ABIDJAN - Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien Laurent Gbagbo a estimé lundi que le désarmement des ex-rebelles entamé vendredi pour une durée de cinq mois pouvait se dérouler en un mois, évoquant une menace sur la présidentielle prévue le 30 novembre, a rapporté la presse.
"La crise est entrain de finir. Il ne reste plus que le désarmement (...) mais ils (les ex-rebelles) nous disent qu'il faut cinq mois. C'est trop!", a déclaré Mme Gbagbo au cours d'un meeting samedi à Yamoussoukro (centre), citée dans la presse, notamment Fraternité Matin (progouvernemental).
"La Côte d'Ivoire ne peut pas se permettre le luxe d'avoir encore sur son sol, alors que la rébellion a récupéré la primature (le Premier ministre est le chef de l'ex-rébellion), des rebelles en armes. Ce n'est pas normal"
a-t-elle ajouté, soulignant qu'en "un mois, ils peuvent se regrouper, même s'ils sont 50.000".
Un millier d'ex-combattants des Forces armées des forces nouvelles (FAFN) ont débuté vendredi à Bouaké (centre) leur regroupement, première phase du processus de Désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) qui concerne officiellement 43.000 soldats.
"Le chronogramme élaboré se déroulera sur cinq mois environ" et devrait s'achever d'ici fin septembre avant le 30 novembre 2008, selon le chef d'état-major des FAFN, le général Soumaïla Bakayoko.
"Si on doit attendre cinq mois, comment pourrons-nous organiser les élections le 30 novembre?", a demandé la première dame de Côte d'Ivoire, député à l'Assemblée nationale et membre influente du parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), évoquant une "question de volonté, de courage et de respect de la parole".
"Il faut que ces élections aient lieu en 2008 et non en 2010. Il y a en a qui ont des intérêts dans cette crise. Ce sont eux qui veulent la voir perdurer", a-t-elle poursuivi, sans citer de noms.
Le 17 avril, les partisans de M. Gbagbo regroupés au sein du Congrès national de la résistance pour la démocratie (CNRD), dont Mme Gbagbo assure la vice-présidence, avait rappelé la nécessité de procéder au "désarmement total"
des ex-combattants avant la tenue du scrutin premier présidentiel.