Le PDCI-RDA va tester ce matin, dans l'antre du Front populaire ivoirien (FPI), sa capacité de mobilisation. Les “dossiers” chauds qui attendent Bédié. Le complexe sportif de Yopougon abrite ce matin, un meeting du PDCI-RDA. Un test grandeur nature. Parce qu'il est de notoriété publique que Yopougon est le bastion du FPI. Ce parti a raflé tous les postes électifs mis en compétition lors des précédentes élections générales. Mais le fait le plus cocasse, et qui risque d'embarrasser fortement le président du parti sexagénaire, ce sont les prises de positions pour le moins incongrues de certains dirigeants de ce parti. Bédié lui-même, sans sourciller, a déclaré qu'il ne voit pas d'inconvénients à tenir des élections sans le désarmement des bandes armées. Une prise de position qui, visiblement, heurte le bon sens. Et comme pour dire à Bédié qu'il ne devrait pas soutenir l'insoutenable, son Secrétaire général, Djédjé Mady, au cours de sa récente tournée au Nord du pays, s'est retrouvé nez à nez avec un rebelle en arme et qui n'était pas commis à sa sécurité. Le lendemain, le journal proche de ce parti barrait à sa "Une" qu'il aurait échappé à un attentat. Cet incident a-t-il poussé N'Zuéba à réviser sa position. On le saura aujourd'hui. Deuxième épine dans le discours attendu de Bédié, c'est l'appel lancé par des cadres PDCI aux populations de Béoumi de ne pas accueillir le Président de la République, Laurent Gbagbo. Va-t-il se désolidariser de cette sortie moyenâgeuse de politiciens de midi à manque de publicité ? Rien n'est moins sûr. Bédié n'a jamais condamné les comportements et autres déclarations à relent tribal de sa clique. Lui-même, étant le père de l'Ivoirité. Un concept qui cache mal ses théories ethnicistes. En somme, le " likè " (la chose). Sinon comment comprendre qu'au 21e siècle, des individus, parce que détenant des postes électifs, invitent des populations à bouder le premier citoyen de leur pays. De deux choses l'une : soit, ils ont une vision surannée de la politique, soit ils digèrent encore mal la perte du pouvoir. Leur " likè " qui se trouve être entre les mains d'un homme qui n'est pas de la " race pure ". Pathétique ! Le FPI ne peut pas, parce qu'il détient tous les postes électifs à Yopougon, faire une quelconque déclaration sur le meeting du PDCI. Ça serait violer les libertés fondamentales de ce parti légalement constitué. Le PDCI devrait en prendre de la graine et rompre définitivement avec ces petitesses. On attend aujourd'hui de Bédié des mots rassembleurs. Pour raffermir l'unité nationale. Les diatribes contre les " refondateurs ", du genre " les imbéciles heureux ", ne font que rabaisser Bédié qui a quand même été président de la République. Et ce n'est pas rien.