de Abidjan.net par PRISCA
Vendredi 22 février 2008. Primature. On notait la présence du représentant de SAGEM, Sidi Kagnassi, du Premier ministre Guillaume Soro, des membres du Comité d’Evaluation et d’Accompagnement (CEA), du président de la Commission Electorale Indépendante (CEI) et du représentant du facilitateur de la crise ivoirienne
L’identification des populations ivoiriennes débute en avril. Mais l’opérateur technique chargé de la mise en route de l’opération a contraint l’Etat ivoirien à payer 66,7 milliards. Les raisons.
Ouverte le lundi 29 janvier 2007, l`offre financière de SAGEM, après sa désignation en tant qu`opérateur économique, chargé de l`identification des populations, se chiffrait à 50 milliards. Aujourd`hui, après plusieurs négociations, suite à la signature de l`accord complémentaire de l`APO, c`est la bagatelle de 66,7 milliards que l`Etat doit débourser pour SAGEM. Mais comment, en est-on arrivé là pour que de 50 milliards au départ, la SAGEM exige à l`Etat ivoirien 66,7 milliards ? Soit 16, 7 milliards de plus. Selon Méité Sindou, porte-parole de Guillaume Soro, premier ministre de l`actuel gouvernement, c`est parce que des tâches initialement dévolues à d`autres structures ont été confiées à la SAGEM, et cela pour des raisons techniques. Toutes choses qui ont amené l`opérateur à exiger qu`il lui soit octroyé un montant additionnel, qui aujourd`hui, s`élève à plus de 66 milliards. En effet, c`est le 28 novembre 2007, qu`a été signé à Korhogo, l`accord complémentaire II, dans lequel, les deux parties de l`APO s`accordaient sur la désignation de SAGEM comme opérateur technique pour l`identification des populations ivoiriennes. Le 13 janvier 2008, un décret entérinant la désignation de cet opérateur est signé par le chef de l`Etat. Le 26 février 2008, des négociations sont ouvertes sur le contenu de la convention entre SAGEM et l`Etat ivoirien, impliquant de part et d`autre, des droits et devoirs. Pour l`Etat, les contraintes sont relatives à une situation économique difficile dans un environnement où il faut conclure un programme post-conflit avec les institutions de Bretton woods. D`autre part, les contraintes de l`opérateur sont liées aux délais de réalisation de l`opération, ainsi qu`à la fluidité et à la sécurité des paiements qui doivent s`opérer durant la période d`exécution. En sus, des tâches initialement dévolues à certaines structures nationales qui interviennent dans le processus d`identification ont été confiées à la SAGEM. Ces structures, il faut le dire, sont l`INS, la CEI, l`ONI et la CNSI qui, selon Méité Sindou, n`ont pas toute la technicité nécessaire pour ce genre d`opération. Ainsi, les équipements, les ressources humaines, le savoir-faire qui valent 46,7 milliards et la mise en œuvre, le coût d`intervention des structures quant à eux s`élèvent à 20 milliards. Embarrassé, l`Etat s`est vu contraint de souscrire à cette exigence de la SAGEM.