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D’Houphouët à Bédié : Les coups bas de Gbagbo contre le PDCI
Publié le vendredi 12 novembre 2010   |  Le Patriote




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C’est peu de le dire. D’Houphouët Boigny à Henri Konan Bédié, les Coups-bas de Laurent Gbagbo contre le PDCI sont d’importance.

Sous Boigny, le premier fait est intervenu avec la tentative de sécession du canton Guébié à Gagnoa. Laurent Gbagbo, dans son ouvrage, « Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique », n’a pas hésité à dire que Boigny a opéré un génocide de 4000 personnes là où plus tard, le sociologue Gadji Dogbo a dénombré 69 disparus, y compris des militants du PDCI. En outre, dans ce livre, Gbagbo n’a pas sourcillé un seul instant avant de traiter Houphouët de « vieux gaga » qui n’a eu « pour seul mérite que celui d’avoir transformé son village natal de Yamoussoukro en une Brasilia africaine ». Il a continué de plus belle en présentant le fondateur du PDCI et ses cadres comme des « grilleurs d’arachides » quand lui et ses amis étaient « les poches de moralité ». En 1990, à la restauration du Multipartisme, le candidat du FPI a jeté dans les rues, la horde d’étudiants à sa solde, aux cris de : Houphouët voleur ! Houphouët démission ! ». De l’avis des observateurs, « le sage de Yamoussoukro » ne s’est jamais senti autant humilié par une frange de la population qu’il a choyée. Même disparu, Houphouët n’a pas échappé au mépris souverain de Gbagbo. A ses obsèques, les Ivoiriens, encore plus la famille de l’illustre défunt, ont été choqués de voir Laurent Gbagbo, les jambes croisées pendant sa présentation des condoléances.

OUI, le PDCI se souvient

Quant au président Bédié, il a également vu des vertes et des pas mûres avec l’ancien opposant historique. Dès sa prise du pouvoir, suite à la disparition de Boigny en décembre 93, le chef de la refondation lui a lancé des piques, le présentant comme « un président autoproclamé ». De plus, en octobre 95, il a lancé le « boycott actif » contre l’élection présidentielle. A Gagnoa, ville natale de Gbagbo, le siège du PDCI, sis au quartier Commerce, a été pillé et brûlé, quand la résidence locale du Pr Guikahué a été saccagée en novembre 2004 par les jeunes dits « patriotes ». Bien plus, quand intervient le coup de force de Robert Guéi qui a évincé Bédié, le premier des refondateurs l’a qualifié de « salutaire », non sans affubler Bédié du titre de « fuyard », là où le président du PDCI, en patriote vrai, voulait éviter un bain de sang à son pays. Par ailleurs, en 2000, c’est sous la dictée de Gbagbo que Guéi a invalidé la candidature de Bédié et celles de tous les postulants du PDCI RDA. Si Gbagbo se targue vainement d’avoir permis le retour de l’ancien président en Côte d’Ivoire, la logique aurait voulu qu’il le fasse bien avant pour permettre à Bédié de participer à la présidentielle de 2000. La ruse politique est bien cousue de fil blanc pour échapper à l’œil du profane. En 2005 également, quand le PDCI a menacé de se retirer du gouvernement pour protester contre les déficits démocratiques, Gbagbo n’a pas manqué de le tourner en dérision : « le PDCI n’a ni territoire, ni armée ». Comme pour dire que lui, Laurent Gbagbo, ne connaît que le rapport de forces, le langage de la violence. On passe sous silence, les humiliations subies par l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny qui s’était mépris sur la grande duplicité de l’actuel Chef de l’Etat. A travers sa célèbre maxime, « le serpent n’est pas encore mort, ne laissez pas tomber votre bâton », Gbagbo a tenté d’asphyxier le PDCI à travers une vaste politique de débauchage en son sein. Comme il a compris qu’on « pouvait acheter les hommes », il a retourné contre Bédié, des cadres comme N’zi Paul David, Ahoua N’guetta, N’dri Apollinaire, le gouverneur du district de Yamoussoukro, Henriette Lagou, la « fille » de Bédié, Gnamien Yao, Koné Dossongui, Doulaye Coulibaly, Malick Coulibaly, Palé Dimaté, Singo Maniga et bien d’autres personnalités avides de subsides et de soupes présidentielles.

On l’aura compris. D’Houphouët Boigny à Konan Bédié, Laurent Gbagbo s’est activé à salir le PDCI, à dénigrer ses cadres et à le détruire par des pratiques bien malsaines. Comment demander alors au PDCI de prendre langue avec son plus grand pourfendeur et adversaire ? La mauvaise foi a tout de même des limites à ne pas franchir. Même en politique ! Gbagbo doit le savoir, malgré tout.

Bakary Nimaga

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