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Société Publié le mardi 6 octobre 2009 | Nord-Sud

Production halieutique : Le centre Aquarium de Grand-Bassam est malade

Le centre spécialisé dans l’aquaculture, l’Aquarium de Grand-Bassam est confronté à d’énormes difficultés. Il est plongé dans un coma profond.

Toiture du bureau et du magasin en ruine, boutique délabrée, tuyauterie désuète, absence d’électricité depuis 6 mois pour alimenter les bassins en eau à cause des factures impayées. De l’eau verdâtre ça et là dans les bassins. Les bassins, même ceux rénovés en juillet 2008 sont dans un mauvais état… Les poissons de l’aquarium en perte de croissance sont menacés de disparition. Tel est le décor que présente ce centre d’une superficie d’environ 4ha, spécialisé dans la production des poissons exotiques, de l’alevinage des carpes et pre-grossissement de poissons alimentaires (machoirons, carpes). Ce cadre situé à l’entrée de la ville de Grand-Bassam n’est plus un joyau. A l’époque, on y trouvait des alevins de machoirons et ceux de tilapia (carpes). Aujourd’hui, ces espèces ne sont plus d’actualité dans ce centre. Il ne reste que les cichilidés au nombre de 108, variété de poissons qu’on trouve dans le lac Tanganyka et le lac victoria en Afrique centrale. Ces espèces sont éga­lement menacées de disparition du fait des difficultés auxquelles le centre est confronté. Le projet d’insertion des jeunes qui devait apporter une bouffée d’oxygène pédale à demi-cercle.


Difficultés financières


Selon Luc Bedjiro Galoh, responsable du groupe aquaculteur du centre d’aquarium de Grand-Bassam, les difficultés ont commencé en 2008 avec les factures impayées d’électricités et le manque de fonds. « Tout allait bien depuis la phase embryonnaire du projet en 2005 jusqu’à notre installation sur le site en février 2007. Mais avant, en 2006, nous étions dans la phase théorique de la formation. Nous avons débuté la formation pratique aux métiers de l’aquaculture en mars 2007», avant d’ajouter que tout allait pour le mieux. «Nous étions 29 personnes au départ. Nous avons trouvé six autres personnes sur le site, déjà formées à la production des poissons exotiques. En mai 2007, 12 de nos collègues sont allés suivre la formation en Grèce par le biais du consul général de Côte d’I­voire en Grèce. Là-bas, ils ont bénéficié d’une formation de près de 3 semaines. De retour pour la formation pratique, nous avons reçu d’un cabinet de la place qui était chargé de notre suivi évaluation, 825 alevins de mâchoirons pour la formation pratique pour l’élevage dans la lagune. Et 4.400 alevins de tilapia, que nous devons élever dans les bassins », explique t-il.
Ces alevins ne devaient servir que pour l’expérimentation en attendant que les fonds ne viennent pour appuyer le projet lié à l’insertion des jeunes à travers la pisciculture. Le fonds d’aide octroyé à la jeunesse en 2008 par la Première dame devait en principe donner un véritable coup d’accélérateur aux activités du centre. Malheureusement, cela a été l’effet contraire d’au­tant que les difficultés financières se sont accrues. Avec la rupture de l’électricité, la motopompe qui sert à alimenter le château d’eau et le bassin ne fonctionne plus. « Le contrat a été résilié et nous devons payer au total 606.595 Fcfa pour rétablir le contrat d’électricité», révèle-t-il.
Il ne reste que dix employés, tous les autres ont plié bagage pour fuir la galère. «Le nombre d’alevins a considérablement chuté. Nous avons une vielle motopompe verticale de petite capacité de 30m3/s qui n’est pas adaptée aux travaux», s’écœure-t-il. Kouamé Kablan, formé aux techniques modernes de l’aquaculture et perfectionnement de la pisciculture ajoute que pendant la saison des pluies, ils essayaient de vider les bassins pour les nettoyer. Ce qui permettait d’oxygéner les alevins et les poissons. La grande saison sèche passée, la situation est devenue chaotique, l’eau s’est évaporée et les bassins se sont vidés au fil du temps. Et plusieurs alevins de carpes ont péri. Pour lui et ses collèges du centre, le besoin prioritaire c’est le rétablissement de l’électricité le plus rapidement possible. A défaut, ce sont les 108 poissons exotiques et les alevins de carpes qui disparaîtront. Pour ces jeunes, qui ont appris un métier, il faut sauvegarder ce centre qui est une mine d’or pour la jeunesse bassamoise. M. Bedjiro Galoh souligne qu’il y a plus de 350 jeunes du département formés au métier de la pisciculture qui attendent dans l’espoir d’un emploi. « Ce centre, s’il bénéficie de fonds pour son fonctionnement, pourrait résoudre le problème du chômage dans la ville. Il pourrait même absorber une bonne partie de cette jeunesse en quête de situation stable. Grand-Bassam, qui bénéficie d’un important plan d’eau, pourrait devenir la capitale du poisson si le projet reçoit un coup d’accélérateur », tente de convaincre le technicien.

Des espèces menacées de disparition


Bedjiro et ses amis gardent néanmoins espoir malgré la tempête. Ils nourrissent l’ambition de faire de ce site, un grand centre d’alevinage de mâchoirons, de carpes et de formation au métier de la pisciculture. Ils souhaitent, toutefois, que de bonnes volontés viennent en aide pour la sauvegarde de ce centre, espoir de la jeunesse bassamoise. A cela, il faut ajouter l’achat d’une motopompe à grande capacité et des équipements pour installer des cages dans la lagune. Ce sont des filets, des poteaux et des ralingues ainsi que des pirogues à moteur. L’aquarium a été construit par l’Union européenne et l’Etat de Côte d’Ivoire dans les années 1960 pour faciliter l’apprentissage et favoriser l’insertion des jeunes au métier de la pisciculture. Le site a longtemps été géré par le ministère des Eaux et Forêts à l’époque. Ensuite ce cadre est allé aux mains des privés. le dernier exploitant en date était « African fish ». A la suite, le minis­tère de la Production animale et des Ressources halieutiques a cédé le site au conseil général de Grand-Bassam dans le cadre de la politique de décentralisation.


Emmanuelle Kanga, Correspondante régionale
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