soro Guillaume, je puis vous dire et redire que le peuple de Côte d`Ivoire est vraiment fatigué de cette classe politique qui a ECHOUE, en signant son passage par mille et un manquements civiques, étatiques et éthiques. N`entendez-vous pas les ritournelles des chansons zouglou qui, presque toutes aujourd`hui, se font l`écho des déceptions de ce peuple las de vos turpitudes traumatisantes et improductives ? Moi, j`entends chaque jour remonter vers moi, les plaintes et souffrances de toutes les populations de Côte d`Ivoire, même celles du Nord - qui se sont enfin réveillées de l`illusion de l`ordre nouveau que vous leur aviez promis hier, en venant secouer la Côte d`Ivoire des clameurs de vos kalachnikovs. Oui, M. Soro, cette classe politique a indiscutablement échoué !

De la délivrance des 380.000 jugements supplétifs

Je me demande bien si M. Soro réalise la gravité des propos qu`il a tenus, à ce sujet : était-ce pour un objectif aussi chétif que celui-là, que l`on a fait tout le tintamarre de l`accord de Ouaga ? Etait-ce pour délivrer 380 000 malheureux jugements supplétifs à des gens de ce pays, que l`on a pris les armes contre ce régime et la Côte d`Ivoire ? Il me plaît de rappeler aux Ivoiriens, aux rebelles (ou ex-rebelles) surtout, et particulièrement à M. Soro Guillame, que M. Charles Konan Banny, qui n`avait pourtant rien à voir dans cette sale crise qui nous a tous éclaboussés, était allé plus loin que lui dans l`acte de délivrer ces pièces : sous la primature de M. Banny, les audiences foraines devraient, en effet, être sanctionnées de manière concomitante, par la délivrance d`un certificat de nationalité, afin de gagner du temps pour la tenue des élections certes, mais aussi et surtout, afin de réparer, concomitamment, la grave injustice qui avait engendré la rébellion : la citoyenneté ivoirienne refusée à des milliers d`entre les nôtres, victimes d`une méchante discrimination administrative.

Or, que constatons-nous aujourd`hui sur cette question ? Apparemment, M. Soro Guillaume, affiche moins d`ambition que M. Banny. Je comprends donc que M. Gbagbo puisse être content et même fier de lui ; mais que Soro en soit lui-même satisfait, cela me paraît une attitude curieuse …

N`est-il pas " déçu par le faible nombre de jugements supplétifs délivrés par les audiences foraines " - c`est le journaliste qui pose la question ? " M. Soro répond : " Ce sont ceux qui ont fait les estimations au départ qui doivent les revoir à la baisse. " Oui, vous avez bien lu.
Question à la réponse : qui a fait ces estimations ? Pas M. Gbagbo ni le FPI, en tout cas. Mais bel et bien ceux qui ont pris les armes, ou bien alors ceux qui ont armé les bras des enfants de ce pays. Le Premier ministre Guillaume Soro, à l`exercice du pouvoir, veut-il nous dire par là que ses compagnons d`armes et lui s`étaient trompés ? Est-il alors en train d`inviter la rébellion à revoir ses ambitions à la baisse ? Qu`il le dise donc, clairement ! Qu`il le confesse alors, avec les mots du contrit, et qu`il achève de disqualifier cette hussarderie d`une nuit blafarde de septembre 2002 qui n`a que trop duré.

Le démantèlement de la zone de confiance

M. Soro fait aussi du démantèlement de la zone de confiance, un acquis positif de l`accord de Ouga, car selon lui, " la zone de confiance (…) divisait le pays en deux ". Le propos est gravement falsificateur. Rectifions donc les choses. Non, ce n`est pas la zone de confiance qui (a divisé) ou divisait le pays en deux. C`est la REBELLION QUI DIVISAIT et DIVISE toujours le pays en deux. Et ceci n`est pas une nuance, ni une vaine métaphore : c`est cela la réalité. La preuve de ce que je dis là, est que, depuis, le 16 avril (bientôt un an donc) que cette zone de confiance a été démantelée, les rebelles contrôlent toujours les zones qu`ils occupent, continuent de prélever des impôts, gardent leurs privilèges de seigneurs de guerre. Récemment, le général Bakayoko a lancé un appel clair et sans équivoque aux rebelles en les invitant à ne pas libérer les maisons qu`ils occupent indûment depuis 2002.
Pour nous Ivoiriens, la division du pays, c`est cela : cette gestion duelle de notre pays, cette administration fantaisiste et bâtarde, ces deux légalités à la fois formelles (la zone sud) et informelles (la zone sous contrôle des rebelles). Et, tant qu`au démantèlement de la zone de confiance, ne succédera pas le désarmement total et effectif de la rébellion et des milices armées de M. Gbagbo, tant que l`administration du pays entier se fera dans l`acceptation complaisante et anti-républicaine de la présence illégale des rebelles aux postes de commandes, le territoire ivoirien n`aura pas été réunifié.
Pour avoir été ministre d`Etat dans le gouvernement de M. Banny, M. Soro sait très bien que le démantèlement (qui ne posait aucun problème) de la zone de confiance était inscrit dans le programme d`action de l`ex Premier ministre. Mais, et à l`inverse de la démarche de la paire Gbagbo-Soro, M. Banny concevait ce démantèlement (facile à faire) comme un des points de l`apothéose qui sanctionnerait la paix vraiment retrouvée (par le désarmement effectif) de la rébellion et des milices de la zone gouvernementale. Le démantèlement de la zone de confiance n`est donc pas un acquis de l`accord de Ouaga. Il était déjà un acquis sous M. Banny. Evitons la récupération facile.

2 - De la violation de droits de l`homme et des exactions commises par la rébellion et dénoncées par Humain Right Watch et le Haut Commissariat de l`ONU.

Interpellé par le journaliste sur les violations des droits de l`homme par les rebelles, M. Soro dit ceci : " Je regrette la façon sommaire dont ces organismes travaillent : la rébellion ivoirienne n`a jamais coupé de bras, ni violé, ni creusé des charniers ". Pour peu, M. Soro nous dirait que la rébellion n`a jamais tué ! Comme c`est triste ! Allons, comment faut-il expliquer à notre Premier ministre pour qu`il sache que tuer des civiles désarmés est un acte de violation des droits de l`homme ? Et que cela justifie une interpellation de l`ONU et des organismes humanitaires ? Les Escadrons de la mort du camp présidentiel, tout aussi dénoncés par L`ONU, n`ont jamais non plus, violé, ni coupé de bras. Leurs crimes sont-ils moins des crimes pour autant ?

M. Soro doit faire l`effort de comprendre que l`inacceptabilité d`un crime n`est pas fonction du bras, de l`oreille ou des testicules de la victime que le criminel a laissé (s) intact (s) (sans doute pour d`insolites raisons esthétiques), mais du principe même du crime ; c`est-à-dire l`acte de tuer un homme, d`ôter (pour quelque raison que ce soit) la vie à notre semblable. C`est un acte prohibé par toutes les cultures du monde, du plus lointain de notre Humanité naissante, aux âges avancés d`éclaircie morale. Malgré nos égarements actuels, nous Ivoiriens, sommes, après tout, des gens civilisés, bons et gentils ; nous n`avons pas de tradition du crime. Cette guerre fut un malheur qui nous est arrivé, et nous devrions en être gênés. Nous n`avons pas à chercher à justifier des tueries, ni à établir une hiérarchie esthétique dans les manières de tuer.

Et puis, en réalité, les viols de la rébellion ne se content plus : les dépositions des rescapées de l`enfer de Bouaké, de Béoumi, de Sakassou, Monoko Zohi, de Guitrozon, etc., et des contrées saccagées et soumises par la rébellion, sont encore dans nos mémoires. Nous les avons entendues à l`Assemblée nationale, et en direct. Peut-être que M. Soro ignore l`existence de ces documents audiovisuels qui font partie des archives de la rébellion. Et nous sommes un certain nombre de (vrais) patriotes ivoiriens, hier membres du ``bois sacré``, à savoir où elles se trouvent.

La rébellion du Nord a fait aussi des charniers - c`est connu. Quoi ! Ces hommes qui sont morts, étouffés dans un conteneur surchauffé sous un soleil canaille de Korhogo, ces gendarmes désarmés et exécutés froidement à Bouaké, puis enterrés dans une fosse commune, tous ces cauchemars de notre septembre noir de 2002, relèvent-t-il d`une banale esthétique fictionnelle ? Non, M. Soro, non !

3 - Du pillage des mines de diamant de Séguéla

J`avoue qu`ici, M. Soro m`a sidéré dans la réponse qu`il a donnée au journaliste. Lisez-la : " Le diamant a toujours été exploité par la population et par des trafiquants. Bien avant la crise. J`ai dis aux Forces impartiales que je suis prêt à faire surveiller cette mine si elles me le demandent ".
Si je comprends bien, M. le Premier ministre de la République indépendante et souveraine de Côte d`Ivoire, attend des Forces impartiales, qu`elles lui disent de prendre des mesures pour faire arrêter le pillage des richesses du pays qui est placé sous sa primature ! Question : sont-ce les Forces impartiales qui ont demandé aux rebelles de piller le diamant ivoirien pour le vendre dans les pays limitrophes ?

4 - De ses liens avec des chefs d`Etat africains

Ici, M. Soro décline l`affection et l`amour que ces chefs d`Etat éprouvent pour lui. Il dépeint le Président Blaise Compaoré sous les traits d`un patriote africain " (qu`est-ce que cela signifie ?) " qui a une véritable vision de l`avenir ! " Je ne sais pas s`il est possible (à part chez les géomanciens) d`avoir une ``vision du passé``, et à quoi cela correspondrait. M. Soro nous dit aussi sa fierté de compter au nombre des filleuls bien-aimés du Président Bongo. Ecoutez-le nous en parler sur des notes attendrissantes qui feraient pleurer de repentir, plus d`un opposant gabonais : " Il faut approcher Omar Bongo pour saisir toute sa dimension (…) Il n`a rien à voir avec la caricature que les journaux occidentaux font de lui (…) Il s`est pris d`affection pour moi et me traite comme son propre fils. Je me réjouis de cette relation. "

Demandons tout simplement à M. Soro s`il est sûr que le gentil Président Bongo se prendrait d`affection pour un jeune gabonais qui déclencherait une rébellion armée contre l`institution présidentielle gabonaise ! J`en doute. Tout comme je doute fort que le Président Bongo puisse présenter Soro à la jeunesse gabonaise comme exemple de jeune à imiter ! Je suis même certain que le M. Bongo a pris soin d`expliquer aux leaders d`associations de jeunes de son pays, qu`il ne faut surtout pas suivre l`exemple de ce garçon (Soro) qui a divisé son pays en deux et en a retardé la marche !!!

Ecoutez-moi, monsieur Guillaume Soro Kigbafory : du haut de mon droit et devoir d`aîné et d`enseignant (parce que je suis votre aîné et votre professeur), je vous le dis fort, et sans aucun tremblement de la plume : " Vous êtes naïf ! "… comme dirait l`autre que vous avez… banni ! Si tous ces gens (Bongo, Compaoré, Wade, Biya…), vous aiment, c`est tout simplement parce que vous avez créé des problèmes à votre pays la Côte d`Ivoire, dont ils jalousaient, tous, la réussite économique. Grâce à vous, ils peuvent, enfin, eux aussi, rêver de grandeurs, ou au moins, espérer réduire le fossé qui séparait la Côte d`Ivoire d`eux. Grâce à vous, la Côte d`Ivoire est sur le point de perdre le leadership dans la sous région. Votre rébellion les arrange donc, M. Soro…

Non, aucun d`entre ces chefs d`Etat qui vous vouent aujourd`hui amour et affection, ne souhaiterait avoir dans son pays, un jeune qui suivrait votre exemple ; parce qu`en réalité, à leurs yeux, vous êtes un mauvais exemple. Vous n`êtes bon que parce que vous détruisez la Côte d`Ivoire et que vous détestiez/détestez Gbagbo… qu`ils détestent, eux aussi. Et vous savez, moi, de même, pourquoi ils le détestent/détestaient : parce qu`au départ, Gbagbo n`avait pas voulu être comme eux. (...) C`était le temps de ``mon`` bon Gbagbo``, le Gbagbo que j`avais suivi. A présent, c`est réglé : Gbagbo a décidé d`être comme eux ; c`est-à-dire, être un prédateur de son pays, un facilitateur de détournements de deniers publics, d`enrichissements illicites, un partenaire idéal pour le vampirisme des ultra libéraux qui pillent et ravagent le continent africain (…) ; bref, un serviteur tropical de la bourgeoisie comprador. Pis : un roi nègre… comme les autres. Un bon roi nègre, avec le goût farfelu du luxe, la propension à l`amusaille, la fragilité face à l`argent et aux compromissions faciles, le culte de la personnalité, la tentation de l`autocratie - les présidents nègres, tout bon président nègre qui se respecte, est un autocrate affirmé et… aimé par son peuple !
Voilà, cher cadet, ce que sont vos modèles. A votre âge biologique (36 ans) ! L`enseignant et l`aîné que je suis, peuvent vous le redire d`autorité.

5 - De ses ambitions politiques

M. Soro nous dit : " S`il y quelqu`un qui veut que les élections se tiennent au plus vite, c`est moi. L`accord de Ouaga m`interdisant d`être candidat, j`ai hâte d`être au lendemain du scrutin pour pouvoir enfin exprimer mes ambitions pour mon pays (…) Vivement les élections qui vont clore un cycle politique et ouvrir la voie à de nouvelles générations ".

Ces propos montrent clairement les insuffisances théoriques de M. Soro dans la lecture de sa propre trajectoire et de l`histoire politique d`un pays. Il croit, en effet, qu`il appartient à la génération future d`hommes politiques ivoiriens, porteurs d`espérances nouvelles et nourries d`utopies originales. Il ne sait pas qu`en réalité, dialectiquement et sur le plan historique, il appartient à la génération présente de politiciens enragés et ravageurs qui ont porté le deuil au cœur de la Côte d`Ivoire, et dont les Ivoiriens ne veulent plus. Il croit, tout naïvement, que l`âge biologique se confond avec l`âge politique.

Nous avons le droit et surtout le devoir, d`instruire l`élève et le cadet sur ces choses précieuses et subtiles qui ont (inévitablement) échappé à sa sapience. Non, M. Guillaume Soro Kigbafory, vous n`appartenez plus à une nouvelle génération d`hommes politiques ivoiriens. En réalité, sur le plan politique, vous êtes contemporain de Gbagbo, Bédié, Ouattara, Mme Diabaté, Wodié. Vous appartenez déjà à un âge politique qui (et là, je l`admets avec vous) est dépassé, et dont les Ivoiriens ne veulent plus.

La contemporanéité dont je parle ici n`est pas biologique ; elle est psycho mentale et historique. Lorsque vous aurez le temps de vous faire enseigner un tout petit peu les lois de la dialectique, vous comprendrez cela : votre champ de conscience historique est, en réalité, le même que celui de MM Gbagbo, Bédié, Bongo, Ouattara, Biya et autres. Le fait même que vous soyez le filleul de chacune de ses personnalités politiques est, à cet égard, significatif ; mais c`est encore plus significatif et même dramatique que ces personnalités-là, soient vos modèles.

Enfin mon dernier conseil : cherchez, jeune homme, à vous repentir pour tout le mal que vous et vos adversaires et partenaires avez fait à cette terre de Côte d`Ivoire, avant de songer à en devenir un jour le chef. C`est un conseil d`Initié aux choses de l`ombre. Si vous ne suivez pas ce conseil, jeune homme, vous finirez mal. Très mal, je vous le dis.

De Paris, et en lutte pour la libération et la renaissance de mon pays…

Tiburce Koffi
Ecrivain, enseignant
(00336) 1602-3953/ tiburce_koffi@yahoo.fr
Blog. http://tiburcekoffi.blogspot.com

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