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Sortie de crise : Compaoré bloqué dans son avion

 

 
 
 vendredi 9 mai 2008 - Par Fraternité Matin Taille des caractères

    

Annoncé pour participer à la troisième rencontre du Cadre permanent de concertation (CPC), qui se tient aujourd’hui, dans la capitale politique et administrative ivoirienne, le Président Blaise Compaoré est effectivement arrivée hier à Yamoussoukro. Sa descente d’avion a été émaillée d’un incident qui a gêné plus d’une personne (autorités et population) présente à l’aéroport international de Yamoussoukro.

C’est à 12h15 qu’en provenance de Ouagadougou, le Bœing 727 qui le transportait a atterri sur le tarmac de l’aéroport après une heure de vol. Mais pour des raisons de défaillance technique, l’échelle de coupée qui devrait immédiatement être déplacée et arrimée à l’appareil, n’a pu l’être. Le facilitateur du dialogue inter ivoirien a donc dû attendre près d’une demi-heure «coincé» dans l’avion. Alors que de nombreuses personnalités, avec à leur tête le Président Gbagbo, l’attendaient au pied de l’avion. Les problèmes ne se résolvant pas, la délégation qui accompagnait le Président du Faso, a préféré sortir par la porte située à la queue du Boeing. Toutes les tentatives pour mettre l’échelle en état de fonctionnement se sont avérées infructueuses. Tant et si bien que le Président Compaoré a dû, lui aussi, emprunter le chemin pris par sa délégation quelques minutes auparavant.



Seulement alors, ont suivi les civilités qui siéent en pareilles circonstances (hymnes nationaux, revue de troupes, bain de foule etc.).



Du fait de cette longue attente, le passage du facilitateur au salon d’honneur a été annulé. Et par voie de conséquence sa déclaration à la presse a été différée. Le cortège présidentiel s’est ensuite ébranlé en direction du centre-ville. Ce hic n’a toutefois pas entamé la ferveur de l’accueil. L’aéroport international de Yamoussoukro a retrouvé l’ambiance des grands événements. Chants, grelots, ambiance wôyô et plusieurs danses traditionnelles qui ont rivalisé d’ardeur.



Outre la population de Yamoussoukro venue souhaiter le traditionnel «akwaba» à l’illustre hôte, on a noté la présence d’une forte colonie de ressortissants burkinabè. Au nombre des personnalités présentes à cet accueil, il y avait M. Bouréima Badini, le représentant du facilitateur, les deux chefs d’état-major ivoirien, les généraux Philippe Mangou (FDS) et Soumaïla Bakayoko (FN), les ministres Youssouf Bakayoko (Affaires étrangères), Konaté Sidiki (Tourisme et Artisanat), Désiré Tagro (Intérieur).

Michèle Pépé
Envoyée spéciale à Yamoussoukro



Les raisons d’un couac

Un couac technique dont a été victime le Président du Faso à son arrivée à l’aéroport de Yamoussoukro, a créé un grand malaise dans l’entourage du Président Gbagbo. Et les collaborateurs du Chef de l’Etat ivoirien ne décolèrent pas contre le responsable de l’aéroport de Yamoussoukro qui relèverait de la Sodexam. Trente minutes durant, le Président Compaoré a été bloqué dans son avion, faute de pouvoir en descendre. Parce que l’échelle de coupée refusait de démarrer. Pendant ce temps, le Président Gbagbo attendait, sous un soleil de plomb, de pouvoir accueillir son hôte. Selon des sources proches des services de sécurité de la Présidence de la République, la responsabilité de ce «grave» incident incombe à Kamahan Méman, commandant de l’aéroport, qui a fait preuve de «mauvaise volonté», à la limite du sabotage, en ne prenant pas «toutes les dispositions utiles».

Il aurait dû, expliquent ces sources, vérifier l’état du véhicule qui tracte l’échelle de coupée, et notamment faire chauffer le moteur pour qu’il soit prêt au moment opportun. Ce qui n’a pas été fait, fulminent les responsables de la sécurité présidentielle.

De plus, récriminent-ils encore, il avait été demandé à ce responsable de faire nettoyer la piste d’atterrissage qui avait du gravier sur certaines portions; l’avion n’aurait donc pas disposé de la distance nécessaire pour se poser sur la piste. «Il nous a dit que même en 6 heures de temps, il n’était pas possible de le faire». Des militaires ont donc été commis à la tâche par la sécurité présidentielle et «en 5 minutes, ils ont nettoyé la piste». Face à cette attitude que la sécurité présidentielle qualifie de «mauvaise foi», des sanctions disciplinaires seraint envisagées.

M. Pépé

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