ABIDJAN - Le ministre ivoirien de la Communication, Ibrahim Sy Savané a invité vendredi les médias internationaux représentés en Côte d'Ivoire à "travailler en toute quiétude" mais tout en tenant compte de "la fragilité du processus de paix", au cours d'une rencontre à Abidjan.
"Chacun des mots, des images que vous choisissez ont un impact. Il ne s'agit pas de vous demander de vous censurer mais il faut tenir compte de la fragilité du processus" en cours dans le pays, a déclaré M. Sy Savané lors de cette rencontre.
Il a toutefois indiqué aux journalistes, cameramen et photographes de "travailler en toute quiétude" en ayant "une conscience aiguë" de l'audience de leurs médias.
"Ma hantise, ce sont les rumeurs. Nous ne souhaitons pas que la rumeur supplante la vraie information", a-t-il souligné, rassurant que le gouvernement n'a pas "une volonté de censurer" les médias étrangers représentés en Côte d'Ivoire.
"Nous ne cherchons pas l'unanimité ni le consensus avec la presse", a ajouté M. Sy Savané, recommandant par ailleurs aux journalistes d'être "prudents" parce que "la criminalité existe" dans le pays.
"Aucun n'est à l'abri. Prenez des précautions", a-t-il poursuivi, assurant qu'il ne voulait pas créer de "psychose".
Le pays s'apprête à rentrer dans une phase électorale censée mettre fin à six années de crise militaro-politique, après le coup d'Etat manqué de la rébellion des Forces nouvelles (FN) contre le président Laurent Gbagbo, le 19 septembre 2002.
Après l'éclatement de cette crise, les partisans du président Gbagbo ont souvent dénoncé la couverture des médias internationaux et en particulier français, estimant qu'ils "propageaient la haine" et soutenaient indirectement la rébellion en ne dénonçant pas l'agression venue, selon eux, de "l'extérieur".