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Politique Publié le lundi 7 décembre 2009 | Le Patriote

Dossier : Harmonisation des grades Fafn - Un pas franchi, mais …

Le mystère des décrets de Mankono (signés dans la nuit du mardi 17 novembre dernier) sensés régler les questions militaires plane sur Bouaké. Dans le QG des ex-rebelles où nous nous sommes rendus, la vie suit son cours normal. La vie reprend. Chaque jour, de nouveaux opérateurs économiques partis aux premières heures de l’insurrection armée du 19 septembre 2002, reviennent. Les bus (Stub) mis en route par le maire Fanny Ibrahima, rappellent au nouveau venu, Abidjan. Derrière ce tableau se cache une autre réalité, celle de l’harmonisation des « grades Guillaume Soro ». Le sujet est tabou, « on en discute entre amis », lâche un soldat au secrétariat général des Forces Nouvelles. Au sein du commandement, c’est l’omerta. C’est une question délicate sur laquelle les leviers de la communication de l’aile militaire n’ont pas encore bougé. Personne ne veut parler à visage découvert, de peur que son discours embarrasse.
« On nous a caché les conclusions du séminaire de Grand Bassam jusqu’à la prise du décret. Le général Soumaïla Bakayoko, chef d’état-major fait du sujet un tabou, le secrétaire général des Forces Nouvelles pris par ses lourdes charges de la Primature non plus n’a le temps de nous donner des explications. En tant que chef, nous ne sommes pas en mesure de donner des explications à nos éléments », explique un officier ‘‘grade soro’’. L’angoisse est d’autant plus grande que le colonel major Bamba Sinima, directeur de cabinet, confiait à la presse que lui aussi n’en savait pas plus que la signature des décrets. C’est sur les ondes de Rfi, que nombre d’eux ont écouté les explications du ministre de la défense, Amani N’guessan. « Les décrets concernent 398 éléments des Fds qui sont partis dans le camp rebelle. Il fallait faire en sorte qu’il n’y ait pas de grades supérieurs au niveau des Fafn au regard des Fds dans une même promotion », a-t-il déclaré. A la question de savoir si un sous-officier parti dans la rébellion avant 2002, où il est devenu officier gardera son grade d’officier, la réponse du ministre est péremptoire : « Non pas du tout ! Il y a des cas extrêmes, celles des commandants de zones. L’accord de Ouaga a réglé ces cas par une ordonnance (…)».

Les élus, les recalés

En attendant de rendre public, les différents décrets, les commentaires vont bon train. Au sein des FAFN, c’est le jeu du puzzle, des admis et des recalés.
Conformément au titre II, article 7, les commandants de zone partent avec le titre de commandant à titre opérationnel avec leur grade de commandant. Il s’ agit de : Chérif Ousmane (Bouaké), Fofié Kouakou(Korhogo), Touré Hervé Pélikan dit Vetcho (Katiola), Morou Ouattara (Bouna),Ouattara Issiaka dit Wattao (Cema adjoint et com’zone de Séguela Vavoua), Koné Zakaria (ex-com’zone de Seguela-Vavoua), Coulibaly Ousmane dit Ben Laden (Odienné), Dramane Traoré (Touba), Losséni Fofana dit Loss (Man), Soro Dramane dit « docteur » ( chef du corridor sud de Boauké).
Dans le lot, seul Commandant Zoua dit Coulibaly Zoumana, selon de bonnes sources, a décidé de poursuivre sa carrière militaire. A cet effet, son grade sera harmonisé avec ses promotionnaires restés fidèles au régime. En réalité, sans euphémisme, dans la nouvelle armée, il sera rétrogradé au grade de capitaine. Parce que lui était sous-lieutenant au moment de l’insurrection armée. Les « commandants » Ouattara Famoussa, (Com’zone adjoint de Chérif Ousmane) et Frédéric Koffi, responsable des transmissions du Premier Ministre devront eux aussi se contenter des trois barrettes.
Le commandant en second du Centre de commandement intégré (Cci), Karim Ouattara, fait contre mauvaise fortune bon cœur et garde son galon de lieutenant-colonel. Contrairement à sa ‘’promo’’, Sako René, commandant du Centre de planification de conduite des opérations de sécurité (Cpco) qui arbore, depuis quelques mois, les galons de colonel. Harmonisation à géométrie variable ? Difficile de répondre. Au nombre des élus, le lieutenant colonel Adama Koné (cabinet militaire du PM),le colonel-major Bamba Sinima et le commandant Yéo Adama (GASPM, il a pour promo l’aide de camp de Laurent Gbagbo, commandant Dua Kouassi). La liste n’est pas exhaustive.
Sur les 24 gendarmes membres des Fafn, seul Koné Herman, aide de camp de Guillaume Soro conservera ses deux barrettes. Une autre concession politique ?
Selon nos sources, ce dernier bénéficiera d’un stage rapide. Les autres seront rétrogradés Mdl/Chef et, dans le meilleur des cas, adjudants pour ceux qui opteront de rester à la Gendarmerie. Avant les travaux de Grand Bassam, recevant les ex FDS par corps, le général Bakayoko Soumaïla, a constaté selon un « désordre » dans le port des galons. Certains arboraient des galons supérieurs à ceux admis à l’état-major. Aux gendarmes, il aurait affirmé que seul l’aide de camp du Secrétaire général des Fn a été élevé au grade de lieutenant, tous les autres gendarmes subalternes étaient élevés au grade de sous-lieutenant. Il en est ainsi de même pour les agents de Police. « Ça sera vraiment dur. Je préfère partir à la retraite. Je ne peux pas porter pendant des années les galons de Commissaire de police, exercer les fonctions pour après me retrouver à la case départ », nous confie un commissaire « grade Soro ».Dans la même veine, 200 zinzins et bahéfouês, classe 2001/1A dont 67 sont restés fidèles au Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (Mpci, l’ancêtre des Forces Nouvelles) sont en stage depuis quelques semaines à Daoukro afin d’obtenir le certificat d’arme n°2 qui leur ouvrent les portes du port des galons de sergent.
« L’harmonisation est terminée mais qui nous avance ? », S’interroge un officier.
Coulibaly Brahima

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